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L’énigme des men in black

D’un mythe moderne à un archétype quasi intemporel, il n’y a qu’un pas que le très cultivé Jean Sider nous aide à franchir…

A propos des « Men-in-black »…

Comme ce fut le cas pour les ovnis, ces mystérieux personnages ont d’abord surgi aux États-Unis en 1947. Plus tard, l’acronyme « MIB » s’est substitué à Men-in-black. Mais si l’on cherche bien avant cette date, on peut en trouver dans le très riche dossier relatif au domaine paranormal…

Historique

La plupart des chercheurs qui étudient les manifestations d’ovnis, dont les rencontres rapprochées avec leurs occupants, négligent à tort les divers contacts avec d’autres types de phénomènes paranormaux. Or, la complexité de l’interrelation que ces phénomènes ont avec des croyances plus anciennes liées aux folklores et aux religions mérite une attention plus grande. Par exemple, les « enlèvements » à bord d’ovnis ne sont ni plus ni moins que les « transports au sabbat » révélés par les procès de sorcellerie du temps de l’Inquisition. Cela suggère une même causalité, d’ailleurs largement démontrée dans deux chapitres de mon livre, La vie vient d’une intelligence supérieure (éditions JMG). Le lecteur intéressé pourra y trouver de très nombreuses analogies rigoureusement référencées.

L’apparition des hommes en noir dans le domaine des ovnis est un exemple évident de cette connexion, car elle constitue la partie ésotérique de l’expérience ufologique, tout comme des traditions populaires, dont en particulier leur étroite relation avec les mythes engendrés par les religions chrétiennes.

Les MIB ont une nature mystérieuse qui implique un continuum de phénomènes discrets et de croyances en rapport avec les manifestations d’ovnis. On peut dire sans hésitation qu’ils s’apparentent à une résurgence moderne des superstitions liées au Diable et à ses suppôts, cristallisées dans l’esprit des théologiens paranoïaques obsédés par l’idée que les pratiques païennes étaient considérées comme des pactes avec le Malin. Ce sont surtout les procès de sorcellerie instaurés par l’Inquisition qui ont révélé pleinement ce genre de situations bizarres, je l’ai démontré dans mon autre livre : Ovnis : dossiers diaboliques, toujours publié chez JMG.

Le phénomène s’adapte

Toutefois, la perception de ces entités mythiques ayant évolué, les phénomènes ont suivi le mouvement et ont pris une dimension plus actualisée, moins sulfureuse si l’on peut dire, mais dans des représentations où l’absurde et l’incohérence transparaissent comme dans les siècles passés.

Les MIB peuvent donc être considérés comme faisant partie d’un archétype de phénomènes qui se sont développés avec l’enseignement du christianisme à partir du Moyen Âge sous l’impulsion des religieux qui s’employaient à éradiquer le paganisme, notamment dans les campagnes. En effet, selon l’Église médiévale, ces usages étaient considérés comme étant de nature démoniaque. En réalité il s’agissait, du moins pour les gens qui s’y adonnaient, de pratiques anciennes bénignes avec les « Esprits » et autres « divinités » de la nature. D’ailleurs, même certains récits d’enlèvements à bord d’ovnis ou de visites en chambre par de supposés extraterrestres, comportent un voire plusieurs épisodes à connotation religieuse. Par exemple, Mme Betty Andreasson-Luca, célèbre abductée (enlevée), comme disent les Anglo-Saxons, a été présentée à une entité divine dans un vaisseau spatial. M. Cecil Michael, pour sa part, a bénéficié d’une apparition de Jésus dans la soucoupe volante où il avait été emmené comme je l’ai expliqué dans mon article publié dans le n° 56 de cette revue.

Pourquoi se laisser faire ?

Les personnes qui ont eu affaire aux MIB sont en grande majorité des gens qui ont observé un ovni de plus ou moins près, ou qui ont été mêlées directement ou indirectement à ce type d’incidents. Quand elles ont affaire à ces êtres élusifs, elles ont leurs capacités de réaction annihilées, comme si leur cerveau était contrôlé au point de les empêcher d’agir comme elles le voudraient. Elles n’ont donc plus la liberté de leurs décisions.

Ainsi, les MIB pénètrent dans les domiciles contre la volonté de leurs occupants qui subissent leurs interrogatoires agressifs, pénibles, contraignants et désobligeants, sans avoir la possibilité d’émettre la moindre protestation. Par la suite, ces personnes ne parviennent pas à comprendre comment elles ont pu accepter cette situation sans réagir ni ordonner aux MIB de quitter les lieux, ni même sans avoir eu la présence d’esprit d’appeler la police.

Le premier cas contemporain de ce type s’est produit à Maury Island, État de Washington, en juin 1947. Il a été considéré par la suite comme un canular, ce qui n’est pas sûr du tout.Retour ligne automatique
En 1953, le chercheur Gray Barker, a publié un livre dans lequel il évoque ce sujet. Il cite le cas des trois MIB vus par le « contacté » Albert K. Bender. C’est cette affaire — très controversée elle aussi — qui est considérée par les ufologues comme la première intrusion de ces personnages insolites dans le mystérieux phénomène ovni (mais pas du monde paranormal, semble-t-il).

MIB vus par des chercheurs

Parmi les ufologues témoins de MIB, figurent le médecin brésilien Olavo Fontes, en 1957, l’Américain John Keel, en 1966, le Français Robert David, en 1972, le médecin américain Herbert Hopkins, en 1976. C’est durant une vague d’apparitions d’ovnis au milieu des années 1960 que plusieurs histoires de MIB ont été rapportées dans un livre de John Keel, mais cet auteur américain est avare de références, ce qui est regrettable pour sa crédibilité.

Selon un courrier reçu de M. Jean-Pierre Thibault, en septembre 1994, M. Maurice Masse, qui avait fait une rencontre rapprochée du 3è type à Valensole en 1965, aurait reçu la visite d’un MIB quelque temps après son expérience. Mon informateur prétend avoir obtenu ce détail de vive voix lors d’une conversation avec le témoin, il y a plusieurs années. Maurice Masse est décédé le 14 mai 2004.

Les MIB ont un aspect sinistre, habillés d’un costume noir neuf, comme sortant de chez le tailleur. Ils portent un chapeau mou, une cravate et des chaussures généralement noirs également. Ils font penser à des ordonnateurs de pompes funèbres, ou encore à des pasteurs anglicans, mais quand on les détaille de plus près, on peut s’apercevoir qu’ils n’appartiennent pas à ces corporations. Ils sont généralement de grande taille et possèdent des bras et des doigts anormalement longs. La peau de leur visage est souvent très blanche comme si elle était exsangue, mais il arrive aussi qu’elle soit hâlée. Leurs yeux sont parfois bridés ou protubérants, ou encore cachés derrière des lunettes à verres fumés. Ils ne sourient jamais, et leur faciès ne traduit pas leurs émotions, si tant est qu’ils puissent en avoir. Leur démarche peut être raide, vacillante, ou même sans à-coups comme s’ils glissaient ou roulaient. Leurs gestes sont quelquefois mécaniques et étranges et ils réagissent de façon bizarre, comme s’ils étaient des êtres dénués de toute personnalité individuelle.

Ces êtres présentent souvent une anomalie physique. Par exemple, on a vu un MIB manchot, d’autres sans cou, les pieds tournés à 45°, ou portant des chaussures à semelles épaisses de plus de 10 cm, etc.

Comportements aberrants

 

Les MIB se déplacent généralement dans des voitures rutilantes noires ou de couleur très foncée, d’un coût onéreux, et de modèles anciens qui ne sont plus commercialisés. Aux États-Unis, un tel véhicule s’est même élevé dans les airs et a disparu brusquement, comme si on avait éteint une lumière devant les yeux effarés du témoin. D’autres MIB se sont évanouis en un clin d’œil, comme s’ils étaient devenus subitement invisibles ou s’étaient dématérialisés.Retour ligne automatique
En général, les MIB exigent des témoins qu’ils taisent leur observation, avant même qu’ils en aient fait part à qui que ce soit. Ils font pression sur les enquêteurs pour qu’ils cessent leurs recherches, voire qu’ils détruisent les documents en leur possession. Si des photos ont été prises, ou si des débris ont été ramassés sur un site d’atterrissage, ils réclament ces objets à ceux qui les ont trouvés, même s’ils ne sont plus en leur possession.

Tout cela est assorti de menaces plus ou moins voilées qui, apparemment, ne sont pratiquement jamais mises à exécution si le témoin ne s’est pas exécuté. Du moins on ne connaît pas de cas formellement établis ayant débouché sur la mort brutale d’un témoin qui n’aurait pas obéi à leurs injonctions. D’ailleurs, la plupart des rapports collectés indiquent que les témoins n’ont pas tenu compte des avertissements et n’ont pas eu à s’en plaindre par la suite.

Les interventions de MIB paraissent ridicules, aberrantes, voire même comiques. Par exemple, un chasseur qui avait blessé d’un coup de fusil le passager d’un ovni atterri, a été prié de montrer aux MIB les vêtements et les bottes qu’il portait ce jour-là ; ils les ont examinés puis sont repartis sans faire la moindre allusion à l’incident. On ne voit pas très bien à quoi rime ce genre d’action, ce qui explique que beaucoup de chercheurs rejettent catégoriquement ces témoignages. Toutefois, on sait que l’intelligence qui crée les phénomènes paranormaux, introduit dans ses manifestations des éléments qui renient sa propre existence en créant sciemment des situations grotesques et burlesques.

À mon sens, les MIB sont ce que nos ancêtres croyaient être des démons. Ils se sont adaptés à notre époque, puisqu’ils sont vêtus un peu comme les agents fédéraux américains des films policiers hollywoodiens. J’estime qu’ils ont probablement pour but, comme c’est le cas pour d’autres facettes du monde paranormal, de susciter la peur et d’alimenter des croyances mythiques.

Voici deux cas exemplaires

Les cas de MIB en France sont rares, Celui qui sera détaillé ci-dessous est donc particulièrement intéressant. Il se déroule à Draguignan, dans le Var, en mai 1972.

Robert David est le pseudonyme d’un chercheur indépendant qui tient à rester anonyme. En 1989, il m’a fait parvenir son témoignage, publié d’abord dans Contacts supraterrestres, (tome 1, éditions Axis Mundi, 1994, épuisé). Puis, dans Ovnis : dossiers diaboliques, (JMG, 2003). J’ai repris in extenso un second compte rendu du témoin comportant des détails supplémentaires. Voici un large résumé de ces deux textes.

Une conférence

Vers la fin mai 1972, une conférence sur les ovnis fut organisée à Draguignan par l’ufologue Jean Chasseigne, peu avant le décès du Dr. René Hardy, fondateur du groupe privé GEPA, spécialisé sur les observations d’ovni.

C’était un samedi soir et le public était très nombreux. Dès le début, un MIB vint s’installer au premier rang, dans une tenue vestimentaire qui tranchait avec les blues jeans et les pull-overs à col roulé des autres spectateurs. Il portait un costume noir flambant neuf, une chemise blanche, et des chaussures noires polies comme des miroirs. Il avait un visage à la peau brune comme celle d’un Indien (des Indes) ou d’un Afghan, ovale, très régulier et lisse, sans particularités quelconques. Ses yeux étaient également noirs, et, à part des cheveux noirs comme du jais, il n’avait aucune autre pilosité visible. Chose peu courante chez les MIB, il était plutôt petit, environ 1,65 m, et ses doigts courts avaient des ongles qui semblaient avoir été traités par une manucure.

Pendant une pause, il accompagna Robert David à la buvette pour lui faire la conversation, tout en refusant de prendre la moindre consommation. Dans un français impeccable, il lui dit que les ovnis ne se déplaçaient pas au sens matériel du terme, mais prenaient des raccourcis spatio-temporels. Il affirma aussi que ceux qui les dirigeaient communiquaient parfois avec les êtres humains en leur envoyant des impulsions créant divers phosphènes de diverses couleurs, mais sans l’intervention de l’œil, directement dans le cerveau. De plus, il indiqua que le signe de l’ovni atterri près de Socorro, Nouveau-Mexique, observé par le policier Loonie Zamora, en 1964, dont une figuration artistique avait été montrée sur une diapositive projetée sur écran par Jean Chasseigne, était un faux et qu’il ne fallait pas en tenir compte. Or, à l’époque, le livre qui a révélé le vrai graphisme de ce symbole n’était pas encore publié. Il s’agit de Socorro Saucer in a Pentagon Pantry, de Ray Stanford, qui fut édité seulement en 1976.

Robert David posa plusieurs questions pertinentes à l’individu, lequel se contenta de les éluder par des pirouettes qui laissèrent mon correspondant sur sa faim. Enfin, le MIB déclara qu’il était dangereux de vouloir tenter des expériences en direction des ovnis, et il ajouta : « Il y en a un dans cette région qui cherche un peu trop. Il risque gros et il ferait bien de se méfier ». Or, celui qui cherchait beaucoup, à l’époque, c’était le Dr. René Hardy, qui avait d’ailleurs annoncé à ses amis peu de temps après cette conférence : « J’ai découvert le défaut de la cuirasse des ovnis, mais je ne peux pas en parler maintenant, seulement plus tard en petit comité dans ma villa à Saint Raphaël ». Malheureusement il devait se suicider quelques jours plus tard, du moins selon la version officielle, car, selon ses proches, il n’avait aucune raison de se donner la mort.

Le MIB disparaît

Vers minuit, à la fin de la réunion, le MIB sortit de la salle. Robert David et quelques amis coururent derrière lui pour essayer de le faire parler encore, mais à l’extérieur la rue était vide de piétons et aucune voiture n’y circulait. Une disparition trop rapide pour être normale, selon mon correspondant. D’autres personnes remarquèrent bien la présence de ce personnage, dont Jean Chasseigne lui-même, mais elles ne lui accordèrent pas une attention particulière. Il est vrai qu’à l’époque, les histoires de MIB n’avaient pas encore été portées à la connaissance du milieu ufologique francophone.

La seconde histoire se déroule à Portland, dans le Maine, aux États-Unis, en 1976.

Le Dr. Hopkins, allergologue traitant par hypnothérapie, était à l’époque âgé de 58 ans. Il effectua une enquête sur le cas de David Stephens, un jeune homme qui avait observé de très près l’atterrissage d’un ovni, en octobre 1975, près d’Oxford, dans le Maine. C’est ce médecin qui exerça une régression hypnotique sur le témoin, ce qui eut pour résultat de révéler un apparent enlèvement temporaire. Est-ce cette affaire qui fut à l’origine de l’incident qui sera décrit ci-après ? On peut le supposer.

Un mystérieux visiteur

Toujours est-il que le 11 septembre 1976, vers 20 heures, le praticien reçut un coup de téléphone. Une voix d’homme se prétendant le vice-président d’une association de chercheurs privés du New Jersey lui demanda s’il acceptait de le recevoir pour discuter de l’affaire David Stephens. Il insista pour être reçu le soir même et prit la précaution de s’assurer que son interlocuteur était seul. C’était d’ailleurs le cas puisque son épouse et ses enfants venaient de partir au cinéma. Aussi, le médecin donna son accord. Dès qu’il eut raccroché le combiné, il alla aussitôt à l’entrée de son pavillon pour allumer la lampe du perron, et aperçut immédiatement un homme vêtu de noir qui se dirigeait à pied vers l’escalier de sa résidence, ce qui le surprit beaucoup car il n’y avait aucun téléphone public à plusieurs kilomètres à la ronde — les portables n’existaient pas encore à l’époque — et aucune voiture n’était garée dans le vaste espace visible de sa maison.

Le Dr. Hopkins fit entrer l’homme sans rien lui demander, comme si sa volonté était annihilée. De plus, l’individu ne se présenta même pas et ne prononça pas la moindre formule de politesse conventionnelle. Tout ce qu’il portait sur lui était noir, hormis une chemise d’un blanc immaculé. Son costume semblait sortir en droite ligne de chez un tailleur de luxe, sans la moindre froissure, sans bosses aux genoux ni aux coudes. Les deux plis du pantalon étaient fortement marqués, impeccables, droits et fins comme des lames. Il n’avait ni cils ni sourcils, et la peau de son visage était d’un blanc terne. Quand il enleva son chapeau il montra un crâne absolument lisse, comme un œuf. Il avait un nez minuscule et de petites oreilles. Sa tête ne bougea jamais durant sa présence, et, de plus, elle semblait directement reliée au tronc, car il avait le menton fuyant dans le prolongement du cou. Chose curieuse, il portait du rouge à lèvres. Cela se vérifia peu après lorsqu’il mit la main sur sa bouche, et que des traces du produit restèrent sur un gant en peau grise qu’il se garda bien d’ôter.

Après s’être assis, l’inconnu demanda des détails sur l’expérience de David Stephens et le Dr. Hopkins s’exécuta. Puis l’homme en noir lui dit ceci : « Vous avez deux pièces dans votre poche, prenez-en une et placez-la dans votre paume ouverte ». Ce qui fut fait, puis le MIB ajouta : « Ne me regardez pas, regardez plutôt la pièce ». Le médecin fixa l’objet et constata avec stupéfaction qu’elle prenait une couleur argentée très brillante, puis, petit à petit elle devint bleue. Enfin, devant les yeux exorbités du médecin, elle prit la forme d’une petite boule qui disparut graduellement… « Mais où est-elle passée ? », s’exclama-t-il. Le MIB répondit : « Ni vous ni personne d’autre sur ce plan ne reverra cette pièce ! »

D’étranges traces

Ensuite, l’étrange personnage lui demanda s’il savait pourquoi Barney Hill était mort. Cet homme, avec son épouse Betty, est célèbre pour un enlèvement dans un vaisseau spatial qui eut lieu en 1961, premier cas du genre connu des chercheurs. Le Dr. Hopkins répondit que c’était à la suite d’une longue maladie. « Faux ! » s’écria le MIB, « C’est parce qu’il savait trop de choses. Et s’il est mort c’est parce qu’il n’avait plus de cœur, le sien s’est évaporé comme votre pièce de 25 cents ! ».

L’allergologue en fut fortement effrayé. Le MIB lui ordonna alors de détruire systématiquement toutes les archives qu’il possédait sur les ovnis, y compris les bandes d’enregistrement sur David Stephens, en laissant planer la menace suivante : « Sinon, il vous arrivera la même chose qu’à Barney Hill ! ». Il ajouta qu’il pouvait savoir si le médecin obéirait ou s’abstiendrait, puis il quitta les lieux en vacillant avec cette phrase : « Mon énergie diminue, je dois partir », et il disparut rapidement dans l’obscurité comme s’il s’était dématérialisé.

Des traces bizarres furent trouvées à l’endroit où le MIB s’était évaporé par les proches du médecin quand ils rentrèrent du cinéma. Mis au courant de ce qui s’était passé, l’épouse et les enfants du Dr. Hopkins le supplièrent d’obéir aux injonctions de l’individu et le médecin fit donc table rase de toute sa documentation. Durant plusieurs nuits consécutives il fut sujet à des cauchemars dans lesquels il revit le visage du visiteur grossir démesurément et s’approcher de lui au plus près. Ils durèrent une semaine et cessèrent brusquement. D’autres anomalies se produisirent, notamment sur le téléphone du témoin. Elles durèrent également une semaine et disparurent ensuite définitivement. Il existe d’autres épisodes dans cette affaire, comme le MIB vu plus tard par le fils du Dr. Hopkins et son épouse, qui avait un bras plus long que l’autre, mais la place manque pour vous les raconter.

Absurdité…

Tout ce qui vient d’être exposé sur le cas du Dr. Hopkins a été confirmé au psychiatre Berthold Schwarz, spécialiste des phénomènes paranormaux bien connu aux États-Unis, qui fit une enquête auprès de la famille Hopkins.

Le lecteur aura noté le côté absurde de cette rencontre. Par exemple, l’aspect du personnage est ridicule. De plus, le fait qu’il ait affirmé que Barney Hill savait trop de choses est une ineptie, d’autant que durant son « enlèvement » cet homme garda les yeux fermés, ce que confirma son épouse Betty. De plus, toujours d’après Betty Hill, son mari est mort d’une attaque d’apoplexie. Enfin, demander de brûler des documents dont certains existent par centaines d’exemplaires n’a aucun sens.

Un cas de rouge à lèvres porté par deux MIB a été signalé par un témoin français des environs de Tours à la fin des années 1990. Il a été rapporté en détail dans le bimestriel Lumières Dans La Nuit n° 370, uniquement accessible par abonnement (BP. 3, 85 800, St.Julien-l’Ars). Toutefois il ne développe pas le même degré de bizarrerie que celui qui vient d’être détaillé ci-dessus.

Les MIB et le Pentagone

Aux États-Unis, il est arrivé que des MIB aient montré des cartes d’agents fédéraux, ou de la National Security Agency (NSA), pendant que d’autres se sont présentés en uniforme de l’Armée de l’Air. Pourtant, des enquêtes officielles ordonnées par les militaires ont montré qu’ils n’appartenaient pas à ces organismes d’État. D’ailleurs, en 1967, le colonel George Freeman, porte-parole du Pentagone, délivra un communiqué de presse à ce sujet, repris dans plusieurs grands journaux américains, y compris le Sunday Telegraph de Londres, du 5 février 1967. De plus, une circulaire déclassifiée de l’US Air Force datée du 1er mars 1967, signée du général de division Hewitt T. Wheless, est libellée comme suit :

« Des informations non vérifiables sont parvenues au Q. G. de l’USAF, au sujet de personnes qui prétendent appartenir à l’Armée de l’air ou d’autres organismes de la Défense. Elles ont pris contact avec des citoyens qui ont fait des observations d’objets volants non identifiés. Dans un des cas signalés, un individu portant des vêtements civils s’est présenté comme étant un agent du NORAD et s’est fait remettre des photos appartenant à un témoin. Dans un autre cas, un homme portant l’uniforme de l’Armée de l’air a rendu visite à un policier municipal et d’autres citoyens qui avaient signalé une observation d’ovni. Il les a rassemblés dans une salle de classe, et les a incités à ne divulguer à personne ce qu’ils avaient vu. Tous les personnels civils et militaires, en particulier les services de renseignements et les agents chargés des enquêtes sur les ovnis, qui ont eu vent de tels rapports, devront les signaler immédiatement au bureau de l’OSI de leur base ».

L’original de ce document officiel est reproduit dans The Truth Behind Men in Black, de Jenny Randles (St. Martin’s Paperbacks, New York, 1997, p. 96).

Retour vers le passé

En fait, l’homme en noir n’est pas né avec l’apparition des soucoupes volantes après la Deuxième Guerre mondiale. C’est une entité qui possède plusieurs siècles d’ancienneté. On peut trouver mention de son existence dans des manuscrits byzantins des XIe et XIIe siècles, dans lesquels le Diable est décrit en forme humaine et tout vêtu de noir. Aux mêmes époques, les Manichéens de Toulouse évoquaient le Diable sous la forme d’un grand homme noir, selon l’historien Roland Villeneuve dans son livre Les procès de sorcellerie, Payot, 1979.

C’est surtout dès la création de l’Inquisition, en 1245, que la croyance au Diable et aux démons va se développer petit à petit pour prendre une dimension encore plus grande dès la publication de la Bulle papale Summis Desiderantes Affectibus, le 9 décembre 1484. Celle-ci donnait les pleins pouvoirs aux autorités religieuses pour lutter contre les cultes païens, considérés comme diaboliques par le magistère. Les tribunaux de l’Inquisition vont alors s’employer à éliminer physiquement voyantes, magiciens, nécromanciennes et autres individus accusés d’accointances et de commerce avec le Diable.

Le phénomène s’est alors adapté à ce mythe, et a produit des hommes en noir pour abuser celles et ceux qui souhaitaient obtenir des faveurs qui se transforment toujours en désavantages pouvant les conduire au bûcher ou à la potence.

Beaucoup de femmes accusées de sorcellerie ont avoué aux inquisiteurs avoir eu des relations charnelles avec « un grand homme noir ». Ce fut le cas de Françoise Secrétain, cité dans le livre du juge laïc Henri Boguet. À noter que, dès la fin du Moyen Âge, les inquisiteurs avaient observé que les descriptions du Diable le montraient toujours avec un physique imparfait. Le juge laïc Pierre de Lancre a même écrit cette phrase : « Les mauvais anges apparaissent avec quelque imperfection, ou quelque autre très grand défaut et incommodité ». Or, c’est aussi le cas des MIB de l’ère des ovnis, comme nous l’avons vu plus haut.

Cela démontre bien le lien entre les MIB et les mythes religieux. D’évidence, les phénomènes ovnis et les manifestations connexes qu’ils engendrent : aliens, MIB, poltergeists, et autres étrangetés du monde paranormal, s’expriment en interaction avec le degré de croyance des personnes qui les perçoivent. Ainsi, les entités qui les produisent se calquent sur l’univers conceptuel des témoins, entretenant leurs croyances, voire les suscitant, et, peut-être aussi, s’en nourrissant, pourquoi pas ?

Un cas au XIXe siècle

Voici par exemple un cas qui est survenu à la fin du XIXe siècle, repris par Charles Hoy Fort dans son livre Lo ! Le nouveau livre des damnés, (Belfond, 1981). Il n’a donc aucune relation avec les phénomènes ovnis, mais il se pourrait que les témoins aient été des habitués des séances de spiritisme, très à la mode à cette époque-là.

L’affaire s’est passée le 7 mai 1893, entre 17 h et 18 h . Une jeune fille, Miss Scott, se rendait à pied à Saint-Boswells, en Angleterre. Soudain elle aperçut devant elle un homme de grande taille tout vêtu de noir, qui aurait pu être éventuellement un religieux. Prudente, elle préféra arrêter sa marche et le laisser s’éloigner. Elle vit l’individu tourner à un coude de la route qu’elle suivait, le haut de son corps restant visible au-dessus de la haie qui bordait ce chemin, puis il disparut en un clin d’œil comme par magie. Non loin de l’endroit de cette disparition, Miss Scott reconnut sa sœur qui était figée de stupeur ; elle avait bien vu l’homme en noir disparaître sous ses yeux alors qu’elle le regardait s’approcher.

Dans mon livre Contact supraterrestre, vol. 2, chapitre 2, j’évoque le mouvement religieux « revivaliste » qui déferla sur le pays de Galles durant l’hiver 1905-1906. Certains incidents de l’époque impliquent l’apparition de MIB.

Le mot de la fin

J’ai pu réunir des cas de MIB de différents lieux émanant de sources sérieuses, surtout de pays anglo-saxons (États-Unis, Canada et Angleterre). On a même signalé un cas en Chine communiste rapporté par Shi Bo dans son livre OVNI : Nouveaux dossiers chinois, (1999 éditions Aldane, Case postale 100, 1216, Cointrin, SUISSE, Aldane, Suisse).

Pour sa part, la très prolifique ufologue anglaise Jenny Randles admet son impuissance à expliquer les MIB. Du reste, dans son livre cité auparavant. Presque tous les cas qu’elle y mentionne concernent des affaires qui se sont déroulées dans son pays.Retour ligne automatique
Le Major Keyhoe, qui fut en son temps un enquêteur particulièrement bien informé, pensait que les MIB appartenaient à une « conspiration du silence » orchestrée par des groupes politiques fascistes, et non par l’USAF ou la CIA comme d’autres chercheurs l’ont affirmé. L’auteur Jim Keith, « conspitationniste » bien connu, avoue dans ses livres ne pas savoir dans quelle catégorie les ranger, notamment dans Casebook on the Men in Black, (1997).Retour ligne automatique
Si ces chercheurs avaient consulté toutes les sources anciennes auxquelles j’ai eu accès et s’ils avaient daigné s’intéresser à des phénomènes paranormaux autres que les ovnis, peut-être disposeraient-ils d’une solution à ce mystère. En effet, il s’avère finalement que les hommes en noir ne sont pas apparus seulement avec l’irruption des « soucoupes volantes » dans le paysage nord-américain, en 1947. Ils ne sont peut-être pas vieux comme le monde, mais ils sont très anciens et, d’évidence, ils font partie intégrante des phénomènes paranormaux, dont les ovnis ne sont qu’une des mille et une formes d’expression qu’utilise une intelligence inconnue qui passe son temps à nous mystifier et, qui sait, peut-être, à exploiter notre espèce…

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