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La parapsychologie en phase terminale  ?

Un article de Michel Granger et Alain Poret

En complément de « Parasciences » n° 140 : poursuivre l’exploration !

Depuis ses origines, « Parasciences » s’est donné pour objectif d’ouvrir des espaces de réflexion sur les grandes questions encore débattues : la nature de la conscience, les capacités inexpliquées de l’être humain, la survivance éventuelle après la mort ou encore les dimensions méconnues du réel.

La revue papier impose naturellement des choix éditoriaux et des limites de pagination. Certains textes, par leur richesse documentaire ou par les développements qu’ils proposent, méritent cependant de trouver un espace plus vaste.

Dans le prolongement des articles publiés dans la revue papier, nous proposerons régulièrement sur ce site des versions complètes de certains textes, ainsi que des dossiers complémentaires permettant d’approfondir les sujets abordés. Nous commençons avec cet article Michel Granger et Alain Poret, proposé ici dans son intégralité.

Cette version complète permet de retrouver l’ensemble de son raisonnement, ses nuances et ses développements, dans la continuité de notre démarche : offrir des pistes de réflexion, confronter les approches et permettre au lecteur d’approfondir librement les sujets qui l’interpellent.

Bonne lecture.

L’administration du site

La parapsychologie, qui, depuis un siècle, se propose d’étudier les phénomènes paranormaux allégués (PSI humain) semble, selon nous, à bout de souffle, pour plusieurs raisons que nous allons tenter d’expliciter ici en exposant les raisons de notre constat. Et tout en corroborant ceux-ci à partir d’un livre récent (1), à elle, consacrée.

 Présentation par Alain

Avant d’en venir là, qu’en était-il de la parapsychologie « de son vivant ». En voici un bref rappel historique. La parapsychologie étudie les phénomènes PSI en marge de la psychologie enseignée en faculté des sciences humaines. Une autre appellation est également utilisée pour qualifier la recherche PSI, à savoir l’adjectif métapsychique devenu un substantif. C’est le Prix Nobel de physiologie ou de médecine, Charles Richet qui, en 1905, conçut le terme métapsychique. L’auteur considérait que la Métapsychique faisait partie de la physiologie, même si le Surréalisme s’était emparé de la Métapsychique. Depuis Richet, il y a peu d’avancées pour faire reconnaître la parapsychologie comme science officielle et pour démontrer l’existence des phénomènes PSI de façon irréfutables.

Le refus du label « scientifique »

Malgré les innombrables phénomènes prétendument authentiques observés, la parapsychologie n’a pas encore été acceptée officiellement en tant que science autrement qu’à titre de méthodologie expérimentale. Or, la parapsychologie étudie aussi les aspects physiques de certains phénomènes telle par exemple la Perception Extra Sensorielle (PES).

Si les recherches sur la synchronicité jungienne ouvrent de nouvelles perspectives sur les phénomènes paranormaux, le physicien autrichien, Wofgang Pauli, (1900-1958) Prix Nobel, a apporté son concours au psychiatre suisse C.G. Jung (1875-1961). Le caractère a-causal (sans lien de cause à effet) de la synchronicité ne serait pas remis en cause lors des expériences parapsychologiques en laboratoire, lesquelles créeraient des conditions propices à sa manifestation en tant que phénomène PSI. Albert Einstein (1879-1955) écrit un jour que lorsqu’un physicien théoricien lui disait qu’il croyait en la télépathie, il répondait que c’était peut-être plus lié à la physique qu’à la psychologie. Or, on sait désormais déjà déplacer un curseur sur un écran grâce à une image mentale transmise à un ordinateur par le biais d’un implant électronique placé dans le cortex moteur. Cela permet ainsi à un tétraplégique d’écrire quinze mots à la minute par simple transmission de pensée et de les envoyer par e-mail !

Etat de délitement de la parapsyshologie en France

Si l’activité parapsychologique en France est très réduite (cartésianisme oblige), il n’en est pas de même à l’étranger notamment en Grande-Bretagne. Le philosophe Henri Bergson (1859-1941), Prix Nobel de littérature, devint en 1913, le deuxième français après Charles Richet (1850-1933) et avant l’astronome vulgarisateur Camille Flammarion (1842-1925) à succéder à la présidence de la Society for Psychical Research à Londres où collaborèrent les physiciens anglais de renom Sir William Crookes (1832-1919) et Oliver Lodge (1851-1940). À partir de 1927 (son laboratoire ayant ouvert officiellement en 1935) et pendant plus de trente ans, le professeur de psychologie à l’université Duke (USA) J.B. Rhine (1895-1980) a procédé avec son épouse et une équipe de collaborateurs, à un nombre considérable d’expériences qui dans l’ensemble ont donné des résultats jugés positifs statistiquement parlant.

Le professeur Rémy Chauvin biologiste rapporte qu’on a découvert dans le laboratoire du scientifique Robert Jahn à Princeton que le générateur aléatoire (dispositif électronique établi par le physicien allemand Helmut Schmidt) est sensible aux émotions humaines. C’est dire qu’il existe des corrélations statistiquement quantifiables entre le fonctionnement de la machine et l’intention de l’expérimentateur. Ainsi la répartition aléatoire des signaux enregistrés est vérifiable à tout moment. Le PEAR (Princeton Engineering Anomamies Reserach) est un laboratoire de recherches sur les anomalies du fonctionnement des machines (GNA). Ces travaux qui tenteraient de déterminer l’interaction consciente de l’homme sur la machine se poursuivent depuis plus de vingt ans. Dans certaines conditions (projet « Conscience Globale »), les ordinateurs semblent réagir à la volonté humaine (interaction sur l’électronique). Le 11 septembre 2001, pendant l’attaque des tours jumelles à New York, les générateurs numériques aléatoires (trente-sept machines disposées autour du globe et connectées par Internet) ont produit dans leur génération séquentielle aléatoire linéaire un nombre de zéro et de un, la plus forte anomalie jamais enregistrée. Cela se reproduira plus tard avec le début de l’épidémie de Covid 19.

Bibliographie

Enfin, citons quatre ouvrages majeurs sur la parapsychologie : Le Traité Métapsychique de Charles Richet, l’essai historique et critique, La Parapsychologie de Robert Amadou et surtout Les pouvoirs secrets de l’homme par le Pr Tocquet ainsi que l’ouvrage récent La Parapsychologie, réalité ou fantasme ? de Jean Moisset (Ed. JMG). Et bien sûr ce « Manuel » que Michel décortique ci-dessous.

 

Critique par Michel

Je l’avais dite « en crise », la parapsychologie, il y a plus de 25 ans (2). La voilà qui confirme mes tristes prévisions. Tout d’abord au niveau de son statut marginalisé de parascience, voire de pseudo-science, utilisé pour elle par la science officielle qui persiste à l’ignorer et à lui fermer l’accès au corpus scientifique actuel. Même la « fenêtre » qui lui avait été ouverte en 1968, quand elle s’était fait admettre comme « champ de recherche » par l’AAAS, l’Académie des sciences américaine, s’est vite refermée : les grandes revues scientifiques (Science, Nature, etc.), ne lui ont pas non plus ouvert leurs pages.

Pourquoi la parapsychologie ne peut-elle ainsi pas aspirer au rang des sciences exactes et s’y épanouir ? Eh bien à cause d’une tare majeure : celle de la non-reproductibilité des phénomènes qu’elle décrit. Peu importe qu’elle utilise des méthodes scientifiques même en arguant qu’elles soient rigoureuses et contrôlées pour les étudier, ces méthodes ne la rendent pas scientifique pour autant. Il semble que certains ne l’aient pas compris et tentent par tous les moyens de lui associer cette tautologie des parasciences. D’où l’expression abusive de « parapsychologie scientifique » [(titre du livre (1)] et ne saurait la faire rentrer dans le rang puisqu’« elle est incapable de prouver l’objet de ses propres études » ; d’où un sérieux handicap. La « parapsychologie scientifique » n’existe pas à proprement parler et il n’est pas sûr que le projet de la débaptiser en « psychologie anomale » (1) n’y change quelque chose. Le problème est ailleurs…

Le changement de pied de J. B. Rhine

Pourtant, il y a 85 ans, en excluant de ses sujets de recherches les médiums « doués » trop souvent révélés tricheurs (3) et les remplaçant par le test en laboratoire de milliers de sujets ne revendiquant aucun pouvoir particulier (surtout des étudiants) et traitant les résultats statistiquement pour en dégager les critères de « significativité », l’Américain J. B. Rhine (1895-1980), père (4) de la parapsychologie moderne, semblait avoir ouvert le chemin vers l’honorabilité en établissant l’existence de pouvoirs paranormaux humains (on parle de « micro-pouvoirs » qui, cumulés, se laissent mettre en évidence par un traitement statistique) tels que la psychokinèse, la télépathie, la précognition et la clairvoyance. La métapsychique, ancêtre de la parapsychologie quittait les cabinets spirites et les salons privés d’expérimentation pour s’installer au laboratoire.

Malheureusement tout ce qui semblait promettre à la nouvelle métapsychique à un destin glorieux par son côté spectaculaire – l’établissement chez Monsieur tout le monde d’une dose plus ou moins grande d’ESP (perception extrasensorielle) – qui passionnait les foules avec la disparition des grands médiums (5) a été remplacée par de rébarbatives formules mathématiques qui en font l’affaire de spécialistes. Qui peut s’extasier sur la « significativité du khi-2 » et « le degré de confiance à x pourcents », à part la justesse de mathématiciens chevronnés ? Mêmes les résultats de J. B. Rhine furent contestés quant à ses calculs. En anonymisant ses sujets les plus doués, la parapsychologie a perdu beaucoup de sa saveur. D’où beaucoup d(adhésion populaire.

La non reproductibilité persistante

D’autant qu’en changeant de méthode d’investigation, la parapsychologie va renouer avec son vieux démon (la non reproductibilité) qui s’exprime dès lors par trois défauts majeurs convergeant pour la rendre irrecevable aux yeux des scientifiques. L’effet de déclin qui fait que le résultat d’une expérience décroît en ampleur (c’est-à-dire devient moins significatif) à mesure qu’on veut la répéter et finit toujours quasiment par disparaître. D’où l’idée de dérobade face à l’investigation immédiate (élusivité) et le principe de frustration quand la preuve existante trouve le moyen de ne plus être là quand on veut la vérifier ou bien la démolir à postériori (6). Une tentative de réplication délocalisée par exemple dans un autre laboratoire. Ou bien la constatation d’ « objets paranormaux permanents » [pas un mot dans (1) dont j’ai recensé la liste dans cette revue (7)] : tous invalidés. Ce qui prouve bien que ce n’est pas la méthode d’investigation (les « conditions » comme on disait en métapsychique à propos de l’état psychologique et matériel des médiums) qui fait la science mais l’objet qui est étudié : en l’occurrence, le PSI insaisissable, donc improuvable scientifiquement.

C’est pourquoi l’échec de cette « entrée en Science » prévue à plus ou moins long terme n’a pas abouti. C’est une tare indélébile non admise par la Science (une révolution kuhnienne n’est pas prête à l’intégrer) qui ne peut ainsi l’incorporer. La Science, telle qu’elle règne aujourd’hui, a horreur des anomalies, comme nous l’avons déjà dit ici, or la parapsychologie incarne justement l’ « Anormal » avec un grand A (d’où le nom de son objet d’étude) qui ne peut s’affranchir de ce vilain défaut d’étudier quelque chose qui lui échappe en permanence au point de faire douter que cela existe. La parapsychologie n’a jamais réussi à prouver que le psi n’est pas une illusion et ainsi, pas moyen de l’ « institutionnaliser » (1).

Mais, il y a bien d’autres raisons au déclin patent de la parapsychologie. Voyons-en quelques-unes

 Un domaine devenu réservé aux « spécialistes » ?

La parapsychologie a perdu ses porte-étendards, notamment en France avec la disparition du charismatique agronome R. Chauvin (1913-2009), le dernier parapsychologue digne de ce nom (pas psychologue), le docteur H. Larcher (1921-2008), auteur de « Les domaines de la Parapsychologie » (1972), où il s’ouvrait à tant d’hypothèses audacieuses et le professeur de mathématique Yves Lignon (1943-2024), harcelé par les réseaux sociaux jusqu’à en mourir (confidences de sa veuve), laissant la place à de parfaits inconnus comme ceux ayant participé à ce Manuel (1), hormis quelques-uns qui s’activent vainement à maintenir la parapsychologie à la dérive à flots contre vents et marées.

Les travaux, du biochimiste britannique R. Sheldrake (1942->) (8), incontestablement le plus grand parapsychologue encore en vie au monde, ne s’est vu consacré que 4 références dans le manuel (1) et son œuvre parapsychologique expédiée en 3 pages.

Il suffit de prendre connaissance de ce Manuel de parapsychologie (1) pour constater que les auteurs sélectionnés sont issus exclusivement de ces deux institutions : IMI (Institut Métapsychique International) et PA (Parapschological Association), honorables certes mais qui ne sauraient couvrir « les notions essentielles d’une science » qui n’en est pas une et qui aspire à l’être. La Science, elle, la vraie, s’ouvre à tous ceux qui peuvent faire valoir un diplôme dans le domaine qu’ils abordent et peuvent y faire valoir une contribution innovante.

Il n’est besoin que de consulter la liste des auteurs du manuel (1) pour découvrir que la parapsychologie est repassée presque exclusivement aux mains des psychologues (9). Eux dont la discipline peine encore à s’imposer en tant que science. D’où une appréhension des faits par des chercheurs non formés à certaines arguties scientifiques.

La récupération des phénomènes « connexes » : NDE/EMI (R. Moody, n’est pas un parapsychologue), abductions, synchronicité, etc., et l’absence des phénomènes de transcommunication (voix électronique) n’est pas de bon augure vus à travers cette lorgnette… Mais il n’y a pas que cela.

La parapsychologie à vau-l’eau

Depuis quelques années, tout va de mal en pis en parapsychologie. Plus de faits. Plus de « manifestations ». Plus d’expérimentations en cours (10). Plus d’études novatrices. Les phénomènes impliqués fondamentaux ont tous été plus ou moins « débunkés » et plus grave, il semble qu’il n’y en ait plus de nouveaux, les derniers d’ampleur datant des années 1985/90 (effet Geller). Les anciennes constatations ont été tellement invalidées, galvaudées, qu’elles conduisent à un point de non retour par un délitement progressif et inéluctable. La parapsychologie qui dans les années 1980 paraissait promise à un fabuleux développement révolutionnaire pour la nature psychique humaine a révélé un facteur persistant impalpable qui lui ferme la porte de la science orthodoxe. Du coup elle s’est repliée sur la rhétorique et les circonlocutions pour tenter de se justifier. En vain.

La parapsychologie a vu ses organes de publication disparaître progressivement. En France, on a vu disparaître successivement La Revue Française de Parapsychologie, Parapsychologie, Le Bulletin Métapsychique, La Revue Métapsychique, Métapsychique et autres organes de diffusion à destination du public, ladite revue PARASCIENCES (& TRANSCOMMUNICATION), dans laquelle nous nous exprimons ici, ayant été ostracisée d’une façon éhontée depuis sa création. Les publications grand public en parlant encore ne présentent aucune crédibilité.

Les études récentes sont publiées (voir références dans le Manuel 1) en anglais et se cantonnent dans d’obscures revues socio-psychologiques dont l’accès est difficile, maintenant le public intéressé dans une ignorance totale et dont on ne sait rien de leur sécurisation de caractère « à référés ». La science, elle, voit ses moyens de vulgarisation se multiplier et se diversifier.

L’absence (presque) de références dans le manuel (1) tirées de la principale institution de recherche psychique la Society for Psychical Research britannique (SPR) ne peut pas être fortuite. J’en suis membre depuis 45 ans et je constate que le nombre de ses membres est en constante diminution : 800 en 2025 (mais 19000 followers pour son site Internet – contre 2700 pour l’IMI !)

Ce qui saute aussi aux yeux dans le manuel (1), c’est l’accumulation d’autocitations – ça peut se comprendre mais pourquoi en abuser ? – et une multiplication des références (très souvent les mêmes) à chaque article issues de revues inconsultables à des chercheurs non assermentés. Comme si effectivement ce « manuel » était bien le fruit d’une « école » qui n’a rien de didactique derrière laquelle elle se cache et ne représentait qu’une catégorie de « parapsychologues » qui entend s’approprier le sujet à leur profit.

Mais poursuivons notre démonstration des indices de la décadence de la parapsychologie « scientifique » par d’autres constatations concrètes.

Le recours à une rhétorique pseudo-savante

Les rapports de parapsychologie sont devenus de plus en plus hermétiques aux non-spécialistes au point d’être incompréhensibles. Comme si cela pouvait apporter quelque honorabilité, la parapsychologie a abandonné le souci d’être accessible à tous. Elle est un domaine réservé ; les nouveaux parapsychologues – en l’occurrence à 80 % des psychologues auteurs de (1)- se sont mis à exprimer leurs idées dans un vocabulaire obscur inventé par eux-mêmes. Est-ce la cause de leur classement Amazon peu flatteur ?

Un exemple est flagrant dans le chapitre 12 de (1) où 50 pages sont consacrées au « flirt » du psi avec la physique quantique (11) exposant une théorie fumeuse supposant en prémisses une intrication macroscopique pour expliquer la télépathie !

Le terme pompeux d’heuristique en rajoute encore pour masquer le piège dans lequel sont tombés nombre de parapsyschologues qui, croyant discerner quelques ressemblances douteuses entre les bizarreries quantiques (non-localité, non séparabilité, intrication, etc.) ont cru bon de bâtir un édifice branlant pour y faire entrer la parapsychologie : en l’occurrence à travers le modèle dit de « l’information pragmatique ». Deux brillants contributeurs du Manuel (1) s’emploient à l’exposer sur plus de 50 pages avec comme première loi un appel à des corrélations d’intrications macroscopiques dont l’absurdité n’est pas à démontrer. Ils ont beaucoup de mérite mais je doute que le « flirt » se concrétise par un « mariage.

Comme si elle voulait se venger de cette fin de non recevoir persistante des scientifiques à son endroit, la parapsychologie a décidé de répondre par une complexification impossible à se faire transmettre à d’autres que les siens, ce qui, à mon sens, va la conduire à la disparition pure et simple. Et puis il y a les sceptiques qui l’ont prise en point de mire.

Le travail de sape des sceptiques et l’IA

Les sceptiques qui n’ont qu’un but : dénigrer le paranormal et, par là même, la parapsychologie, trop souvent avec acharnement. Ce sont leurs droits mais quand ils usent de « fake news », cela pose quand même problème. J’en veux pour preuve l’exemple d’une grande encyclopédie en ligne commençant par W infestée par les sceptiques de tous poils.

À chaque fois que j’accède à une fiche touchant au paranormal, c’est pour y trouver soit des critiques sévères disproportionnées aux résultats des études positives ou des erreurs flagrantes. Par exemple, dernièrement, j’ai trouvé, glissé dans la fiche du grand médium polonais, Franek Kluski l’info selon laquelle il avait rencontré Sir Arthur Conan Doyle alors qu’il n’en est rien bien qu’il eut tant voulu le faire (voir ses livres) !

Cette surexploitation des critiques parfois fausses dans les pages de cette encyclopédie participative fait que toute demande qui l’utilisera (comme l’Intelligence Artificielle) en sortira biaisée, ce qui va hâter le déclassement de la parapsychologie en pseudoscience, voire « science déviante »

J’ai demandé à divers organes d’IA de me dire ce qu’est la parapsychologie. Voilà les perles que j’y ai récoltées :

  • mistral ia : cette discipline est souvent controversée car ses résultats sont difficiles à reproduire et à valider selon les critères scientifiques traditionnels. Elle se situe à la frontière entre la science, la philosophie et la spiritualité, suscitant à la fois fascination et scepticisme ;
  • perplexity ai : ses résultats restent très controversés et sont largement contestés par la communauté scientifique qui souligne le manque de reproductibilité et l’insuffisance de preuves empiriques robustes ;
  • brave ai : sa crédibilité est controversée car elle ne repose pas sur une théorie acceptée par les sciences naturelles. La parapsychologie est souvent considérée comme une pseudoscience en raison de l’absence de preuves reproductibles et d’un cadre théorique solide.
  • deepseek (chinois) : la majorité de la communauté scientifique considère ces phénomènes comme non avérés, attribuant les résultats positifs à des biais méthodologiques, des fraudes et des facteurs psychologiques ordinaires. Ainsi, son statut scientifique reste très controversé et marginal au sein des disciplines académiques établies.

Il sera bientôt difficile de restaurer la vérité, ne serait-ce qu’un juste équilibre entre le vrai et le faux.

Conclusion

D’où ce « Grand Manuel » (1) est-il le chant du cygne que je redoutais il y a 25 ans. Nous espérons sincèrement que non, mais nous craignons que oui.

Notes :

(1) Son titre : Grand Manuel de Parapsychologie Scientifique, par R. Evrard et al, publié en juin 2025 par Dunod, de 647 pages contenant beaucoup de discussions et de théories mais bien peu de résultats expérimentaux acquis depuis le début de ce siècle. Un ouvrage à prétention didactique de fort belle allure dont l’éditeur n’a même pas jugé bon d’y faire figurer, pour le prix (56 euros), un index complet des personnalités citées dedans et un autre concernant les thèmes abordés (index alphabétique), ce qui nuit beaucoup à sa lisibilité et son utilité pour les non-spécialistes.

(2) Voir le l’article de Michel Granger : « La parapsychologie est-elle en crise ? », écrit à l’occasion de la sortie du livre de J. Moisset : « La Parapsychologie, réalité ou fantasme ? », publié par JMG Éditions, en 1998 et accessible sur son blogspot.

(3) Il est étonnant de noter que cette « décision » fut suscitée par le pied mignon du médium américain « Margery » venu caresser le visage de J. B. Rhine au cours d’une séance à Boston.

(4) Même s’il n’a pas été l’auteur du nom qui fut le jeune philosophe et psychologue allemand Max Dessoir (1867-1947) en 1889.

(5) Les médiums à effets physiques ont disparus. Uri Geller, s’est converti dans l’écologie. J. P . Girard, s’occupe d’épigénétique ( !), M. Manning a disparu des radars, etc. Mon enquête pour la réhabilitation de l’ectoplasme les a traqués ces derniers médiums à effet physiques réfugiés dans les cabinets spirites (on ne parle plus de spiritisme dans le Manuel (1) mais de « spiritualité » et un ami spirite m’a fait remarquer que l’hypothèse spirite n’a même pas été mentionnée dans le chapitre sur la théorisation du PSI)) mais pour l’instant je n’ai pas trouvé de volontaires pour se soumettre à l’œil électronique des caméras thermiques sans lesquels la validation des phénomènes physiques de la médiumnité (télékinèse, passage à travers la matière, matérialisations, etc.) ne pourra être établie.

(6) Cas du magicien James Randi Randi (1928-2020) voulant retrouver les anneaux entrelacés du même bois de Margery et les découvrant « brisés », interdisant toute authentification. Un pied de nez « rétrocausal » ?

(7) OPP, dont M. Gardner (1914-2010), le plus célèbre sceptique vis-à-vis de la parapsychologie, déclarait : « Un OPP serait une étape extraordinaire dans l’histoire de la parapsychologie », dans le Skeptical Inquirer, Volume 15 n°3, Spring 1991. Voir la recension des principaux OPP dans cette revue, n°120 à 124 (mars 2021 à avril 2022)

(8) R. Sheldrake, dont on peut suivre librement et gratuitement les travaux sur http://www.sheldrake.org/ et sur FACEBOOK.

(9) Ceux-là mêmes qui l’avaient fondée et dont la SPR (Society for Psychical Research) est pratiquement absente de ce Manuel (1).

(10) Fermeture du bureau des prémonitions britannique. Fin du projet « Conscience Globale » obligeant son fondateur en retraite à indiquer sur FACEBOOK la réaction du « système GNA » (dés électroniques) au traumatisme mondial de la guerre en Ukraine, etc., etc.

(11) À noter qu’en 2024 j’avais échangé par Internet avec un des auteurs de ce chapitre 12 de (1) pour lui dire tout le mal que je pensais de ce rapprochement « quantique » de la parapsychologie. Nul compte n’a été pris de mes remarques après une lecture attentive de ce long exposé de ma part. Libre à lui d’adopter cette pratique peu scientifique d’ignorer les critiques. En s’adjoignant un physicien fraîchement rallié à la parapsychologie venant du spiritisme, il a certainement évité quelques bourdes, mais pas toutes (télépathie quantique). Et son texte souffre gravement de ne compter sur 84 références seulement 3 issues de revues de physique à référés dont une d’Einstein et l’autre de notre prix Nobel français.

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Jean-Michel Grandsire

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