Les Rencontres du Troisième Type et la clé sémiologique
Ce texte est la retranscription de la conférence donnée par Éric Zurcher à la Sorbonne le 4 novembre 2023 à l’occasion de l’ “écho-Event” consacré à l’ufologie.
“Nous nous trouvons face à une hyper physique qui se manifeste ponctuellement (régulièrement) dans notre environnement.”
Aimé Michel.
Introduction
Aujourd’hui, je vais avoir le plaisir d’aborder avec vous un aspect peu connu du très vaste sujet ufologique. D’abord, le propre d’un historien ne varie guère : il cherche à mettre en perspective et analyser les données disponibles sur le temps long ; et il s’efforce aussi de tracer les sources pour des raisons de fiabilité, ce qui n’est certes pas une mince affaire car au final, l’ufologie n’est jamais que de l’information issue d’une interface humaine. De ce point de vue, ce que l’on appelle recherche est tout simplement la collecte 4 le tri et l’analyse de cette information.
Beaucoup considèrent que la définition donnée par Aimé Michel (plus haut) et ce qui en découle constitue le BA.B.A de la recherche en ufologie.
C’est un domaine où il est obligatoire de choisir un thème parce que le sujet est trop vaste pour être abordé en totalité. Ma propre approche a toujours été fondée sur les Rencontres Rapprochées (environ 13 % des observations) parce qu’elles sont justement des vecteurs forts d’informations. Par ailleurs, et c’est un point très personnel, j’ai toujours eu le sentiment qu’elles étaient beaucoup plus que de simples évènements plus complexes et extraordinaires situés à l’extrémité de la classification Hynek. Ce sentiment peut se résumer à une interrogation : pourquoi se produisent-elles ? Et surtout, de cette manière-là ?
C’est par ce travail sur l’information que les chercheurs finissent par accéder à certains constats, toujours les mêmes, ce qui est plutôt rassurant. Ils observent d’abord la dissonance entre l’information issue du terrain et les théories que l’on s’efforce à tout prix de plaquer dessus. Ils accèdent ensuite aux caractéristiques qui constituent le fonds structurel de ce phénomène.
Une caractéristique peut être définie en terme statistique comme un invariant que l’on retrouve dans toutes les observations au sens de la classification Hynek d’origine.
Ces caractéristiques (il y en a huit) évoluent dans une fourchette, entre un plafond haut, proche de 100 %, et un plafond bas qui est variable, en partie à cause du manque d’informations ou d’études sur le sujet.
Chacun connaît les deux premières puisqu’elles apparaissent dès le début en tant que signature du phénomène. Il s’agit des comportements physiques hors normes et des manifestations lumineuses. Toutes deux dépassent les 90 % et il vaut mieux avoir eu la chance d’observer cela une fois dans sa vie pour, non pas comprendre, mais réaliser brutalement de quoi il s’agit.
Cela m’est arrivé un soir d’avril 1975.
“Nous ne pouvons pas comprendre l’ovni car nous n’avons pas les moyens de le penser…”
(Aimé Michel)
Les autres caractéristiques sont apparues par la suite, progressivement, et sont classées selon cette chronologie d’apparition à notre entendement. Elles sont souvent voilées et encore une fois, seul l’empilement de l’information sur le temps long permet de les révéler.
Chacune d’entre elles pourrait faire l’objet d’un exposé d’une heure ou deux et il n’en sera donc pas question aujourd’hui. Je ne vais en aborder que deux très rapidement, ce dont vous m’excuserez…
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Intentionnalité
La première est l’intentionnalité qui concerne en priorité les Rencontres Rapprochées. Comme son nom l’indique elle signifie que certaines d’entre elles ne se produiraient pas « au hasard » comme on l’a longtemps pensé. Sa découverte par l’ufologie française remonte au début des années 1970 ; Il y a donc cinquante ans.
Alors, comment a-t-on découvert l’intentionnalité ?
Il faut savoir que l’information d’un cas est toujours séquencée et étirée selon un schéma linéaire. Imaginez une droite divisée en trois parties, lesquelles correspondent au déroulement de la manifestation :
– La manière dont ça commence (on n’y prête généralement que peu d’attention).
La séquence proprement dite (ce que l’on retient au premier degré).
– La manière dont ça se termine, et qui concerne les modalités de l’élusivité, la plus puissante caractéristique du phénomène ovni ; mais ce thème ne sera pas abordé aujourd’hui.
En se focalisant sur la première partie, certains éléments troublants sont apparus. Dans ce domaine, la règle est de ne jamais croire personne sur parole, mais de vérifier par vous-même. Sélectionnez 200 cas de RR et concentrez-vous sur la manière dont ça commence. Vous constaterez rapidement qu’il n’y a que deux protocoles d’apparitions dont l’un d’eux est toujours majoritaire et ceci est vrai sur toute la planète.
Il s’agit :
– Du positionnement préalable (PP) majoritaire à 60 %.
– De l’arrivée impromptue sur zone (AIZ) – 40 %
Exemple 1 (Début des années 90) : le témoin qui est un livreur de nuit (de journaux) roule vers Digne. Vers 02 h 30 du matin, il amorce un virage et se retrouve dans une de ces longues lignes droites au-dessus de Castellane. Il observe immédiatement à 200 mètres ce qu’il prend pour un camion en train de brûler sur la route. Naturellement, ce n’était pas un camion mais un objet d’une luminosité intense en stationnement sur le bas-côté. Il va prendre la peur de sa vie. Le but n’est pas de vous raconter ce cas mais d’évoquer un exemple de positionnement préalable ; des scénarios qui existent par milliers.
Exemple 2 [AIZ] / décembre 1976 : Une jeune femme roule dans la même région mais en sens inverse. Elle passe vers minuit par le petit village de Barrême [AHP] et 4 minutes plus tard, son attention est attirée par une « étoile » très lumineuse. La nuit est très claire et froide ; elle pense à Jupiter, mais l’étoile se déplace rapidement à sa verticale et chute sur la route à 150 m devant elle. Elle freine et s’arrête, moteur et phares en marche. C’est une boule lumineuse verte, de 1,50 m de diamètre qui se sustente à un mètre du sol et vient lentement vers sa voiture en déroulant une longue traînée verte, une sorte de brume lumineuse qu’elle nommera plus tard « la barbe à papa ». En fait, la boule était un objet métallique d’un noir profond, percé d’une multitude de trous par lesquels s’écoulait « ce gaz vert et phosphorescent ». L’engin l’a croisé de si près que, vitre ouverte, elle aurait pu la toucher en tendant le bras !
Chloé, que je connais depuis plus de trente ans, est sans doute la seule personne au monde à avoir vu d’aussi près ces fameuses boules vertes !
En analysant la topographie et les circonstances du positionnement préalable on s’est vite aperçu que les témoins (les témoins multiples constituent environ 40 % des RR) ne pouvaient évidemment pas ne pas « tomber sur l’objet ».
Par ailleurs, dans les Apparitions Impromptues sur Zone, le caractère provocateur du phénomène apparaît nettement, non pas sur un seul cas, mais bien dans l’ensemble. Ces scénarios sont tellement nombreux et répétitifs que certains ont commencé dès cette époque à se demander si le phénomène n’était pas là, intentionnellement, en train de les attendre.
Une position qui peut être facilement contre-argumentée : Parmi la majorité de cas inconnus (9 sur 10) il peut se trouver des objets à 150 m dans le champ, lumière éteinte, et qui théoriquement pourraient ne pas être aperçus. Un argument parfaitement recevable.
Il y a pourtant des observations à 150 m [RR1] et c’est là qu’apparaît un troisième élément qui est le stimulus. En ufologie, l’exemple typique d’une chose que l’on a sous le nez depuis le début. Et comme souvent dans la vie, on voit ce que l’on a sous les yeux, mais pas ce que l’on a sous le nez.
Il se trouve que dans les deux protocoles, l’objet est souvent repéré grâce à un stimulus, avant de venir se placer devant le témoin ou passer juste au-dessus de lui.
Prenons deux exemples : De quelle manière commence l’affaire de Valensole, le 1er juillet 1965 ? Posez la question (à des personnes intéressées) on vous répondra neuf fois sur dix qu’à Valensole, c’est un brave cultivateur de lavande qui, tôt le matin, a repéré dans son champ un étrange appareil qu’il a pris pour une petite voiture ; il s’est approché et…

Dessin Éric Zurcher / 2019
Eh bien Non ! Ce n’est pas comme ça que commence Valensole : relisez les rapports d’enquêtes et vous verrez…
La plaine des Cafres ? Peut-être le second cas le plus connu. Il s’agit d’un fermier qui cherche des herbes pour ses lapins dans une clairière isolée. Soudain, il voit devant lui une sorte d’appareil lumineux à un mètre du sol ? Non ! Pas du tout. Relisez le rapport de gendarmerie et concentrez-vous sur la manière dont ça commence…
Dessin Éric Zurcher / 2022

Sur ce sujet, vous connaissez la formule : une fois, ça va ; dix fois, ça va encore… mais cent fois, ça ne va plus : il y a autre chose.
Identifiez donc le protocole utilisé, puis le stimulus et le rôle qu’il a joué. Une étude menée sur plus de 200 cas mondiaux montre que des stimuli sonores ou lumineux sont régulièrement associés aux deux protocoles dans une proportion allant de 55 % à 65 %. Le stimulus semble donc agir en tant que stratagème de renforcement et surtout d’appel…
Et c’est justement par le biais des stimuli que l’on a découvert l’intentionnalité. Dans un certain nombre de cas particuliers (témoins dans un espace clôt) le stimulus a duré une heure (!) avant que les témoins intrigués ne sortent de chez eux, et bien sûr c’est à cet instant que tout (séquence) a commencé.
C’est pourquoi à cette époque apparaissent deux définitions un peu oubliées de nos jours : celle de comportement ostentatoire. L’ostentation peut être définie comme le désir un peu trop visible de se montrer et c’est souvent le propre d’un acteur de théâtre, (voire d’un cabotin !).
Et ensuite celle de comportement histrionique (L’histrion était un acteur de théâtre dans la Rome antique).
Les chercheurs français s’en aperçoivent, mais ils ne sont pas les seuls.
- A. Hynek lui-même en prend conscience et il l’écrit dans son livre, Les Ovnis, mythe ou réalité (Belfond, 1974, p 170) :
« On a parfois l’impression d’une mise en scène délibérée… »
Gabriel Véraldi dans sa belle introduction à P. Sturrock ; La science face à l’énigme des ovnis – (Presses du Châtelet – 2002) le dit pareillement.
De fait, connaître une caractéristique c’est bien, mais la questionner c’est mieux, car elle peut se révéler comme une clé favorisant une compréhension élargie ; et surtout, elle est nécessairement porteuse de choses que l’humain n’aime guère : de conséquences, et il y en a quatre :
– Ces cas (RR) ne se produisent pas au hasard mais semblent bien être l’expression d’une volonté.
– Les témoins non plus « ne tombent pas par hasard sur… » parce que tout indique qu’ils sont pris à leur insu dans un mécanisme (issu de l’hyper physique ovni) qui les dépasse complètement. De ce fait, ils font partie intégrante de la manifestation, laquelle doit être considérée selon cette relation signifiante (une petite minorité en a d’ailleurs eu la sensation).
– Cela suggère bien que les RR ne sont pas des observations comme les autres, mais bien des éléments centraux de l’interaction de cette intelligence avec nous ; et il faut les considérer dans ce sens et non dans le sens contraire, car nous n’avons aucunement l’initiative dans ces épisodes. Nous ne faisons que subir…
– Enfin, quand il y a une volonté, une dynamique, il y a nécessairement un sens, donc un Mobile. Ce qui a pour effet de déplacer le questionnement : quel est ce mobile ?
Une question intéressante en termes de recherche, n’est-ce pas ?
Nous y reviendrons…
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Aspects mimétiques et phases
Maintenant, je vais très brièvement évoquer la 8e et dernière caractéristique, la plus importante de mon point de vue, bien qu’elle fasse l’objet d’un biais cognitif généralisé. Elle a été découverte il y a environ 60 ans et constitue une sorte d’exception qui confirme la règle, personne n’ayant été en mesure de l’évaluer statistiquement, même sommairement.
Il s’agit de la dimension spéculaire ou « Effet miroir ».
En miroir de qui ou de quoi ? Mais de nous-mêmes !
La principale déclinaison de cet effet peut se résumer ainsi : ce phénomène possède une capacité méta morphique qui se traduit par une activité mimétique en regard de nous-même. Pour un chercheur, il est difficile d’ignorer cette situation parce qu’elle ne tarde pas à vous revenir comme un boomerang.
Cette activité mimétique se déploie selon trois niveaux dont seuls les deux premiers nous intéressent ici :
- Cette intelligence paraît capable d’imiter grossièrement des artéfacts humains, principalement aériens, mais pas seulement (trains, voitures, petits objets). Cette situation paraît non seulement absurde, mais de plus elle est dangereuse car l’on ne voit que trop bien qui peut s’en emparer et pour quelles raisons. C’est pourtant le niveau le plus connu parce qu’il est observable au même titre que n’importe quelle manifestation ovni. De ce fait, il se trouve bien documenté.
- Plus étonnant encore, le mimétisme ovni semble investir le contexte historique et culturel particulier à une époque, ce qu’on appelle parfois le Zeitgeist (l’air du temps en Allemand). Contrairement au premier niveau, celui-ci n’est pas repérable sur le moment mais uniquement sur le temps long qui agit ici comme un révélateur impitoyable. On perçoit immédiatement l’extraordinaire dangerosité du niveau contextuel. D’un point de vue humain, on peut se livrer à toutes sortes de contorsions intellectuelles pour tenter d’expliquer cette situation, mais il n’existe en vérité que deux explications possibles, et à première vue antinomiques :
Le phénomène est une production humaine (endogène) mais selon des modalités physiques qui nous échappent complètement.
– Ou alors il est bien de nature exogène (extérieur à nous : extraterrestre) comme il est raisonnablement logique de le penser. Mais dans ce cas, il devient impératif de chercher à comprendre pourquoi il se manifeste par le biais de nos structures mentales et culturelles.
Il se trouve que c’est justement mon travail depuis longtemps et mon avis n’est en rien un secret : le mimétisme ovni pourrait bien être lui aussi un élément central de l’interaction de cette intelligence avec nous, au même titre que les Rencontres Rapprochées, avec lesquelles il est d’ailleurs intimement lié.
Je voudrais maintenant attirer votre attention sur le thème des phases. Dans l’entre-deux-guerres, on assiste plutôt à une phase d’imprégnation à bas bruit découlant du « secret de famille », mais aux environs de la seconde guerre mondiale, cette situation s’efface insensiblement devant une phase d’accroche, dont le nom est parfaitement explicite.
En termes de recherche et de RR, la phase d’accroche possède deux particularités.
En premier lieu l’atterrissage fréquent de gros appareils (jusqu’à 20 m d’envergure et 8 m de hauteur) ostensiblement métalliques et qui vont laisser des traces très importantes. Il est évident qu’à cette époque, on a perdu des occasions en or d’étudier sérieusement ces traces, car par la suite, ces épisodes vont progressivement s’amenuiser au fil des décennies.
L’important est de bien réaliser ce dont était porteur ce contexte : une dimension absurde et caricaturale, très « science-fictionnesque » : des explorateurs ET semblaient ainsi de passage sur notre bonne vieille terre, à l’image de l’humanité qui n’allait plus tarder à explorer l’espace et d’autres planètes. Ces explorateurs semblaient procéder à des collectes d’échantillons végétaux ou minéraux. Rétroactivement, l’épisode semble aujourd’hui très daté, un peu comme un vieux film qui aurait mal vieilli. Cependant, et d’un certain point de vue, on peut remarquer que toutes ridicules soient-elles, ces séquences véhiculaient une forme de thématique qui a finalement atteint son but. En effet, une large partie des populations y a cru ou s’y est intéressée (naissance de l’ufologie) et ce malgré la réprobation unanime des élites et des systèmes officiels.
Ci-dessous deux exemples, les cas d’Angelholm – Suède [mai 1946] et d’Abbiate Guazzone – Italie [avril 1950].

Dessin Éric Zurcher

À Angelholm les traces au sol sont restées visibles pendant plus de deux décennies. En 1962, des curieux louaient encore des monomoteurs pour les survoler… De ce fait, nous disposons de photos de ces traces, ce qui n’est pas le cas pour Abbiate Guazzone et la plupart des autres cas.

Dessin Éric Zurcher
La seconde particularité est que nous savons aujourd’hui une chose que nous ignorions à l’époque : parallèlement à ces séquences, d’autres cas se sont produits, que je qualifierai de disruptifs, et qui sont passées inaperçus à cause de leur absurdité. Un peu comme si cette intelligence s’était manifestée différemment pour que nous comprenions progressivement que les choses étaient bien plus complexes que nos propres représentations mentales encore archaïques…
Hasard aidant, il se trouve que mon propre parcours a croisé cette histoire.
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Les effets vitrines
En 1975, ma première enquête importante concerna un cas totalement inconnu, celui de Beausoleil, une petite bourgade qui jouxte Monaco en hauteur. Il s’était déroulé à l’été 1951, à 21 heures et au début juillet car il faisait encore parfaitement jour. Trois témoins (un couple et un ami d’enfance, policier) se rendaient sur la place des martyrs pour assister à une représentation théâtrale itinérante. En approchant de la place par l’arrière, ils observèrent un étrange appareil qui stationnait à trois ou quatre mètres du sol dans un silence absolu. Us pensèrent d’abord à une animation de fête foraine et s’en approchèrent à quelques mètres seulement. L’appareil faisait environ quatre mètres d’envergure et avait la forme d’un ballon de rugby en verre, donc entièrement transparent, mais dont l’intérieur semblait légèrement plus lumineux que la luminosité ambiante. Il y avait deux petites entités à l’avant, qui étaient assises et semblaient contempler incognito le spectacle ; car il y avait du monde sur cette place, environ 150 personnes en train d’assister à la représentation. Mais l’objet était positionné derrière et personne ne l’avait vu, hormis les trois témoins.

Dessin Éric Zurcher
Dès qu’ils ont réalisé et crié, l’objet est parti à une vitesse incroyable et a disparu en moins de deux secondes.
Les trois témoins ont passé le reste de leur vie à se demander ce qu’ils avaient vu, et effectivement, on les comprend.
L’épisode évoque une sorte de séquence minutieusement réglée et dont tous les détails semblent avoir été anticipés. Elle montre que le phénomène est capable de se produire impunément, même au milieu d’une foule importante, et à l’attention exclusive de trois témoins, privilégiés pour l’occasion.
Et puis quel était cet appareil ? Pourquoi était-il intégralement transparent ? Où se trouvait le système de propulsion ? Et je ne parle pas du contexte amusant où les deux entités semblent observer le spectacle ! L’enquête a été publiée l’année suivante dans la revue LDLN et le temps a passé.
Quelle ne fut pas ma surprise, quelques années plus tard, de découvrir que 14 mois avant Beausoleil (mai 1950) à Vaux en Dieulet, un petit hameau isolé dans une zone rurale des Ardennes, s’était déroulé un cas très similaire devant deux témoins, avec cette fois-ci des effets physiques au sol. Si l’épisode de Beausoleil relevait du positionnement préalable, celui de Vaux-en-Dieulet s’inscrivait dans l’Arrivée Impromptue sur Zone, accompagnée comme à l’habitude de très forts stimuli, notamment lumineux.
Ce dessin a été tiré de celui de l’enquêteur : J-M. Ligeron.

Dessin Éric Zurcher
Vous reconnaissez l’objet de Beausoleil, bien qu’il ne soit pas tout à fait semblable : on peut considérer le niveau d’absurdité comme un peu plus élevé. L’apparition a eu un fort impact sur les témoins car l’être semblait les fixer avec intensité.
Quelques années plus tard, autre surprise de taille : en lisant de la littérature ufologique italienne, je me suis aperçu qu’un cas identique se serait déroulé quatre ans avant Beausoleil, en août 1947, à Bordano, un petit village dans une région montagneuse de l’Italie du nord-est, cette fois-ci devant un seul témoin situé en surplomb du village et qui avait pu observer l’objet [AIZ] sous différents angles avant qu’il ne le survole et disparaisse. Dessin italien ci-dessous ; il a été rectifié car il montrait l’objet uniquement de face.

Dessin Éric Zurcher
C’est finalement Bertrand Méheust, un des meilleurs chercheurs français qui, en 1978, commencera à en parler dans un livre célèbre, sous la qualification d‘Effets Vitrines et dans un cadre nommé « opéra spatial ». C’est à partir de cette date que ce thème a commencé à infuser, très lentement, et qu’il est devenu possible de donner une définition de l’E.V :
Il s’agit 9 fois sur 10 d’un petit appareil (quatre mètres d’envergure).
– Soit intégralement transparent [Beausoleil].
– Soit au 3/4 transparent, comme dans le cas de Tripoli (Lybie – octobre 1954) Un positionnement préalable accompagné d’un fort stimulus lumineux qui réveilla le témoin. L’épisode a laissé des traces au sol et possédait vraisemblablement une forte coloration mimétique : si vous êtes un bon connaisseur de l’automobile, observez bien la structure métallique sous-jacente. Pour l’époque, il est possible qu’elle vous évoque quelque chose.
Ces cas sont incontestablement les plus fréquents et en relation évidente avec le polymorphisme ovni (La troisième caractéristique, découverte dans les années soixante).
Aujourd’hui, nous savons depuis peu que les Effets Vitrines sont très nombreux et viennent de loin puisqu’on en trouve une quinzaine de notifications avant-guerre !

Dessin Éric Zurcher / 2018
- Enfin, une fois sur dix, l’objet est plus imposant et d’une
apparence entièrement métallique tout en comportant une grande baie vitrée, comme à Aubagne, en octobre 1959.
Un cas auquel je suis particulièrement attaché car en 1976, on a retrouvé grâce à un ami le témoin qui habitait toujours Aubagne, ainsi que les enfants devenus grands. Tous se souvenaient très bien de l’incroyable appareil. Ayant l’habitude d’affubler les épisodes de titres de films ou de Romans, je l’avais d’abord nommé le Sous-marin volant (à cause du bastingage), puis La croisière s’amuse… parce que la vingtaine de personnages observés, blonds et en tenues blanches me faisait penser à ce feuilleton célèbre. Il est vrai qu’il ne manque plus que l’orchestre et la musique… et c’est complet. Vous percevez naturellement le très haut niveau d’absurdité qui rend a priori cet épisode totalement irrecevable.
Mais attention…
“Nous devons nous attendre à des observations au plus haut niveau d’étrangeté, et donc d’absurdité…”
(Aimé Michel)
Ce qui dans son esprit signifiait que le niveau d’absurdité pouvait être considéré dans un sens dynamique, en tant que marqueur de notre incapacité à penser l’ovni. Le décalage évolutif explique cela, mais la pensée d’Aimé Michel était encore une fois prophétique, comme va le révéler la suite.

Dessin Éric Zurcher / 2018
À Aubagne, le témoin était sorti en compagnie de ses trois enfants pour étendre son linge, quand elle observa une étoile très brillante dans le ciel, laquelle se précipita pour stopper juste au-dessus d’elle (intentionnalité et scénario habituel). L’objet, d’une vingtaine de mètres d’envergure, était particulièrement baroque et daté (relevant presque du « steam-punk ») et dès qu’elle appela son mari, resté dans la maison, il fila à toute vitesse, comme à Beausoleil et dans tant d’autres cas.
Je vous ai dit qu’il existait une quinzaine de notifications dans l’entre-deux-guerres : voici le cas de Corbola – Rovigo (Vénétie) -1927 – Embouchure du fleuve Pô.

Dessin Éric Zurcher / 2019
Voici rapidement et à titre d’exemple quelques cas plus ou moins connus « d’Effets Vitrines ».

Dessin Éric Zurcher / 2018
Pontejos (Santander – Espagne) en janvier 1969 devant de très nombreux témoins. Dans ce cas, l’aspect scénique et les circonstances sont particulièrement évidents.
Dessin Éric Zurcher / 2019

Santa Maria del Tiempo (Piémont – Italie) (avril 1974) devant plusieurs témoins.
Ce cas s’est déroulé de manière similaire dans plusieurs observations italiennes, la dernière en 2008, en Emilie-Romagne.

Dessin Éric Zurcher / 2023
L’observation d’Utterson (Ontario – Canada) en octobre 1975 est un des nombreux exemples du second niveau des « Effets-Vitrines ».

Dessin Éric Zurcher / 2018
L’affaire de Vancouver (Canada) 1er janvier 1970 est curieusement un positionnement préalable car l’objet se trouvait derrière la vitre au moment où l’infirmière tira le rideau.
Il faisait encore nuit, mais ses collègues eurent le temps d’apercevoir le départ de l’objet.
La situation est assez amusante…

Dessin Éric Zurcher / 2018
Parkstone (Dorset / Angleterre) septembre 1977 (1 Témoin)
Par ses circonstances (AIZ) ce cas est un double négatif de celui d’Aubagne.
Le scénario est quasi similaire et le témoin a été affecté par des troubles physiologiques.
Cette permanence des EV m’a évidemment interpellé au point que je leur ai consacré quelques planches.



Comme vous pouvez le constater, ces cas sont à la fois tous différents et tous identiques. Le cadre protéiforme est toujours respecté quoi qu’il arrive, dans sa dimension créative, absurde et quasiment surréaliste au sens de la définition d’André Breton.
Devant le nombre de ces cas, la question d’une typologie des séquences s’est naturellement posée. Théoriquement, rien ne semblait l’interdire et je m’y suis donc attelé. En vérité j’ai constaté que c’était plus facile à dire qu’à faire en raison de la nature de l’information et de la difficulté à qualifier certaines séquences, ce qui conduisait soit à les interpréter avec une forme de torsion limite, soit à les ranger dans une boîte noire. C’est cette dernière solution qui a été retenue.

La surprise est que bloc majoritaire n’est pas celui de la « collecte » comme on le pense souvent en ufologie, mais bien celui des Effets Vitrines (+35 %).
Ces constats répétés ne peuvent évidemment rester sans conséquences. Au-delà de l’absurdité apparente, il existe obligatoirement une explication, laquelle peut parfaitement s’inscrire dans un postulat exogène. De mon point de vue, il ne s’agit ni d’une hypothèse, ni même d’une théorie, mais de la seule explication plausible, et sans doute partielle, dans une approche de type heuristique, en rapport de l’information dont on dispose.
Comme elle risque de bousculer un peu les représentations mentales habituelles, je vais l’exprimer de plusieurs façons.
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Une approche sémiologique
Vous avez sans doute déjà compris que nous nous trouvons face à un système de représentation, et plus précisément face à une mise en scène de simulacres.
Pour le dire autrement, on pourrait être en présence d’une forme de communication, fondée sur un métalangage.
Si cette interprétation est exacte, il faut savoir qu’elle peut prendre deux formes différentes :
L’interprétation la plus simple et la plus économique sur le plan épistémologique est celle d’une forme de communication avortée. Pourquoi avortée ? Parce qu’un humain malgré tous ses efforts (et le mimétisme est un sacré effort) ne peut pas discuter avec une souris ; et vice-versa, même si la souris perçoit nécessairement quelque chose. Cette perspective n’est pas spécialement gratifiante pour notre ego, mais nous pourrions parfaitement nous trouver dans une situation de ce type en regard d’un décalage évolutif très important.
Toutefois, il existe une seconde interprétation.
Celle d’une influence diffuse, à la marge et sur le long terme.
Ici l’exemple est celui du jeu de billard.
Vous prenez une queue de billard, vous visez et frappez une boule.
C’est ce que l’on nomme une RR en ufologie.
On sait que neuf fois sur dix, la boule se perd dans la nature parce que les témoins gardent le silence.
Mais une fois sur dix « ça parle » et elle frappe d’autres boules, impactant de ce fait la société.
La multiplication de ces impacts évoque une forme diffuse d’influence sur le long terme. Celle-ci est fragmentée et étalée dans le temps. Intentionnalité aidant, on peut aborder cette influence sous l’angle de la communication et de l’information ; une option qui porte possiblement l’idée d’un transfert sous-jacent d’informations, volontairement ou pas. Ce dernier point est cependant loin d’être certain.
De manière identique, il existe deux outils fondamentaux pour appréhender ce thème : nous ne sommes pas tout à fait démunis…
– L’Éthologie qui n’est pas seulement l’étude du comportement animal mais la tentative de communiquer avec les animaux (pour rappel, ce sont ceux qui montrent des images aux singes). L’Éthologie nous indique que la méthode utilisée est très souvent mimétique, parce qu’il s’agit d’un moyen supérieur et subtil de communication, particulièrement applicable dans la relation entre des espèces diversement évoluées. Vous pouvez même vous en rendre compte dans notre propre espèce, dans la vie courante et les relations sociales classiques.
La sémiologie est l’outil majeur parce que cette discipline, issue de la linguistique, étudie une forme de communication universelle fondée sur des signes. Au XXe siècle, son influence a été marquante sur d’autres disciplines (Histoire de l’Art – Panofsky) et (Ethnologie – structuralisme de Claude Levy Strauss). À ce titre, elle fonctionne sur un schéma trinitaire selon le mode « signifiant » (outil portant le message), « signifié » (le message proprement dit), le tout au bénéfice d’un récepteur ou percipient.

Dans ce schéma, le percipient a été remplacé par un T parce qu’en ufologie, c’est ce que nous appelons un témoin, et tout ufologue peut théoriquement en faire partie car il agit « en second rideau » dans l’analyse. Ces observations en apparence absurdes pourraient bien relever de signifiants ultra-perfectionnés que nous ne comprenons pas en tant que tels.
Et voici un exemple pratique, extrait volontairement hors du sujet :

On voit à cet exemple que le signifiant (l’outil de communication) est un idéogramme sino-japonais. Sauf connaissance du chinois et de la calligraphie, le signifié (le message) vous reste incompréhensible car vous ne pouvez comprendre le signifiant.
Pour le décoder, il faut injecter de l’information, ce qui ici, se traduit par le fait de diminuer le niveau de stylisation :

Il s’agit effectivement d’un petit chinois qui marche et éclaire son chemin à l’aide d’une lanterne. C’est pour cette raison qu’il signifie chemin ou voie (DO en japonais ou DAO en chinois). Ce DO vous le connaissez très bien (Judo, Aïkido, etc.) mais pas seulement dans les arts martiaux : Ikebana do (la voie de l’agencement floral] ou Tchanoya do (Tcha = le thé, donc l’Art de la cérémonie du thé].
Dans la culture asiatique, le DO est à la fois une voie de réalisation personnelle, un moyen d’intégration sociale, et enfin une voie philosophique au sens des « Philosophies orientales ».
D’où l’homonymie entre Dao et Tao, mieux connue par le symbole du Tai Ki : la représentation chinoise traditionnelle de l’univers, du temps et de l’énergie.
(Un cosmonaute chinois s’appelle d’ailleurs un « Taïkonaute »).
Le lien signifiant-signifié peut donc revêtir un sens complexe et voir émerger autour de lui une constellation de concepts et de symboles.
Et nous touchons là à l’idée même d’un métalangage, par nature complexe et polysémique : II peut porter plusieurs sens superposés ou synthétisés.
Pour approfondir ces mécanismes, je me suis intéressé aux travaux d’un des meilleurs sémiologues au monde : Umberto Eco.
Son livre, Les limites de l’interprétation (en sémiologie et en herméneutique) porte un titre curieux : pourquoi des limites ? Justement parce qu’il n’y a pas de limites en ce domaine et que le délire interprétatif peut vite conduire au chaos, et c’est le propre du démon de l’analogie (sic) propre au cerveau humain (Sur ce sujet, voir D. Hofstadter et E. Sanders : L’analogie, cœur de la pensée / Odile Jacob).
L’ouvrage d’U. Eco, plutôt ardu, repose comme il est de règle à ce niveau sur des problématiques autour desquelles se développe la réflexion de l’auteur. L’une d’entre elles nous intéresse particulièrement :
Qu’est-ce qui fait qu’un signifiant est performant ? (Qu’il délivre bien son message, à un maximum de personnes).
Et voici la réponse d’Umberto Eco : 
Il divise la distance schématique Signiflant-Signifié en deux parties et argumente sa réponse.
Dans la première partie, quand le signifiant apparaît, celui-ci doit obligatoirement être porteur de thématiques. (Lesquelles permettent de cibler préalablement les grandes lignes du signifié).
Vraiment ?
Petit détour par l’histoire des idées en ufologie : Quel ufologue déclare et écrit au début des années 1980, qu’après analyse la principale caractéristique des RR3 est qu’elles sont porteuses de thématiques ?
(Le cosmos, la vie dans l’espace, des intelligences venues de…, une physique exotique, une technologie had oc, une lumière merveilleuse, etc.). Réponse : Bertrand Méheust, ce qui n’a rien d’étonnant.
Dans la seconde partie (quand la délivrance du message approche) Eco nous dit : il doit obligatoirement y avoir émergence d’éléments symboliques. Du Grec ςγμβολος : jeter deux choses ensemble, l’une renforçant la compréhension de l’autre par synergie (ou empathie).
Il s’agit de l’une des nombreuses définitions possibles du symbole, une sorte de langage universel, pas nécessairement précis, mais qui s’adresse remarquablement bien aux capacités analogiques du cerveau humain (Voir à ce sujet Douglas Hofstater & E. Sander : « L’analogie, base du cerveau humain »).
Vraiment ?!
Dommage que mon vieil ami J-J. Jaillat ne soit pas là, car il est Dr en philosophie, diplômé de la Sorbonne, et surtout, cela fait 50 ans qu’il analyse les éléments symboliques qui foisonnent autour des manifestations rapprochées d’ovnis !
Ce n’est évidemment pas une preuve scientifique, mais de toute évidence, ça « colle », surtout dans un cadre heuristique. Certaines manifestations rapprochées ovnis pourraient s’apparenter à des signifiants complexes que nous ne comprenons pas directement comme tels.
Cela « colle » même tellement bien que nous allons maintenant passer aux travaux pratiques, à partir d’un cas très connu qui s’est déroulé le 31.07.1968, vers 09 heures, à la plaine des Cafres (Réunion) :
Le témoin cueille des herbes dans une clairière quand il entend comme un « grésillement électrique » derrière lui [stimulus]. Il se retourne et se trouve en présence d’un appareil stationnant un peu au-dessus du sol à une quinzaine de mètres de lui (positionnement préalable). Ce cas est intéressant parce que la gendarmerie a mené l’enquête. Sur les lieux, elle a trouvé des traces de radioactivité (huit points) à l’endroit où stationnait l’ovni, et même les vêtements du témoin, chapeau compris, étaient contaminés (ils ont été brûlés). L’appareil, qui mesurait entre quatre et cinq mètres d’envergure, émettait une forte luminosité blanche-bleutée et semblait « en verre », c’est-à-dire intégralement transparent avec des nuances bleu-nuit aux extrémités. Voici un dessin exécuté d’après les dires du témoin, qui l’a parfaitement décrit :

Dessin : Éric Zurcher, 2023
L’analyse du contenu n’est pas difficile : il s’agit d’un Effet-Vitrine et vous reconnaissez immédiatement le fameux « ballon de rugby » intégralement transparent de Beausoleil.
Cependant, on observe aussi, cadre protéiforme aidant, certaines modifications (le cas de la Réunion est unique en son genre, tout comme celui de Valensole) : Les embouts de la structure ovoïde en verre d’un beau bleu-nuit, dira le témoin. Pourquoi ?
Beaucoup de choses sont aujourd’hui perdues, mais pendant 1 500 ans les contemporains des VIII°, XII°, XIV et XVII° siècles auraient pu répondre immédiatement à cette question.
Heureusement, il reste « Méthodologie d’histoire de l’Art » pour savoir de quoi il s’agit. Le sens réside dans les plus vieilles représentations iconiques, et notamment la cape de Marie, à l’origine bleu-nuit et constellée d’étoiles : Il s’agit de la Nuit, qui est par extension le Koajioç (l’Univers).
Le bleu du « vaisseau » spatial n’est rien d’autre qu’un renforcement de la signification initiale du « ballon de rugby » lequel ne tombe certes pas du ciel mais se trouve bien connu dans nos traditions sous la signification première « d’œuf cosmique » ou de « matrice universelle », dont nous sommes tous issus (nous sommes tous des poussières d’étoiles selon la belle formule de l’astrophysicien Hubert Reeves). Le ballon de rugby est donc en fait une représentation de l’univers au sens large, et de l’espace cosmique dans un sens plus restreint.
Et les petits bibendums (Baba-Michelin) qui s’agitent mécaniquement dans la partie centrale ? C’est à ce stade qu’il faut se souvenir que le mimétisme ovni manifeste parfois des aspects contextuels, d’où l’importance de la date, qui doit être toujours évaluée en amont et en aval. En juillet 1968, cela fait trois ans déjà que Russes (A. Léonov/03.65) et Américains sortent dans l’espace. En aval, on se trouve à 12 mois seulement du premier alunissage sur la Lune [21.07.69].
Oui, effectivement, la petite humanité s’agite dans l’espace…
Ainsi, nous sommes face à une représentation de notre activité dans le Cosmos, mais il faut aussi prendre en compte l’aspect polysémique du métalangage : Peut-être que dans cet espace, nous ne sommes pas seuls…
Mais il manque une dimension à cet espace.
Justement, considérez ce curieux appareillage, exactement symétrique, en dessus-dessous. Oubliez dix secondes le vaisseau spatial et regardez bien ; vous connaissez tous cet objet.
Qu’est-ce que c’est ?
Oui, il s’agit d’un sablier ! Et que représente un sablier ?
La fuite du temps bien sûr, dont la relativité nous a appris la malléabilité. Quel hasard !
Depuis 50 ans, les ufologues subodorent des déformations temporelles à proximité des ovnis et une problématique temporelle plus large liée aux Ovnis [Livre récent de J-C. Bourret].
Philippe Guillemant tente de promouvoir une nouvelle vision de la physique fondée sur un modèle bien plus souple de l’espace-temps. Et même Étienne Klein, la voix autorisée du CNRS nous dit que la variable temps pourrait un jour se trouver à la source d’une rupture fondamentale.
Ce que vous avez sous les yeux est certainement une forme hybride au sens d’un objet physique portant un métalangage complexe et adapté à notre statut évolutif.
L’exemple visuel et l’analyse renvoient bien à la formule classique :
Le cognitif modifie la perception d’un sujet…
De fait, c’est toujours une expérience intéressante de voir l’absurdité se désintégrer, avec sa conséquence obligée qui est la réintégration du sens. Aimé Michel avait raison…
Mais sur le plan physico-technologique il faut comprendre que nous n’avons pas l’habitude de penser en termes d’objets hybrides (plutôt d’objets usinés, comme nos voitures ou avions). Il va pourtant falloir s’y habituer d’ici une vingtaine d’années.
Il faut à ce sujet rappeler les mises en garde répétées de Michael Crichton sur Yimpéritie liée à notre puissance technologique croissante :
Le XXIe siècle verra la jonction des nanotechnologies, de la biotechnologie et des IA, comme moyen de libérer dans l’environnement des entités capables d’interférer intelligemment dans notre réalité (et peut-être de se reproduire). Ce qui ne laisse pas d’inquiéter.
Effectivement d’un point de vue prospectif, le « brouillard outil » (Note : E. Drexler : Les engins créateurs & Storrs Hall : Brouillard Outil) un terme propre à la nanotechnologie, est aussi fascinant qu’inquiétant.
(Voir sur ce sujet le roman de M. Crichton : la Proie, Pocket, 2002).
En conclusion…
Il faut de temps à autre tenter de monter sur la table (pour parodier un fil célèbre) afin d’avoir une vue plus dégagée.
Ce que nous observons, c’est que l’intentionnalité attaque sans cesse les parois de notre propre bulle évolutive, elle bouscule nos préjugés, nos représentations mentales, nos théories qui deviennent des doxas. En fait, l’intentionnalité attaque à la longue la « rationalisation des systèmes ». Pas la rationalité, car c’est impossible – nul ne le peut – même pas une hyper intelligence possédant un million d’années d’avance. Mais la rationalisation qui en découle… Oui.
Il suffit d’y réfléchir deux minutes pour s’apercevoir que ce jeu est extrêmement dangereux pour nous ; pas pour des fantasmes tirés de la science-fiction, mais bien pour des raisons épistémologiques.
Et je me dis souvent, qu’heureusement l’élusivité, la plus puissante caractéristique du phénomène ovni, nous protège.
Mais jusqu’à quand ?
À l’heure actuelle, il n’y a pas vraiment de réponse à cette question…
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