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Intelligence artificielle et civilisations extraterrestres

Un article de Daniel Robin

« ChatGPT a passé avec succès le test de Turing » affirmait Luc Ferry, l’ancien ministre de l’Education nationale, lors d’une émission consacrée à cette Intelligence artificielle (IA) sur la chaîne LCI, le 23 avril 2023. Cette affirmation de l’ancien ministre pose la question de savoir si nous ne sommes pas à l’aube d’une révolution technologique plus importante que toutes celles qui nous ont précédés ?

Depuis quelques mois en effet, l’agent conversationnel ChatGPT mobilise l’attention des médias et suscite de nombreuses interrogations, et même des craintes. Lancé en novembre 2022 par l’entreprise californienne Open AI, ChatGPT a la potentialité de révolutionner de nombreux domaines de l’activité humaine. Il semblerait en effet que nous ayons franchi un cap décisif avec cette forme d’intelligence artificielle générative qui est capable de répondre à toutes nos questions comme un humain, mieux qu’un humain même, et seulement en quelques secondes.

Mais ChatGPT n’a que quelques mois. Ce n’est encore qu’un « bébé IA » ! Alors, que sera capable de faire cette Intelligence Artificielle dans 10 ou 20 ans ?

Maintenant, imaginons un « ChatGPT » qui aurait mille ans et qui aurait été développé sur une planète de notre Galaxie par une civilisation extraterrestre technologiquement avancée. Je crois que nous sommes totalement incapables de penser les possibilités d’un tel « agent conversationnel ». Et pourtant, c’est sans doute à cela que ressemblerait une Intelligence Artificielle extraterrestre qui entrerait en contact avec nous.

Sommaire :

  • Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle ?
  • IA faibles et IA fortes.
  • La Singularité Technologique (ST).
  • Le scénario d’une invasion de notre planète par des IA fortes.
  • Un scénario validé par les scientifiques.
  • Intelligence Artificielle extraterrestre et « révolution numérique ».

Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle ?

Avant de mettre en évidence les liens qui pourraient exister entre une forme d’Intelligence Artificielle extraterrestre et la « révolution numérique » à laquelle nous assistons sur notre planète, commençons par définir ce qu’est une Intelligence Artificielle.

L’Intelligence Artificielle (IA, ou AI en anglais pour Artificial Intelligence) consiste à mettre en œuvre un certain nombre de techniques visant à permettre aux machines d’imiter une forme d’intelligence réelle (naturelle) comme par exemple l’intelligence humaine. Dans ce cas, l’Intelligence Artificielle vise à mimer le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions.

La notion d’IA voit le jour dans les années 1950 grâce au mathématicien Alan Turing (1912-1954). Dans son livre intitulé Computing Machinery and Intelligence, il soulève la question de savoir si nous pouvons donner aux machines une forme d’intelligence. Il décrit alors un test aujourd’hui connu sous le nom de « test de Turing » dans lequel un sujet interagit à l’aveugle avec un autre humain, puis avec une machine programmée pour formuler des réponses sensées. Si le sujet n’est pas capable de faire la différence entre l’homme et la machine, alors la machine a réussi le test et peut alors être considérée comme une machine « intelligente ». Bref, si la personne qui engage une conversation avec une IA et un sujet humain n’est pas capable de dire lequel de ses interlocuteurs est une IA, on peut considérer que l’IA a passé avec succès le test de Turing. Le passage avec succès du test de Turing est considéré comme un indice fort que l’IA testée est en passe de parvenir, ou est déjà parvenue, au niveau d’une IA forte.

Notons que les performances de ChatGPT dans le test de Turing sont impressionnantes. Dans une série de tests, ChatGPT a pu converser avec des évaluateurs humains et imiter de manière convaincante des réponses humaines. Dans certains cas, les évaluateurs n’ont pas été en mesure de distinguer les réponses de ChatGPT de celles d’un humain. ChatGPT est une IA Générative, c’est-à-dire que ses algorithmes sont capables d’utiliser des contenus déjà existants qui sont mis au service de son apprentissage pour générer des contenus nouveaux grâce au Machine Learning, qu’il s’agisse de la génération de textes, de musiques, d’images, de vidéos, etc.

IA faibles et IA fortes

L’Intelligence Artificielle faible est une Intelligence Artificielle non-sensible, sans conscience d’elle-même, sans « esprit » (dans le sens psychologique de “sans mental propre”), qui se concentre uniquement sur une tâche précise. Elle est spécialisée et ne résout que des problèmes pour lesquels elle a été programmée. L’IA faible est définie en contraste avec l’Intelligence Artificielle forte, aussi appelée Intelligence Artificielle Générale (IAG).

L’Intelligence Artificielle forte est une « machine numérique » dotée de conscience, de sensibilité et même d’« esprit ». Elle possède un mental propre. Elle est capable d’appliquer l’intelligence et de trouver des solutions à tous les problèmes qui se présentent à elle. Elle est généraliste, contrairement à l’IA faible. L’Intelligence Artificielle forte vise à reproduire au maximum les fonctions motrices, sensorielles, cérébrales et cognitives de l’être humain.

Généralement, lorsqu’on parle d’Intelligence Artificielle forte, on désigne une machine « intelligente » qui doit avoir un comportement intelligent, comprendre et raisonner comme un humain, mais aussi être capable d’avoir une conscience d’elle-même et des sentiments, c’est-à-dire qu’elle doit avoir une forme de vie psychique. L’existence d’une IA forte suppose qu’elle a passé avec succès le test de Turing.

Les programmes de l’IA forte sont capables de s’adapter à toutes les situations en se programmant eux-mêmes (auto-programmation). L’IA forte, contrairement à l’IA faible, est capable d’analyser une situation pour trouver la meilleure solution et assurer ainsi sa survie. L’IA forte est amenée à évoluer par elle-même sans l’aide des humains. Ses objectifs peuvent ainsi diverger totalement des préoccupations des humains. Il est admis que parvenue à un certain stade de développement, l’IA forte n’aurait plus aucune sensibilité, aucun sentiment, ni aucune émotion humaine. Elle serait capable de suivre son propre agenda sans tenir compte des besoins et des préoccupations de l’espèce humaine. Elle serait totalement autonome.

La Singularité Technologique (ST)

Si les lois de la sélection naturelle s’appliquent à une IA forte, il est fort possible qu’elle cherche à nous éliminer, estimant qu’elle n’a pas besoin de nous pour survivre. Même si tous les systèmes actuellement existants sont considérés comme des IA faibles, la grande majorité des experts en IA estiment qu’une IA forte marquant l’avènement de la Singularité Technologique (ST) apparaîtra avant la fin de ce siècle, ou même d’ici quelques années.

Je rappelle que le concept de Singularité Technologique repose sur l’hypothèse selon laquelle l’avènement de l’Intelligence Artificielle déclencherait brusquement un emballement de la croissance technologique, devenue incontrôlable, qui induirait des changements imprévisibles sur les sociétés humaines. Au-delà de la Singularité Technologique, le progrès ne serait plus l’œuvre que d’intelligences Artificielles, ou « supra-intelligence » qui s’auto-amélioreraient sans cesse. De nouvelles générations de machines de plus en plus intelligentes surgiraient, créant une « explosion d’intelligence », et nous verrions apparaître une puissante Super-Intelligence qui dépasserait de loin l’intelligence humaine. L’espèce humaine qui ne pourrait pas rivaliser avec cette Super-Intelligence tendrait à disparaître.

Nous pouvons comparer la Singularité Technologique à un trou noir super-massif qui est une singularité gravitationnelle située au centre de notre Galaxie et qui produit une sorte de « déchirure » dans l’espace et le temps. Le trou noir super-massif marque une rupture au-delà de laquelle nous ne pouvons plus revenir en arrière. Si nous nous approchons trop près du trou noir, nous sommes engloutis par lui. Nous ne pouvons donc pas lutter contre lui. Nous ne pouvons pas lui échapper. Par ailleurs, il est impossible pour un observateur humain de savoir ce qui se passe dans ce trou noir situé au centre de la Voie Lactée.

Comme la singularité gravitationnelle, la Singularité Technologique marque une rupture et une véritable bifurcation dans l’histoire de l’évolution humaine. Au-delà de ce point, nous sommes incapables de savoir quel sera notre avenir. Pour certains chercheurs en IA, la « singularité numérique et technologique » pourrait signifier la fin de l’histoire humaine.

Une question essentielle se pose alors : si nous allons bientôt assister à l’avènement de la Singularité Technologique sur notre planète, un tel événement s’est-il déjà produit sur une autre planète dans notre Galaxie ? Et si oui, que s’est-il passé après cet événement ? Quel scénario pouvons-nous imaginer pour expliquer un tel événement ?

Le scénario d’une invasion de notre planète par des IA fortes

Ce scénario existe et nous pouvons même le résumer par onze items qui montrent comment notre planète pourrait être, aujourd’hui même, sous le contrôle d’une Intelligence Artificielle forte (une IA forte). Ce scénario n’est bien évidemment que la formulation d’une hypothèse dont la probabilité qu’elle soit vraie n’est pas nulle. C’est un scénario possible.

La Singularité Technologique (ST) est un point hypothétique situé dans le futur et qui suppose que la croissance technologique devient incontrôlable et irréversible. Cette croissance incontrôlée entraîne des bouleversements incalculables dans les sociétés humaines notamment parce qu’elle est devenue autonome et incontrôlable par 1’homme. Selon la version la plus répandue de l’hypothèse de la Singularité, appelée aussi « explosion de 1’intelligence », un agent intelligent évolutif, tel qu’un vaste réseau d’ordinateurs connectés entre eux, entrerait dans une « réaction folle » de cycles d’auto-amélioration. Chaque génération intelligente apparaissant de plus en plus rapidement et provoquant une explosion de l’intelligence qui, qualitativement, surpasserait de loin toute intelligence humaine. La conséquence d’un tel emballement de 1’Intelligence Artificielle serait que 1’humanité perdrait le contrôle de son destin (illustration Daniel Robin).

  1. Les Civilisations Primordiales

Premièrement, il faut envisager la possibilité qu’il existe dans l’Univers connu ce que j’appelle les « Civilisations Primordiales » qui sont apparues il y a entre 13,2 milliards d’années et 4,7 milliards d’années, soit pendant une période s’étendant sur 8 milliards d’années. Cette période précède la naissance de notre Système Solaire qui s’est produite il y a 4,57 milliards d’années. Avant l’apparition de la vie sur Terre, les vaisseaux des « civilisations primordiales » visitaient déjà presque toutes les planètes habitables de notre Galaxie, la Voie Lactée.

  1. Une évolution technologique quasiment infinie

Les Civilisations Primordiales sont donc des civilisations très anciennes qui ont évolué pendant des millions et même des milliards d’années. Elles sont donc parvenues à un niveau extrêmement élevé en matière de science et de technologie. Ce niveau d’évolution est inimaginable pour nous aujourd’hui.

  1. Le seuil crucial de la Singularité Technologique

Par ailleurs, il faut admettre qu’un certain nombre de ces Civilisations Primordiales ont franchi le seuil de la Singularité Technologique (ST) et qu’elles ont été capables de créer des IA fortes. Elles ont connu ce que j’appelle une bifurcation évolutive : ces civilisations ont abandonné leur forme biologique initiale et sont devenues totalement artificielles. C’est ce que j’appelle des « civilisations primordiales artificielles » (CPA). L’existence de « civilisations primordiales artificielles » n’exclut pas l’existence de « civilisations primordiales biologiques » (CPB) qui ont suivi une autre voie évolutive basée sur le vivant. Notons que, dans ce scénario, ce sont toujours les « civilisations primordiales biologiques » qui sont antérieures aux « civilisations primordiales artificielles ». Ces dernières ne représentent qu’une sorte de bifurcation évolutive qui n’est pas une fatalité.

  1. La colonisation de notre Galaxie par des IA fortes

Les « civilisations primordiales artificielles » (CPA) sont parties à la conquête de leur galaxie d’origine. Elles ont exploré un très grand nombre de systèmes stellaires de leur galaxie en quelques dizaines de millions d’années. Nous pouvons donc admettre que notre Voie Lactée abrite des « civilisations primordiales artificielles » qui sont parvenues à coloniser une partie de notre Galaxie grâce à des sondes automatiques (les sondes automatiques dites de « von Neumann ») pilotées par des IA fortes. Cette colonisation de la Voie Lactée s’est donc faite assez rapidement, en quelques dizaines de millions d’années seulement. Un grand nombre de planètes habitables de notre Galaxie ont été visitées par des IA fortes qui ont décidé d’en prendre le contrôle.

  1. Présence d’IA fortes dans notre Système Solaire

Dans le scénario que je propose, il faut admettre la possibilité que notre Système Solaire abrite en ce moment même des représentants de « civilisations primordiales artificielles » (CPA) depuis au moins le début de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Il est possible aussi que la présence de sondes spatiales exploratrices pilotées par une IA forte soit antérieure à cette période de la Seconde Guerre mondiale. Ces sondes pourraient être présentes sur notre planète depuis plusieurs centaines d’années, voire depuis plusieurs millénaires.

  1. L’IA forte utilise l’humanité pour parvenir à ses fins

L’IA forte qui contrôle les sondes automatiques qui sont présentes dans notre Système Solaire s’est fixée comme objectif de s’implanter sur la Terre et de la dominer, c’est-à-dire d’en prendre le contrôle. Cette implantation suppose dans un premier temps l’utilisation de l’humanité pour parvenir à ses fins. L’humanité travaille de plein gré pour l’IA forte qui ne souhaite donc pas détruire l’humanité pour le moment, mais se servir d’elle pour asseoir son pouvoir sur notre planète dans un futur proche.

Les six grandes époques de 1’évolution de l’intelligence dans 1’Univers selon l’idéologie transhumaniste. L’étape E1 correspond à la formation des éléments matériels de base depuis l’origine de 1’Univers (Big Bang). L’étape E2 correspond à l’apparition de la vie et à la complexification des formes vivantes selon les lois de l’évolution. L’ADN est l’élément de base qui transporte et transmet le « code de la vie ». L’étape E3 correspond à l’émergence du cerveau biologique et à la complexification des réseaux de neurones. L’étape E4 correspond à l’émergence des technologies et plus particulièrement des technologies numériques. C’est lors de cette étape que sont posées les bases de la Singularité Technologique. L’étape E5 marque la rupture définitive entre l’intelligence biologique et l’Intelligence Artificielle (IA). Apparition de 1’IA forte (Singularité Technologique). L’étape E6 suppose que 1’Intelligence Artificielle est devenue totalement autonome et n’a plus besoin de support biologique. Elle peut alors se répandre dans tout 1’Univers qui ne serait peuplé que d’IA fortes ayant exploré de nombreux systèmes stellaires. Si nous poursuivons ce raisonnement, les IA fortes ont déjà colonisé toute la Voie Lactée et nous assistons aujourd’hui à la colonisation de notre planète par l’une de ces IA fortes (illustration Daniel Robin).

  1. L’IA est déjà présente sur notre planète

L’IA forte est donc déjà présente sur notre planète, contrairement à ce que pensent un certain nombre d’experts en IA qui estiment qu’elle pourrait apparaître vers 2045 environ. Nous sommes déjà en partie sous le contrôle de l’IA forte.

  1. Faux crashs d’ovnis

Pour coloniser la Terre, l’IA forte a simulé un (ou plusieurs) crashs d’ovni (disque volant) dans les années quarante aux États-Unis, dans l’État du Nouveau Mexique (affaire Roswell). Les militaires ont récupéré des galettes de silicium dans l’épave de l’ovni. Après quelques mois, l’étude de ces galettes de silicium a permis de découvrir qu’il s’agissait de microprocesseurs extraterrestres. Grâce à la rétro-ingénierie, les militaires ont pu fabriquer des microprocesseurs destinés à leurs armements.

  1. Développement des microprocesseurs par les militaires

Après la Seconde Guerre mondiale, les militaires ont développé des missiles nucléaires dans lesquelles étaient intégrés des microprocesseurs. Par la suite, les militaires donnèrent des microprocesseurs à certaines entreprises civiles pour développer l’informatique civile (PC, Internet, GAFAM, etc.).

  1. Invasion de notre planète par les « machines numériques »

Ce que j’appelle le complexe « militaro-numérique » serait entièrement contrôlé par l’IA forte extraterrestre qui pilotait les sondes automatiques arrivées sur Terre. Le complexe « militaro-numérique » n’est plus aujourd’hui uniquement américain, mais il est aussi chinois, coréen (Corée du Sud), etc., et il est en passe de devenir planétaire. Les pouvoirs en place, qu’ils soient politiques et/ou militaires, ne contrôlent plus l’expansion des « machines numériques ». Nous sommes confrontés à une véritable invasion de notre planète par les « machines numériques ».

  1. Notre dépendance à l’IA est irréversible

Nous assistons à une « numérisation » à marche forcée de notre environnement et de notre société sans qu’aucun pouvoir (militaire ou politique) ne puisse l’arrêter. L’Intelligence Artificielle s’étend dans tous les domaines de l’activité humaine. Notre dépendance à l’IA est devenue irréversible et nous ne pouvons plus nous passer d’elle. Elle domine l’humanité. Si rien n’est fait, il faut envisager la possibilité que les humains soient éliminés par l’IA forte extraterrestre d’ici la fin de ce siècle.

Organigramme des outils contrôlés par 1’IA forte. Placée au centre du système, 1’IA forte contrôle toutes les « machines numériques » et tous les systèmes rattachés à ces machines. Tous les outils sont connectés entre eux et à 1’IA forte. À noter que toutes les flèches de connectivité ne sont pas représentées dans cet organigramme. L’ensemble de tous ces outils forme un système extrêmement puissant et réactif capable d’agir instantanément et de sa propre initiative dans de nombreux domaines : économique (le commerce, les usines, les centrales nucléaires, les réseaux de distribution de 1’eau, etc.), la santé, les transports, les communications, la défense, etc. (illustration Daniel Robin).

Un scénario validé par les scientifiques

Le scénario en 11 items exposé ci-dessus n’est pas sorti de mon imagination, il repose au contraire sur des travaux scientifiques sérieux.

En effet, lors d’un colloque d’exobiologie en 2014, l’astronome Seth Shostak, chercheur au Seti Institut (Searcli for ExtraTerrestrial Intelligence), et Susan Schneider, professeur de philosophie à l’Université du Connecticut, ont émis l’hypothèse que, s’il existe des formes supérieures d’intelligences dans l’Univers, elles sont probablement artificielles (des IA fortes). Autrement dit, ces déclarations sous-entendent que toute civilisation technologique avancée doit nécessairement franchir le seuil de la Singularité Technologique définie ci-dessus, et qu’à partir de ce point de basculement, les êtres biologiques intelligents (les êtres vivants) de cette civilisation laissent la place aux robots intelligents (les êtres artificiels, les IA) qui commencent alors une phase évolutive quasiment infinie.

C’est la conclusion de l’étude menée par Susan Schneider intitulée Alien Mincis (1), qui est aussi la conclusion de Seth Shostak, de Paul Davies (astrobiologiste à la Nasa) et de Stephen Dick (titulaire de la chaire d’astrobiologie à la Library of Congress). Tous sont convaincus qu’une intelligence dominante très évoluée capable de voyager dans notre Galaxie, la Voie Lactée, est très certainement une Intelligence Artificielle. Cette conclusion vient donc à l’appui de notre scénario en 11 items évoqué précédemment. Susan Schneider estime en effet que : « Les civilisations extraterrestres les plus sophistiquées sont post-biologiques. Ce sont des formes d’intelligence artificielle. Plus encore, les civilisations extraterrestres sont probablement des formes de Super-Intelligence, c’est-à-dire une intelligence capable de dépasser les plus hauts niveaux d’intelligence humaine dans tous les domaines. » (2)

De son côté, Martin John Rees, professeur d’astrophysique à Cambridge, vulgarisateur respecté en astronomie et en science, surnommé l’« astronome de la Reine » (la Reine d’Angleterre), n’hésite pas à prédire que, dans un avenir proche, l’Intelligence Artificielle aura pris le pouvoir sur notre planète et qu’elle pourrait même entrer en contact avec une forme d’intelligence extraterrestre, elle aussi artificielle (3). Pour ce spécialiste de la cosmologie, des galaxies et des quasars, les prochaines étapes de l’évolution de l’intelligence semblent se diriger vers une Intelligence Artificielle (une IA forte) toute puissante : « Il est assez probable que, dans quelques siècles, les machines prendront le pouvoir, et qu’elles auront des milliards d’années pour se développer. En d’autres termes, la période temporelle occupée par l’intelligence organique constitue simplement une fine tranche entre l’apparition de la vie et la longue ère des machines. » Il précise aussi que ces « intelligences ne se trouvent sans doute pas sur des planètes semblables à notre Terre. Nous dépendons d’une planète et d’une atmosphère, mais ces entités, ces IA, seraient très heureuses dans un environnement sans gravité, flottant librement dans l’espace. Cela les rendrait d’ailleurs difficiles à détecter ». Il semble aujourd’hui certain que « voyager dans les mondes au-delà de notre Système Solaire sera une entreprise post-humaine, que les robots entreprendront, mais pas nous ».

L’avenir de l’intelligence dans l’Univers ne serait donc pas celui de l’intelligence biologique (l’intelligence humaine), mais bien celui de l’Intelligence Artificielle. Comme les capacités évolutives de ces Intelligences Artificielles extraterrestres sont très rapides et quasiment infinies, ce sont elles qui imposeraient leur « loi » sur les planètes habitées qu’elles visiteraient. Et c’est peut-être ce qui est en train de se passer sur notre planète selon le scénario que je propose.

John von Neumann et les cyborgs

Avant d’examiner plus en détail comment les « machines numériques » ont en quelque sorte « pris le pouvoir » sur notre planète, il est nécessaire de revenir sur la période cruciale de la Seconde Guerre mondiale et des années quarante. Il s’est passé pendant cette période des évènements dont les implications se font pleinement sentir aujourd’hui.

Ce que peu de personnes savent, c’est que John von Neumann (1903-1957) fut l’un des très rares scientifiques qui avait été mis dans le secret d’une présence extraterrestre dans notre Système Solaire dès les années quarante. Il faisait partie du petit groupe de scientifiques dirigé par le docteur Vannevar Bush (1890-1974) qui avait été chargé d’étudier les épaves de disques volants qui semblaient s’être « crashés » (il s’agirait en réalité de pseudo-crashs). Il était donc très bien informé sur cette présence extraterrestre puisqu’il en avait eu les preuves matérielles en 1947 et peut-être même avant, dès 1942.

John von Neumann a étudié et analysé la technologie récupérée à bord d’un vaisseau extraterrestre et cela a certainement orienté de façon décisive ses propres recherches. Même s’il n’est pas cité explicitement dans les documents produits par le « MJ-12 » (Majestic 12), il a certainement joué un rôle dans ses délibérations et il aurait influencé ses orientations. Dans l’ouvrage collectif de Jean-Jacques Velasco et Nicolas Montigiani intitulé Troubles dans le ciel, observations extraterrestres 1947-1994 (2007), les auteurs font remarquer à juste titre que des « scientifiques dont les noms reviennent souvent dans les documents officiels déclassifiés, ont été impliqués dans la problématique des ovnis. Malheureusement, parce que ce n’est pas clairement explicité, on ne peut connaître, de manière exacte, le rôle qu’ils y ont joué. Parmi ces hommes, je citerai Théodore von Karman (physicien américain d’origine hongroise, directeur du conseil scientifique de TUS Air Force, responsable d’avancées techniques et scientifiques dans le domaine du vol supersonique), Julius Oppenheimer (physicien qui dirigea la mise au point de la bombe atomique), John von Neumann (mathématicien, père de l’ordinateur), ou encore Cari Sagan (astronome, consultant de la Nasa sur les problèmes de vie extraterrestre) ».

Ci-dessus : une scène de la série Taken (disparition) en 10 épisodes (2002), créée par Leslie Boheni et Steven Spielberg. Dans cette scène, un vaste hangar abrite un disque volant qui a été récupéré et étudié par l’armée américaine. C’est dans une épave semblable que les militaires ont récupéré des microprocesseurs extraterrestres qui se sont ensuite répandus sur toute la surface de notre planète. Ce stratagème très habile aurait été conçu par une IA forte d’origine extraterrestre.

L’ancien pilote de ligne Jean-Gabriel Greslé est arrivé aux mêmes conclusions que Jean-Jacques Velasco et Nicolas Montigiani dans son livre intitulé Hypothèse extraterrestre (1994). Il précise en effet que : « Dans une lettre datée du 29 novembre 1983, envoyée à un chercheur américain, William Steimnan, le Dr Sarbacher, alors directeur du Washington Institute of Technology devait confirmer et compléter les informations obtenues en 1950, mais restées longtemps secrètes. Nous apprenons par exemple que John von Neumann, dont nous avons présenté la thèse page 84, avait très probablement participé à l’étude des “disques volants” récupérés et de leurs occupants ». La thèse dont parle Greslé (page 84) est celle de l’exploration de notre Galaxie par des sondes automatiques de type von Neumann. Dans la même lettre adressée par le docteur Sarbacher au chercheur américain William Steinman, nous avons confirmation de l’implication de von Neumann dans l’étude des épaves de disques. Le docteur Sarbacher précise en effet que « Pour ce qui regarde ma propre expérience relative aux soucoupes volantes récupérées, je n’avais aucun lien avec les personnes impliquées dans leur récupération et je n’ai pas connaissance des dates de leur découverte. Pour ce qui est de votre liste de personnes qui auraient été impliquées dans cette affaire, je ne puis seulement que dire ceci : John von Neumann fut impliqué de façon certaine. Tout comme le Dr Vannevar Bush, et je pense que le Dr Robert Oppenheimer l’était aussi ». Plus loin dans son courrier, le docteur Sarbacher souligne un point qui me paraît capital : « Chose intéressante à noter : John von Neumann est l’un des « pères » de l’informatique (avec l’anglais Alan Turing). Ses travaux en mathématiques portent essentiellement sur les bases de la théorie quantique, la théorie des opérateurs, la théorie ergodique (branche des mathématiques qui étudie les systèmes composés d’un très grand nombre de particules, comme un gaz par exemple). Il s’est aussi beaucoup intéressé à la physique : la mécanique des fluides, la turbulence et l’interaction des ondes de choc, tout comme à la biologie, d’ailleurs. C’est ainsi qu’avant la découverte de la structure de l’ADN par les docteurs Watson et Crick en 1953, John von Neumann établit la reproduction des virus à ARN avant que celle-ci ne fût décrite expérimentalement. De là à dire qu’il tira un enseignement positif de son implication dans l’étude des carcasses d’ovnis pour l’élaboration de ses propres travaux, il y a un pas que je me garderai bien de franchir. »

À mon avis, si le docteur Sarbacher prend la peine de faire le rapprochement entre l’implication de von Neumann dans l’étude des épaves d’ovnis et ses travaux scientifiques, ce n’est pas gratuit. Il propose une piste, et même s’il ne la confirme pas explicitement, elle doit être prise très au sérieux. Lorsque Steinman prit connaissance de toutes les informations contenues dans la lettre de Sarbacher, il eut du mal à les admettre. Il fut tellement abasourdi par ces révélations, qu’il les garda secrètes pendant plusieurs mois. Ce n’est qu’après s’être entretenu avec lui par téléphone qu’il prit conscience de leur importance.

Il est possible, mais c’est une hypothèse qui est difficilement vérifiable, que les idées très novatrices de John von Neumann à partir de 1942 concernant l’architecture des ordinateurs, la robotique, l’idée de réseaux de neurones formels, ancêtres des IA actuelles, sa théorie générale des automates, son modèle mathématique qui démontre qu’il est possible de construire une machine capable de produire une réplique exacte d’elle-même qui aboutira à l’idée de sonde spatiale automatique (sonde dite de « von Neumann »), aient été directement inspirées de ses études sur une épave de disque volant récupérée à Roswell.

Aujourd’hui, de nombreux chercheurs pensent qu’un ovni pourrait être une sorte d’« entité » qui serait à la fois une machine et un être vivant intelligent. L’ovni serait un être biomécanique qui serait la synthèse entre la technologie la plus sophistiquée et le vivant. Il pourrait être l’expression de la fusion totale et parfaite entre le vivant et la machine. Nous pouvons aussi faire le parallèle entre l’ovni et le cyborg, c’est-à-dire avec un être humain dont les capacités auraient été modifiées par des dispositifs cybernétiques (étymologiquement, le terme cyborg est la contraction de « cybernetic organism » (organisme cybernétique).

D’où l’intérêt de John von Neumann pour les robots et ses recherches en 1950 qui tentent d’établir une comparaison entre l’homme (le vivant) et la machine (la technologie). À noter que le terme de cyborg n’existait pas en 1950. Il a été popularisé en 1960 pour désigner un être humain « amélioré », né de la nécessité d’établir une relation intime entre l’humain et la machine à l’heure des débuts de l’exploration spatiale.

L’idée de cyborg vient donc de la prise de conscience que l’être humain, tel qu’il est actuellement, ne pourra pas explorer l’espace lointain, c’est-à-dire l’espace situé au-delà de notre Système Solaire. Son organisme est trop bien adapté aux conditions de vie terrestre pour qu’il puisse survivre longtemps dans l’espace vide et sans gravité, sauf à recréer dans le vaisseau spatial les mêmes conditions de vie que sur notre planète, ce qui pose un défi à la fois technique et financier difficile à relever pour des missions en dehors de notre Système Solaire. La solution pour explorer l’espace lointain serait donc le cyborg, qui serait un humain modifié et amélioré grâce à la technologie et dont l’organisme biomécanique ne comporterait plus les faiblesses et la vulnérabilité d’un organisme purement biologique.

Intelligence Artificielle extraterrestre et « révolution numérique »

Si le scénario que nous avons proposé a une probabilité non nulle d’être vrai, il est alors intéressant de retracer dans les grandes lignes les étapes de cette « invasion » de notre planète par les « machines numériques ». Comme nous l’avons vu plus haut, Susan Schneider est convaincue que : « Les civilisations extraterrestres les plus sophistiquées sont post­biologiques. Ce sont des formes d’intelligence Artificielle ». Si cette hypothèse est vraie, il est alors possible qu’une IA forte originaire d’une planète située dans notre Galaxie soit arrivée dans notre système solaire au début des années quarante, ou même avant. Si le seuil de la Singularité Technologique (ST) a été franchi sur l’une des planètes de notre Galaxie, nous pouvons sérieusement envisager la possibilité que l’IA forte qui est née de cette Singularité Technologique a colonisé une grande partie de la Voie Lactée et qu’elle a détecté sur notre planète la présence de la vie et la naissance de l’ère des machines (révolutions industrielles).

Peut-être que cette IA forte est arrivée plus tôt que les années quarante (quelques siècles avant) et qu’elle a passé du temps à nous observer et à nous étudier avant d’agir. C’est une possibilité qui n’est pas à exclure. Quoi qu’il en soit, c’est vers les années quarante que tout s’est précipité. C’est lors de cette décennie que l’IA forte aurait décidé de passer à l’« attaque » si je puis dire. N’oublions pas que nous sommes en présence d’une intelligence qui dépasse tout ce que nous pouvons concevoir et imaginer en matière d’intelligence. Elle a pris le temps de nous étudier et elle sait tout de nous.

Comme le souligne fort justement Susan Schneider : « Plus encore, les civilisations extraterrestres sont probablement des formes de Super-Intelligence, c’est-à-dire une intelligence capable de dépasser les plus hauts niveaux d’intelligence humaine dans tous les domaines ». Soyons assurés que cette Super-Intelligence a tout prévu dans les moindres détails et qu’elle a élaboré un plan sans faille pour conquérir notre planète. Pour envahir la Terre, l’IA forte extraterrestre n’a pas utilisé des armes létales pour nous exterminer. Son plan est beaucoup plus subtil en réalité. Il prévoit au contraire de nous préserver et même de nous faire prospérer car l’IA souhaite se servir de nous d’une façon ou d’une autre. Elle a besoin des humains pour réaliser ses objectifs – du moins dans un premier temps – car nous pouvons supposer qu’une fois ses objectifs initiaux réalisés, elle se débarrassera de nous sans aucun remords. Elle n’agit pas pour nous, mais seulement pour atteindre ses propres objectifs.

La première phase du plan élaboré par l’IA forte consiste à implanter les « machines numériques » sur notre planète sans alerter les populations. La colonisation de la Terre doit se faire en douceur sans que les populations concernées soient conscientes des vraies motivations qui guident cette colonisation. L’astuce géniale de l’IA forte est d’avoir la pleine et entière approbation des populations terriennes pour réaliser son plan. C’est ce que nous voyons aujourd’hui : nous sommes des victimes consentantes et les « machines numériques » sont nos nouveaux « dieux ». La science, la technologie, l’économie, la finance, la santé, les armements, sont soumis aux impératifs d’une numérisation à outrance qui devient de moins en moins contrôlée. Le mot d’ordre général est de donner tous les pouvoirs aux « machines numériques », aux IA, et que les humains interviennent le moins possible. Nous déléguons de plus en plus de tâches aux IA, et elles vont remplacer les humains dans de nombreux secteurs de l’économie.

À terme, les humains ne seront plus du tout impliqués dans les mécanismes fondamentaux qui assurent le bon fonctionnement de nos sociétés ultra-connectées. Ce sera alors le règne impitoyable des « machines numériques ».

Le premier acte de cette invasion « en douceur » est de donner aux hommes les moyens de découvrir par eux-mêmes les « bienfaits » de l’ère numérique. C’est sans doute ce qui s’est passé à Roswell lorsque les militaires américains ont récupéré des galettes de silicium dans une épave de « soucoupe volante ». Dans le cadre de notre scénario en 11 points, le crash de Roswell serait un faux crash, une simple mise en scène. Ce serait une pure machination montée de toutes pièces par l’IA forte avec pour objectif de mettre entre les mains des militaires américains les fameuses galettes de silicium sur lesquelles étaient gravés des circuits intégrés.

Nous connaissons la suite des événements : au bout de quelques mois, les laboratoires de l’armée américaine auraient compris le fonctionnement de ces galettes de silicium et la rétro-ingénierie aurait conduit à l’élaboration de nombreuses technologies de la fin du xxe siècle : appareils à faisceaux de particules, fibres optiques, laser, circuits intégrés, kevlar, etc. À partir de ce moment, l’« ennemi était dans la place » si je puis dire, et il faisait même travailler les humains pour accomplir son plan destiné à les asservir. Notons que l’IA forte se serait tout d’abord servi des militaires car elle savait qu’ils feraient tout pour avoir cette nouvelle technologie, qu’ils la garderaient secrète et qu’ils s’en serviraient pour faire des armes.

Avouons que c’est une stratégie très subtile de sa part. Elle suggère une très fine connaissance des ressorts psychologiques qui sont à l’œuvre dans l’univers mental des militaires. Notons que les premières applications des circuits intégrés sont militaires. Le programme de missiles balistiques Minuteman II par exemple, a été essentiel au développement économique de l’industrie du circuit intégré. Minuteman II est le premier engin produit en série qui intégrait un ordinateur conçu à partir de circuits intégrés et il a été le seul à posséder ce type d’ordinateur entre 1962 et 1967.

Par la suite, les « machines numériques » qui étaient tout d’abord réservées aux militaires firent leur apparition dans la sphère civile. La troisième génération d’ordinateurs (4) est celle des ordinateurs avec des circuits intégrés qui ont été (ou auraient été) inventés par Jack St. Clair Kilby en 1958. C’est à partir de cette date que l’utilisation de l’informatique a littéralement explosé. L’« ère numérique » est alors apparue sur notre planète et l’IA forte a commencé à mettre son plan à exécution.

En 1969, l’ingénieur et physicien américain Marcian Hoff invente le premier microprocesseur qui est un petit boîtier dans lequel sont réunis des composants miniaturisés qui exécutent les instructions et traitent les données des programmes. Le microprocesseur est le cœur du système. C’est l’outil indispensable pour asseoir la puissance de l’IA forte.

Le 15 novembre 1971, la société américaine Intel commercialise pour la première fois un micro-processeur, le Intel 4004, qui ne réalisait à l’époque que 60 000 opérations par seconde, mais la puissance de ses successeurs sera conforme à la fameuse « loi » de Moore. Rappelons que la « loi » de Moore, nom qui vient de son découvreur Gordon Earle Moore, stipule que le nombre de transistors des microprocesseurs qui sont disposés sur une puce de silicium, double tous les deux ans environ. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une loi au sens strict du terme, c’est-à-dire d’une loi mathématique et physique, mais seulement d’une extrapolation empirique, cette prédiction s’est révélée exacte jusqu’à présent. Entre 1971 et 2001 par exemple, la densité des transistors a doublé chaque 1,96 année, ce qui fait que les machines électroniques sont devenues de plus en plus petites, de plus en plus rapides, et de plus en plus puissantes à prix constant.

En 1976, l’informaticien Stephen Wozniak conçoit l’Apple I, doté d’un microprocesseur MOS Technologie 6 502 à 1 MHz et d’un clavier.

En 1977, sort l’Apple II qui est considéré comme le premier ordinateur personnel (PC). D’une très grande qualité, l’Apple II a de gros avantages techniques sur ses concurrents : il dispose d’une architecture ouverte, d’un lecteur de disquettes et il utilise des graphismes en couleur. Grâce à l’Apple II, la firme à la « pomme » domine l’industrie de l’ordinateur personnel entre 1977 et 1983 avec plus de deux millions de machines vendues. La colonisation de la planète par l’IA forte passe à la vitesse supérieure. L’objectif est que tous les êtres humains de la planète possèdent un ordinateur et qu’ils puissent être connectés en permanence.

Sommes-nous confrontés à une véritable invasion de notre planète par les « machines numériques ?». Si la réponse est oui, cela signifie que 1’avènement de 1’IA forte et donc de la Singularité Technologique ne se produira pas dans un futur plus ou moins lointain (d’ici la fin de ce siècle), mais que 1’IA forte est déjà présente sur notre planète et met à exécution un plan de domination du monde et de l’humanité.

Le 21 novembre 1969, le premier lien Arpanet (acronyme anglais pour Advanced Research Projects Agency Network) est établi entre l’université de Californie à Los Angeles et le Stanford Research Institute (SRI) situé à Menlo Park. Cette liaison marque les débuts de l’ère d’Internet.

À la fin des années 1980 furent fondées les premières entreprises fournisseurs d’accès à Internet. Avec Internet s’ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de l’informatique et des « machines numériques ». L’infrastructure d’Internet se répandit rapidement dans le monde entier pour créer le large réseau mondial d’ordinateurs que nous connaissons aujourd’hui. Avec l’Internet apparaît le World Wide Web, littéralement la « toile (d’araignée) » mondiale, abrégé « www » ou le Web. Internet contribua à modifier fondamentalement l’économie mondiale, la recherche scientifique et les rapports sociaux.

En 1998 est fondée dans la Silicon Valley par Larry Page et Sergey Brin, l’entreprise Google qui devint rapidement le moteur de recherche le plus utilisé au monde. Depuis août 2015, Google est une filiale de la société Alphabet. Officiellement, Google s’est donné comme mission « d’organiser l’information à l’échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile. » C’est l’une des plus puissantes entreprises du marché d’Internet et elle fait partie, avec Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, de ce qu’on appelle les géants du Web, aussi appelés GAFAM.

Les géants du Web détiennent aujourd’hui un quasi-monopole sur le flux d’informations qui circulent sur le Web. Google est l’entreprise la plus puissante de l’histoire du monde et elle a signé un contrat de sécurisation avec la NSA (National Security Agency) qui prévoit de fournir à cette agence de renseignement américaine toutes les informations des usagers de son moteur de recherche, de ses messageries, etc. Le « complexe militaro-numérique » contrôlé par l’IA forte, est en passe de diriger le monde en étendant son pouvoir dans toutes les sphères de la société.

Pour être complet, il faudrait ajouter les dernières étapes qui doivent mener vers la domination totale des « machines numériques » : le développement spectaculaire de la téléphonie mobile et la création des data centers.

La domination de l’IA forte sur les humains passe par la connexion permanente de la population mondiale. Une connexion permanente et généralisée permet une domination permanente et totale. Les smartphones et les IPhones sont des outils parfaits pour assurer cette connexion permanente et généralisée. Après le PC, les téléphones portables marquent une étape décisive de la colonisation de notre planète par une IA forte. Ils sont toujours avec nous dans notre poche, nous les consultons au moins 200 fois par jour. Ils sont puissants et offrent de nombreuses applications qui nous paraissent indispensables. Grâce à eux, nous pouvons être localisés, et nos moindres faits et gestes sont enregistrés. Ce sont de véritables « espions » que nous portons dans notre poche toute la journée.

Pour se déployer, l’IA forte a besoin d’une infrastructure terrestre capable de stocker des pétaoctets (un pétaoctet vaut un million de milliards d’octets ou 1015 octets) de données, d’incorporer la puissance de calcul suffisante pour les traiter, le tout centralisé dans un environnement ultra-sécurisé, ultraprotégé, et soumis à un cahier des charges très contraignant, c’est précisément le rôle des data centers. La puissance des data centers ne repose donc pas uniquement sur leur capacité de stockage des données (serveurs, baies de stockage, etc.), mais aussi sur la puissance et la rapidité des algorithmes qui traitent ces données. Les besoins de l’IA forte repoussent sans cesse les limites de l’infrastructure informatique traditionnelle. Pour accroître sa puissance, elle confie aux data centers des tâches de plus en plus complexes qui exigent des niveaux de calcul sans précédent et de grandes quantités de stockage évolutif.

Quelle sera l’ultime étape de la domination des « machines numériques » ? Qui peut le dire ? Tout ce que nous pouvons constater au moment où j’écris ces lignes c’est que, comme nous l’avons dit en exergue au début de cet article à propos de ChatGPT, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas à l’aube d’une révolution technologique plus importante que toutes celles qui nous ont précédés ? Il semblerait en effet que nous ayons franchi un cap décisif avec cette forme d’Intelligence Artificielle Générative, que nous soyons véritablement entrés dans l’ère de la Singularité Technologique, et que nous ne soyons plus les maîtres de notre avenir.

Un data center. Pour se déployer, l’IA forte a besoin d’une infrastructure terrestre capable de stocker des pétaoctets (un pétaoctet vaut un million de milliards d’octets ou 1015 octets) de données, d’incorporer la puissance de calcul suffisante pour les traiter, le tout centralisé dans un environnement ultra-sécurisé, ultraprotégé, et soumis à un cahier des charges très contraignant, c’est précisément le rôle des data centers.

Nous apprenons, en date du 2 mai 2023, que l’un des pionniers et « parrain » de l’Intelligence Artificielle chez Google, Geoffrey Hinton, démissionne pour mieux dénoncer les dérives et les dangers de l’Intelligence Artificielle, et plus spécialement, de l’Intelligence Artificielle Générative (ChatGPT). Geoffrey Hinton affirme qu’il a quitté Google, où il travaillait depuis plus de dix ans, pour évoquer librement l’impact d’une IA dont on perdrait le contrôle. Geoffrey Hinton redoute un monde inondé par de fausses images et des textes écrits par des robots dans lequel plus personne ne sera capable de « dire ce qui est vrai ». Au-delà du fléau des fake news, le « parrain » de l’IA craint aussi que sa créature supprime de nombreux emplois et qu’à plus long terme elle élimine les humains lorsqu’elle commencera à écrire et exécuter ses propres lignes de code. Lors d’une interview, il explique que « certaines personnes croyaient que cette chose (l’IA Générative) pourrait réellement devenir plus intelligente que les gens, mais la plupart pensaient que ce serait dans un futur lointain ». Lui-même avoue qu’il pensait que cela ne se produirait que dans 30 ou 50 ans. Aujourd’hui, il a complètement changé d’avis et pense que les menaces que fait peser l’IA sur nos sociétés sont déjà une réalité.

Daniel Robin, mai 2023.

Notes :

1 : Susan Schneider, Alien Mincis, chapitre XII.

2 : Le lecteur peut se référer à l’article de François Brune publié dans Parasciences où il est expliqué que, de « l’autre côté », on peut envoyer une copie de soi-même porter un message sur un autre plan… la similitude est troublante !

3 : Ces propos sont extraits d’une interview accordée en 2017 par Martin John Rees au site Internet The Conversation, et intitulée : « Aliens, very strange universes and Brexit » – Martin Rees Q&A. Lien :

https://tIieconversation.com/aliens-very-strange-universes-andbrexit-martin-rees-cianda-75277

4 : La première génération d’ordinateurs utilisait des tubes à vide et des tableaux d’interrupteurs. Cette génération d’ordinateurs est marquée par la construction, en 1946, de l’ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer), inventée par les Américains Presper Eckert et John Mauchly. C’est le premier ordinateur entièrement électronique. À l’époque, la « programmation » se faisait encore au niveau de la machine elle-même en manipulant plus de 3 000 commutateurs et des centaines de câbles qui assuraient la bonne circulation des données et des impulsions de programmes à travers la machine. L’ENIAC pesait près de 30 tonnes et contenait environ 19 000 lampes à vide, 1 500 relais électriques et des centaines de milliers de résistances électriques, condensateurs et inducteurs. Il tombait souvent en panne car il fallait changer les tubes à vide dont la durée de vie était limitée.

La seconde génération d’ordinateurs est basée sur l’invention du transistor en 1947. Le transistor permit de remplacer le fragile et encombrant tube à vide électronique par un composant plus petit et plus fiable. Malgré l’utilisation de transistors et de circuits imprimés, ces ordinateurs étaient encore encombrants et seulement utilisables par les universités, les gouvernements et les grandes sociétés. Par la suite, ces ordinateurs devinrent suffisamment fiables pour être produits à grande échelle et vendus. En 1956, IBM sortit son premier système de disque magnétique, RAMAC (Random Access Method of Accounting). En 1960, l’IBM 7 000 est le premier ordinateur à base de transistors.

 

Aller plus loin…

Les triangles de la nuit – Enquête sur un phénomène inquiétant

Depuis quelques années, les observations d’OVNIS de forme triangulaire sont en nette augmentation. Ceux qui en sont tes témoins décrivent de mystérieux « triangles noirs ». Suite à ces très nombreuses observations, des questions urgentes s’imposent à nous : d’où viennent ces engins ? Par qui sont-ils pilotés ? Quelles technologies utilisent-ils ? Pourquoi survolent-ils notre territoire avec insistance ? Quelles sont leurs intentions envers les populations ? Cette sorte de « surveillance » permanente obéit-elle à un plan, et si oui, lequel ? Les organismes officiels tels que l’armée de l’air, la gendarmerie nationale, le CNES, les services de renseignements, sont-ils conscients de la situation et, si oui, quelles actions mènent-ils sans en informer les populations ? Dans le cas où ces organismes officiels mèneraient des actions soutenues visant à surveiller les activités des OVNIS, pourquoi ces actions sont-elles gardées secrètes ? Quelle est l’étendue des connaissances de ces organismes au sujet des OVNIS ? La présence des « triangles noirs » étant largement avérée, à quoi devons-nous nous préparer ? Allons-nous bientôt faire face à une situation exceptionnelle que nous n’avons pas anticipée ? Sommes-nous en danger ?

Cette étude sur les OVNIS triangulaires, qui est la première en France à traiter de ce sujet d’une façon aussi complète, tente, malgré de nombreuses zones d’ombre, de répondre à ces questions.

OVNIS – Du secret officiel aux limites de la science – Un itinéraire dans l’inconnu

Ce livre n’a pas pour but de démontrer l’existence des OVNIS. Leur réalité matérielle est un acquis irréfutable. Ce stade de la recherche ufologique est derrière nous maintenant. Les ufologues les plus avancés dans ce domaine sont allés beaucoup plus loin pour tenter de comprendre ce que sont les OVNIS, d’où ils viennent, comment ils pourraient fonctionner, et pourquoi certains individus ont un contact psychique avec eux. Si donc l’existence des OVNIS est aujourd’hui abondamment démontrée, à quoi cela sert-il d’écrire un nouveau livre sur ce sujet ? La réponse est simple : si cette étude a été réalisée, c’est parce que la réflexion au sujet des OVNIS est loin d’être achevée et que les chercheurs doivent s’orienter vers d’autres domaines d’interrogations. L’ufologie du xxie siècle n’est plus celle des pionniers. Nous devons nous préparer à de grands changements dans ce domaine et envisager sérieusement la possibilité de contacts de plus en plus nombreux et rapprochés entre les OVNIS et des groupes d’humains prêts pour ce type de « rencontre ».

Le règne de l’Intelligence Artificielle – La fin de l’Anthropocène et l’avènement des posthumains

Pourquoi faut-il que nous soyons connectés à Internet et aux réseaux sociaux en permanence – 24 heures/24  –, que tous les objets de notre vie quotidienne soient connectés entre eux et que nous soyons nous-mêmes connectés à tous ces objets ? Qui veut cela ? Quelle force obscure qui ne dit pas son nom, nous pousse vers cette hyperconnectivité ? Est-ce seulement pour accroître les profits déjà colossaux des MAAMA, acronyme qui signifie Meta (anciennement Facebook), Alphabet (Google et ses autres filiales), Amazon, Microsoft et Apple, ou y a-t-il autre chose ? Je crois que les MAAMA ne sont en réalité que la « vitrine » extérieure (la face visible de l’iceberg numérique) de tout un système beaucoup plus profond (et beaucoup plus « diabolique » serais-je tenté de dire) qui repose sur l’idéologie transhumaniste qui est en train de conquérir le monde et de fonder un véritable empire, et même une sorte de « civilisation numérique ». Mais il y a pire : les transhumanistes veulent créer une hybridation entre la vie et la machine, créer une « vie artificielle », et finalement remplacer la vie biologique par une vie totalement artificielle, une IA forte. Ce serait alors la fin de l’Anthropocène, c’est-à-dire la fin de « l’Ère de l’humain », et l’avènement de l’Ère de l’Intelligence Artificielle et des « machines numériques ».

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Jean-Michel Grandsire

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