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In Tenebris : éclairage critique sur un livre qui mérite son titre

Voici ma critique du livre In TENEBRIS.

Une enquête à découvrir de préférence en pleine lumière afin de repérer moult cherry picking et études plaquées sans analyses critiques.

par Mallory CLEMENT | critique

In Tenebris est à l’origine un podcast assez sympathique tenu par Marine Benoit, journaliste scientifique qui travaille comme rédactrice à Sciences et Avenirs. Ce livre reprend la structure de son émission au travers de 8 cas dans lesquels :

  • Les faits sont exposés ;
  • Les hypothèses sont ensuite discutées avec un spécialiste ;
  • La journaliste donne son avis sur chaque cas en tentant d’apporter des éléments supplémentaires.

Tout au long de son livre, dont le style est plutôt facile à lire et graphique, l’auteure introduit le raisonnement d’une science hétérodoxe (tenante) à celle d’une science orthodoxe, notamment dans le cadre de célèbres affaires de poltergeists.

À la lecture de ce livre pourtant prometteur au premier regard, mon « sens d’araignée » à l’instar de Spider-man s’est rapidement mis en alerte dès les premières pages pour vibrer ensuite de plus en plus fort jusqu’à l’explosion. Pour aller droit à l’essentiel, le lecteur de Parasciences aura donc ici un condensé de ma critique initiale de 40 pages.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je reconnais l’énergie que demande l’élaboration d’un ouvrage et comprends la satisfaction que procure la sortie d’un livre, car c’est une partie de nous-même que l’on y expose.

Mais s’exposer, c’est aussi s’attendre à la critique et, pour être honnête, se prendre une « claque » ne fait jamais plaisir même si elle est constructive, et des claques, dieu sait que j’en ai déjà prises dans mes anciennes fonctions de manager vis-à-vis de mes équipes ou de mes supérieurs, mais également dans le cadre de mes recherches sur le paranormal, thématique dans laquelle j’avais des positions très tranchées que je nuance davantage désormais.

La critique au premier abord peut être aisée et je n’aime pas « casser du sucre » méchamment sur le dos d’un auteur sans arguments. J’attaquerai donc certaines idées développées dans ce livre et non la personne. J’ai d’ailleurs revu certaines phrases qui, après relecture, me semblaient trop lapidaires. Ainsi, dans mon approche des anomalies et des expériences exceptionnelles, je me positionnerai clairement comme l’antithèse de cet ouvrage.

Il est temps de sortir mes « lances-toiles » afin de coller au mur les approximations et biais que j’ai identifiés dans ce livre et qui m’ont couté bien des cartouches. À vrai dire, les petits enquêteurs du paranormal ne bénéficient pas d’une large couverture médiatique, on ne passe pas sur Arte. Cependant, je ne me contenterai plus de rester « la petite araignée sympa du quartier » et de me taire.

Au sujet des pseudosciences et de la Zététique

Derrière le paranormal et les innombrables pseudo-études dont il fait l’objet, les enjeux sont fort heureusement moindres. Ils sont cependant loin d’être minimes : en apprenant à ne pas voir des phénomènes étranges partout, c’est son regard et son jugement sur le monde (des vivants) tout entier qu’on aiguise.

« In TENEBRIS », page 26.

Mais quelles pseudo-études ?

S’il est un devoir citoyen de lutter contre les charlatans, les fakes news et le complotisme, il est évident que les défenseurs de la zététique auront toute ma sympathie sur ce point. En revanche, j’active mon sens d’araignée en ce qui concerne leur approche du paranormal pour la majorité.

Il est évident que mes remarques ne consistent pas à mettre tous les « sceptiques » dans le même sac, Néanmoins, j’invite les lecteurs à s’interroger sur ce qu’est vraiment le « scepticisme scientifique »  et comment ce scepticisme peut-être détourné en un idéal. À la base, la Zététique est un mouvement qui s’est construit face aux allégations relevant du paranormal émanant par exemple, des Sceptiques du Québec ou du CSI (Commitee for Skeptical Inquiry). Sur ce point, je conseille aux lecteurs de lire l’excellente critique de Georges Hansen[1] au sujet de la CSICOP (Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal ; maintenant rebaptisé CSI) afin de mieux comprendre l’idéologie anti-paranormale et anti-parapsychologie sous-jacente de ces courants ainsi que leurs attachements émotionnels. Ci-dessous un extrait de son analyse :

 

 

« Par lui-même, ce tableau devrait alerter n’importe quel lecteur sur le fait que la recherche scientifique n’est pas la grande priorité du Comité. Ce n’est pas surprenant, étant donné que sur quatre membres du Comité directeur, seul James Alcock est un scientifique .Alors que le CSICOP possède un building valant plusieurs millions de dollars, une équipe rémunérée, et une bibliothèque d’une bonne taille, il n’a pas de programme de recherche. En fait, durant les quinze premières années de son existence, aucun des membres scientifiques du Conseil exécutif n’a publié un rapport sur une expérience parapsychologique dans une revue à comité de lecture. Le CSICOP n’a pas établi de laboratoire où des chercheurs pourraient essayer de provoquer des phénomènes paranormaux ; il ne fait aucun effort pour la recherche comparable à ceux d’une organisation scientifique. Toutefois, de temps à autre, un membre conduit un test ad hoc d’un sujet psi durant une après-midi et publie un bref rapport pour un périodique populaire. »

Georges Hansen

Contrairement aux parapsychologues et aux chercheurs hétérodoxes, les travaux de la majorité des « Avengers autoproclamés de l’esprit critique » sur la thématique du paranormal, n’ont que peu d’expertise contributive puisqu’ils ne publient pas dans des revues à comité de lecture, ne jouent pas le jeu du contrôle des pairs et ne produisent pratiquement pas de travaux scientifiques sur le sujet. C’est le cas de Serge Larrivée (qui s’attarde uniquement sur des écrits relatifs aux pseudosciences) ou encore des enquêteurs « skeptics », comme Joe Nickell, qui n’ont aucun bagage scientifique à leur actif, qui ne publient pas mais qui n’hésitent pas devant les médias à se qualifier d’« experts scientifiques », notamment dans l’affaire Enfield abordé dans ce livre à la page 221. Alors que Maurice Grosse membre de la SPR, qui en prend pour son grade, était Ingénieur et inventeur[2]… J’ajouterai que l’AFIS et Skeptical Inquirer ne sont pas des journaux à comité de lecture, et je ne pense pas que faire de la science sur Facebook, Twitter et YouTube soit bien sérieux.

« Même si certains prétendent encore parfois sur les réseaux sociaux que la zététique serait « l’étude    scientifique du paranormal », les quelques rares sceptiques spécialisés dans le sujet se comptent finalement sur les doigts de la main, et ce depuis plusieurs décennies : Ray Hyman, Richard Wiseman, Susan Blackmore, James Alcock et Chris French. Et ils sont globalement assez âgés (Richard Wiseman, le plus jeune, a 53 ans). Ils ont généralement des positions plus nuancées que ce que l’on peut entendre chez les Zététiciens qui s’intéressent principalement à d’autres sujets[3]».

Jérémy Royaux, Comité para, 28 août 2020.

L’auteure tacle également gentiment Yves Lignon à la page 63 de son livre sur le fait qu’il n’a jamais publié de travaux académiques sur le sujet. Mais c’est aussi vrai pour Monsieur Broch ! Penchons-nous également sur la fiabilité de son « laboratoire » :

« En 2005, Lignon deviendra maître de conférences, avant de prendre sa retraite en 2008. Il lui sera reproché d’avoir trop souvent laissé courir la confusion entre son statut d’enseignant (assistant de mathématiques) et celui de « professeur », un grade élevé dans le monde universitaire […] Toutefois, la même confusion a pu courir pour des sceptiques, à commencer par son dénonciateur Henri Broch ( Doury, 1997) ! D’ailleurs, son « laboratoire de Zététique » à l’université de Nice Sophia Antipolis n’est pas non plus un laboratoire au sens universitaire, faisant l’objet d’évaluations quadriennales, etc. ».

Renaud Evrard, « Enquête sur 150 ans de Parapsychologie », éditions Trajectoire, page 409.

Qu’on ne s’y trompe pas, au niveau scientifique, seule une poignée de « Skeptics » publient sur le sujet contre des centaines de chercheurs qui les contredisent, qui font preuve d’hygiène mentale, de scepticisme scientifique et d’esprit critique.

Au niveau des publications scientifiques des chercheurs, elles sont faciles à vérifier :

  • MindField” (le bulletin présente des articles théoriques et historiques de recherches du monde entier) ;
  • Le “Journal of Parapsychology”, une revue universitaire semestrielle à comité de lecture;
  • Le “Journal of Anomalistics » (une revue bilingue en libre accès qui est évaluée par des pairs) ;
  • le “Journal of Scientific Exploration”, revue trimestrielle à comité de lecture.
  • D’autres articles scientifiques relatifs à la recherche tenante sont disponibles sur Google Scholar, edu,Frontiers, Pubmed

En informations complémentaires :

Les publications parapsychologiques dans des revues mainstream sont également consultables et la parapsychologie est associée depuis 1969 à la très académique Association américaine pour l’avancement des sciences. D’autre part, les travaux et idées sont discutés dans des revues comme : Frontiers, British journal of psychology, Physics letters, Journal of Personality and Social Psychology, American psychologist.

Donc, elles sont où les innombrables pseudo-études ? Même Chris French, Abrassart et James Houran reconnaissent le sérieux de ces disciplines. Quant à la question de la pseudoscience, la parapsychologie remplit les attentes académiques[4][5].

Au sujet des prix défis

Que l’on m’explique en quoi les prix défi Randi ou Zététique remplissent des critères scientifiques ?  Ces types de procédures ne sont absolument pas conformes aux méthodes attendues en Sciences… Ce que concèdent entre autres French, Blackmore, Hyman et Abrassart…

Sans parler des chercheurs qui n’adhèrent pas au « Skepticism » comme Callum E. Cooper, Evrard, le journaliste Craig Weiler et j’en passe.

Idem, le projet Alpha de Randi est d’une malhonnêteté intellectuelle sans nom dont le but était de nuire à la parapsychologie.

À part avoir versé leur venin sur les chercheurs hétérodoxes, où sont les contributions scientifiques de Randi et des débunkers autoproclamés ? Il n’y en a aucune. Ils dressent un bilan impeccable d’aucune publication scientifique, tout comme les enquêteurs « skeptics » du CSI.

«  Même si nous restons des supporters de la démarche d’examen critique des phénomènes paranormaux, et que nous trouvons nécessaire qu’un laboratoire français implanté dans une université puisse aborder scientifiquement l’étude de ces phénomènes, nous trouvons l’emploi de « prix » ou de « défis » inadapté à plusieurs niveaux. Si de l’argent est disponible pour ces recherches, il ne doit pas être utilisé pour impressionner les imaginations sur fond de rhétorique militante. Il doit être investi pour une reproduction des nombreux protocoles en parapsychologie ayant donné des résultats et que des chercheurs, à l’étranger, tentent de vérifier. De tels « appels à preuve » réalisés à grand renfort de médiatisation nuisent totalement à l’étude scientifique de ce domaine, car ils trompent le public et la communauté scientifique sur la réalité de l’avancement des recherches. Enfin, pour le Prix-Défi Broch-Majax-Theodor en particulier, plusieurs failles dans l’organisation du prix et dans ses productions (pour celles qui sont visibles) montrent que cette démarche ne correspond pas aux canons scientifiques, et ne peut donc pas se faire passer pour un examen rigoureux des phénomènes dits paranormaux ».

Par souci de transparence, nous avons proposé par mail à Henri Broch, avant la publication de ce texte, de nous indiquer d’éventuelles précisions, voire mêmedes corrections. Il ne nous a pas répondu.

Source: http://zetetique.canalblog.com/archives/2008/09/16/10602905.html

Au sujet de la réplication dans le domaine des sciences

L’auteure parle de réplications mais ne fait pas état de la crise de reproductibilité de 2/3 des expériences en psychologie, sociologie et même dans d’autres champs de recherches :

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_la_reproductibilit%C3%A9

Ses exigences sont inégales et étonnantes au vu des éléments ci-dessus et elle ne cite pas les contre-argumentaires suivants qui prouvent que la parapsychologie ainsi que les études scientifiques qui tendent à valider positivement la réalité des expériences « paranormales » sont bien plus exigeantes que dans les autres disciplines académiques (Cf. les travaux de Marie-Catherine Mousseau ou encore les conclusions de Caroline Watt et Marleen Nagtegaal).

D’ailleurs, le PSI tend à se confirmer par des méta-analyses[6].

Au sujet de « la Fille électrique » (ou l’affaire de Rosenheim)

Le Poltergeist Rosenheim est une affaire de grande envergure dont les manifestations se sont déroulées dans un cabinet d’avocats en Allemagne en 1967. Le poltergeist se serait principalement manifesté sous la forme de perturbations des appareils électriques et de manifestations à effets physiques. Celles-ci se focalisaient autour de la jeune femme Anne-Marie Schaberl (d’où la « Fille électrique »).

Après une présentation correcte de l’affaire, l’auteure reçoit Renaud Evrard en qualité de spécialiste qui « connait l’affaire sur le bout des doigts ».

Les hypothèses au sujet de la psychokinèse sont plutôt bien amenées et semblent soutenues positivement pour la journaliste. Toutefois, lors du podcast, l’auteure avait d’emblée qualifié l’enquêteur de cette affaire, Hans Bender, de « croyant ».

Maladresse classique, le docteur Evrard avait immédiatement recadré les choses lors de l’interview.

Mais de nouveau dans le livre, l’auteure semble à demi-mot émettre des doutes sur la légitimité de Bender. J’ai donc sollicité Renaud Evrard pour qu’il nous redonne de la clarté à propos de cette critique.

Ci-dessous, la petite remarque de Renaud, notre “docteur Strange” de l’anomalistique qui vise juste avec son “Œil d’Agamotto” :

Dans la partie « critique » du dossier, l’expression « Spuk von Rosenheim » est traduite par « Fantôme » alors que « Spuk » est l’appellation courante en Allemagne pour les phénomènes de poltergeist, sans suggérer une phénoménologie d’apparitions fantomatiques.

Du point de vue de Benoit, les arguments des sceptiques sont peu décisifs pour trancher la question de l’authenticité du cas. Elle reconnaît que la contre-enquête effectuée dans l’après-coup n’a que peu de validité par rapport à celle réalisée, notamment par des physiciens, au moment où les phénomènes se produisaient quotidiennement (Karger&Zicha, 1968)1. Et de fait, même ces arguments ont déjà été réfutés depuis des décennies !

Néanmoins, des doutes sont propagés quant à la probité scientifique d’Hans Bender (1968)1, l’investigateur principal, en relayant des remarques faites par le sceptique Piet Hein Hoebens particulièrement datées ou hors de propos. Ainsi, l’accusation de n’avoir jamais publié une description complète du cas saute puisque des travaux s’appuyant sur les archives de l’IGPP ont depuis documenté, de façon minutieuse, l’ensemble du cas sur plus de 2000 pages (Bauer, 2015). Les entretiens avec 40 témoins oculaires y jouxtent les rapports de physiciens et techniciens, le rapport de l’inspection municipale, le rapport du service d’enquêtes criminelles et les résultats psychodiagnostiques de la personne focale.

Bauer, E. (2015). Het Geval Rosenheim – eenterugblik. Tijdschriftvoor Parapsychologie &Bewustzijnsonderzoek, 82(406&407), 18-25. https://dutchspr.org/spr/sites/default/files/2018-07/TvP_2015_3_4_3W.pdf

L’affaire de « La Machine »

L’affaire de La Machine revient sur un cas de Poltergeist, en 1973. Son nom est celui d’une commune minière de la Nièvre sur le déclin au moment des faits. Faits dans lesquels un petit garçon semblait communiquer avec une « force inconnue ».Dans ce chapitre, Marine Benoit revient sur cette affaire avec Philipe Baudouin, chargé de réalisation à France Culture et auteur entre autres d’un travail d’investigation au sujet d’Emile Tizané, le gendarme qui investiguait les “petites hantises ». Véritable archiviste de l’étrange, Baudouin est comme toujours un mets de choix. D’ailleurs, je recommande vivement sa trilogie : son ouvrage sur Tizané, « Les forces de l’ordre invisible », « Apparitions » ainsi que « Surnaturelles »sur les femmes médiums dont ma critique est en cours d’écriture.

En discutant au préalable de l’anomalie physique et de la duperie qui ne semblent pas être plus solides que l’hypothèse psychokinèse, l’auteure fait également allusion à Frank Podmore dont l’hypothèse de la vilaine petite fille n’a jamais été prouvée. Au regard de la recherche actuelle, cette hypothèse est obsolète et réfutée, tout comme les hallucinations télépathiques d’ailleurs. Pourtant, le site Marianne en date du 12/08/2022 repompe l’explication alternative soi-disant rationnelle de l’affaire (page 57) avancée par Philippe Baudouin (et non Mme Benoit) qui est des plus étonnantes, puisqu’elle n’est étayée par aucune preuve empirique « On peut donc imaginer que des coups donnés à un endroit dans le sous-sol par un mineur pourraient se réverbérer dans la chambre de Dominique […] Malheureusement ce ne sont que des suppositions ». Bien évidemment, Marianne ne cite que ce qui arrange son canard et ne discute pas de l’hypothèse PSI également avancée par Baudouin qui fait preuve comme dans tous ses ouvrages d’un scepticisme juste. Pour revenir à cette explication « rationnelle », Pascale Catala, membre de l’IMI,  vulgarisatrice et spécialiste sur la question des hantises, n’a pas manqué de réagir :

«  Pour moi, cette hypothèse n’a rien de rationnel, c’est un argument de type « sceptique » tout aussi invérifiable qu’incapable de rendre compte en détail des phénomènes précis observés. Il me semblerait vraiment improbable que des mineurs soient secrètement encore en activité à ce moment à cet endroit. Ou qu’il y ait des cavités souterraines qui ne seraient pas connues des locaux, ou que des mineurs se soient amusés pendant plusieurs semaines à répondre à des questions. D’autre part, cela n’expliquerait pas comment les coups pourraient donner des réponses exactes inconnues de la plupart des participants, et battre la mesure à la suite d’une petite chanson fredonnée… »

Pascale Catala

https://www.marianne.net/societe/medias/poltergeist-au-cour-de-la-nievre-les-mysterieux-coups-de-la-machine).

Le « fantôme » de Lucie

L’affaire revient sur la présumée apparition d’un fantôme au château de Veauce où s’est déplacée une équipe de journalistes dans la nuit du 8 au 9 août 1984.Marine Benoit reçoit dans ce chapitre Éric Maillot, ancien professeur des écoles à la retraite collaborateur au « laboratoire » de zététique de Nice et auteur de 4 publications « skeptics » sur les PAN disponibles sur Academia en qualité d’astronome amateur. L’affaire du fantôme de Lucie semble davantage tenir du folklore et il est raisonnable de penser que les témoins ont probablement vu un évènement naturel relevant du xénonormal lors de l’investigation de l’équipe de reportage plutôt qu’une réelle apparition. Néanmoins, un ingénieur du son lors du reportage a récolté une anomalie. J’insiste sur les compétences techniques que possède un ingénieur du son. Quand un « sceptique » de bonne foi prétend que l’enregistrement est défectueux, nous sommes en droit d’attendre une expertise technique. Dans le cadre de la grande tradition du débunking, je rappelle également que celui qui affirme doit démontrer. Quant à l’hypothèse du « rayon lunaire », il aurait fallu également le démontrer et je doute qu’autant de personnes peuvent être aussi crédules pour confondre un rayon de lumière avec une apparition.

Dans le chapitre « Les autres » l’auteure insiste sur la paralysie du sommeil, sauf que c’est un mythe explicatif…

L’auteure prétend que « la nuit, notre cerveau nous ment ». La journaliste aborde avec Thomas Rabeyron, psychologue clinicien et professeur de psychologie clinique, un cas typique de paralysie du sommeil en revenant sur les hallucinations hypnagogiques et hypnopompiques. Un classique que connaissent tous les enquêteurs du paranormal. Il est tout de même important de préciser que la majorité des « fantômes » ne sont pas vus la nuit… l’auteure ne mentionne pas les travaux de la SPR et de l’ASSAP17et d’autres chercheurs qui réfutent ce mythe explicatif.

« Wood et Sewell ont découvert que la plupart des apparitions visuelles avaient eu lieu dans l’après-midi. Dans notre échantillon, 37% des observations ont eu lieu au cours de la journée, mais après avoir éliminé les cas associés à la paralysie du sommeil et aux phénomènes extrêmes du sommeil, nous nous sommes retrouvés avec 50% des cas survenant à la lumière du jour et 50 % dans l’obscurité».

Christian Jensen Romer, membre de l’ASSAP

 Autre exemple, le chercheur en anomalistique Gerhard Mayer soutient le fait que :

« L’absence de corrélations significatives entre les croyances surnaturelles et la fréquence de la paralysie du sommeil dans notre étude tend à ne pas soutenir l’hypothèse selon laquelle la paralysie du sommeil est une source majeure de croyance humaine aux fantômes »

Source : https://www.academia.edu/81220287/Sleep_Paralysis_and_Extraordinary_Experiences

« […] Plus de la moitié de ces cas se produisaient à la lumière du jour ou à la pleine lumière électrique, avec 33 % supplémentaires au crépuscule et seulement 10 % dans l’obscurité. Étonnamment, 36,4% de nos répondants ont déclaré qu’ils n’étaient pas seuls au moment de leur ADC, et parmi eux, 21% ont affirmé que l’ADC était vu par leurs compagnons. »

The phenomenology and impact of hallucinations concerning the deceased[7][8]

Quant à cette « histoire de transliminalité » abordée dans ce chapitre, c’est un concept qui favoriserait les expériences exceptionnelles : le « fantôme » serait dans ce modèle une information anomale médiée par le PSI et non une aberration. Les travaux sont nombreux et facilement trouvables (Ventola, Houran, Thalbourne, Laythe…) est proposent même un possible prévisionnel dans le cadre de l’étude scientifiques des hantises au sein des ménages (cf. Ghosted !) sur Academia par exemple.

Il paraitrait que les phénomènes de hantises et de « fantômes » s’expliquent de bien des façons…

« Qu’il s’agisse de facteurs environnementaux ou de mécanismes propres à notre cerveau (biais, traumatismes, anomalies neurologiques), nous avons vu que le sentiment de hantise pouvait être expliqué de bien des façons […]

« In TENEBRIS »,page 142.

De bien des façons ? Pas vraiment. Je vais donc de nouveau contredire et nuancer des affirmations inexactes en renvoyant à des sources vérifiables.

  • Les facteurs environnementaux

L’auteure ne cite pas l’étude pluridisciplinaire « Things That Go Bump in the Literature: An Environmental Appraisal of “Haunted Houses » disponible pourtant depuis juin 2020 sur Frontiers in psychology qui critique les facteurs environnementaux pour expliquer les hantises dans des lieux réputés hantés. Pourtant, il est aisé de trouver cette étude. Si l’auteure a raison de dire que les champs magnétiques ne sont pas une bonne piste, cette étude démonte également les infrasons, les facteurs géomagnétiques[9], suggestions et autres courants d’airs. Cette rétrospective de plusieurs chercheurs est revenue sur des années d’études académiques sur le sujet. En qualité de lecteur, je m’attendais à ce que cette étude soit citée étant donné qu’elle apporte moult corrections scientifiques sur des affirmations abusives et fallacieuses que l’on retrouve encore et encore chaque année comme explications.

« Nous concluons donc qu’un modèle exclusivement ou principalement environnemental, c’est à dire s’appuyant sur des signaux intégrés discrets, la qualité de l’air, la température, les infrasons, les niveaux d’éclairage ou les champs électromagnétiques est actuellement insuffisant comme explication générale de ce qui imprime à certains endroits ou paramètres un personnage hanté (ou flippant) ou sert de source prédominante d’expériences anormales dans ces contextes […]. En terminant, nous serions négligents de ne pas mentionner un modèle environnemental pour les repaires poussés à l’extrême. C’est la possibilité que la conscience humaine, et en fait tout ce que nous expérimentons en tant que réalité, dérive d’un hologramme ou d’un programme informatique sophistiqué, comme le montre la franchise de films de science-fiction, The Matrix. Les universitaires appellent cela « L’hypothèse de lasimulation », et si elle est valide, cela implique que les fantômes sont littéralement dans la machine [10]. »

« Things That Go Bump in the Literature: An Environmental Appraisal of « Haunted Houses» »

L’étude ci-dessus colle au mur des affirmations foireuses dont raffolent paradoxalement des magazines scientifiques mainstreams. Ce qui est alarmant, c’est que la plupart  des « rédacteurs scientifiques » se contentent juste de copier-coller (à quelques mots près) ce que leurs confrères à l’international disent sans faire preuve de recul et de doute. Ainsi, on  a régulièrement des plagieurs qui se font plagier à leur tour dont la conséquence est de véhiculer ni plus ni moins du « shitstorm » (de la « tempête de merde ») à l’égard du traitement scientifique du paranormal dans leurs feuilles de choux que les rédacteurs en chefs laissent couler sans problèmes…

  • Les infrasons, page 139.

L’auteure fait référence à l’expérience de Vic Tandy comme une piste possible sans allez plus loin. Pourtant il y avait matière à informer. Les affirmations de Tandy n’ont jamais été reproduites, ni par French dans le cadre du « projet Haunt » ni par d’autres chercheurs pouvant aboutir à des visions de fantômes. Par exemple, les travaux du chercheur Steve Parsons qui réfutent les allégations de Tandy (Infrasound and the paranormal disponible sur Academia) ne sont pas cités, ni le débunking des MythBusters en collaboration avec l’équipe du MEYER SOUND dans l’épisode « la fréquence de la peur ».

« French et ses collègues ont trouvé peu de preuves que les infrasons et les champs électromagnétiques expliquent les apparitions fantomatiques. Les participants ont été exposés à 50 minutes d’infrasons, des champs électromagnétiques complexes, les deux ou aucun des deux. Les participants ont ensuite rapporté les sensations qu’ils avaient vécues pendant leur séjour à la chambre. Une majorité de personnes ont rapporté des choses étranges pendant l’expérience : près de 80 % ont dit qu’ils se sentaient étourdis, la moitié ont dit qu’ils avaient l’impression de tourner et 23 % se sentaient détachés de leur corps, ont rapporté les chercheurs en 2009 dans le journal Cortex. Notamment, 23 % ont également déclaré avoir ressenti uneprésence, et 8 % ont ressenti de la terreur, et 5 % des participants ont déclaré être excités sexuellement.»32

Live Science

Face à l’échec de son projet, French en a conclu que la suggestion était suffisante pour expliquer les hantises… Mais, quand on lit les résultats, on ne voit pas de rapport avec des visions de « fantômes » ou de poltergeists. French a décidément une façon bien à lui d’interpréter ses résultats afin qu’ils collent à son « skepticism »…

Concernant l’implication sur les risques de santé liés aux infrasons, je conseille aux lecteurs de lire sur le site de l’ANSES (Agence nationale de sécuritaire sanitaire) l’étude suivante : Evaluation des effets sanitaires des basses fréquences sonores et infrasons dus aux parcs éoliens. L’étude scientifique fait près de 300 pages et aucun désagrément de type hallucination ou vision de « fantôme » n’est mentionné. Cette étude date de décembre 2016. En juillet 2021, le numéro 103 de Responsabilité & Environnement traite des ondes non ionisantes électromagnétiques et acoustiques au travers d’une approche pluridisciplinaire de scientifiques qui évalue de nouveau les risques sanitaires d’ondes invisibles pour les êtres humains : il n’y a encore aucune preuve que ce genre d’ondes donne des hallucinations attribuables à des fantômes[11] !

De même, actuellement des psychologues travaillent avec des architectes afin de créer des ambiances et des bâtiments faussement hantés. L’idée principale est de trouver des faits qui corroborent leurs hypothèses bancales.

En date du 10 janvier 2022, une équipe de psychologues a de nouveau voulu tester la réaction de volontaires en fabriquant, cette fois encore, une « maison hantée », cf. « Physiological Responses to a Haunted-House Threat Experience : Distinct Tonic and Phasic Effects[12] » disponible sur Psychological Science. Personne n’a vu de « fantômes ».Comme à l’habitude, cette expérience a juste enregistré des variables physiologiques (peur, excitation…)… sans rien prouver. En fait, ça sert à quoi ce genre d’étude qui n’apporte rien et qui se casse encore et encore les dents à vouloir apporter du concret ? À part, pardonnez-moi l’expression, « sodomiser encore et encore les mouches » et dépenser de l’argent inutilement, s’accrocher à l’hypothèse hallucinatoire provoquée par des facteurs environnementaux est un vœu pieux jusqu’à preuve du contraire.

Pourtant, Sciences et vie, Trust my science et j’en passe continuent de véhiculer ce genre de fake news en toute impunité sous couvert d’un principe de « rationalité » dans lequel on atteint des sommets de désinformation au mépris de la recherche scientifique qu’ils prétendent défendre.

Dernièrement Emma Holen, dans un article de Futura science, affirmait encore que les « infrasons vous font voir des fantômes ! Et des hallucinations ». Au vu de la littérature actuelle, ce sont des propos fallacieux. Citer encore et encore Vic Tandy sans analyser en détail son expérience et surtout sans renseigner le lecteur de tous les travaux qui contredisent son hypothèse témoigne d’une ignorance crasse de la recherche scientifique sur le sujet et une absence de réflexe correctif.

  • La « moisissure noire», page 140.

 Marine Benoit s’interroge sur la moisissure toxique, le stachybotryschartarum, sans avoir trouvé de preuves évidentes. Elle a raison : Shane Rogers n’a jamais publié la moindre étude sur ses allégations.

Pour vérifier cela, il suffit d’aller sur le site de l’université de Clarkson où le lecteur trouvera 0.00 comptes rendus de recherches du principal intéressé sur le sujet qui affirme des choses sans fondement. D’autre part, en allant sur des sites médicaux relatifs à ce fameux champignon, rien n’est mentionné au sujet de possibles hallucinations. De plus, les habitations doivent répondre à des normes strictes actuellement.

On appréciera bien souvent, que ce sont des « Skeptics » comme Rogers qui font des allégations sans les prouver et qui passent dans les médias. Après, c’est bien beau de marteler « la charge de la preuve » aux « croyants »… Huit ans plus tard, j’attends toujours les preuves de Rogers qui se targuait sur les plateaux TV et sur Internet d’avoir des arguments convaincants. Pourtant, Internet et les journalistes scientifiques continuent de véhiculer une affirmation non prouvée comme satisfaisante. Il est où le problème après tout ? On est toujours dans les mêmes copier-coller depuis des années que des blogueurs et « rédacteurs scientifiques» se refilent comme de l’herpès…

  • La suggestion, pages 131-132.

« Pour voir il faut croire ». Marine Benoit, “IN TENEBRIS, page 142.

 Cette affirmation est un sophisme qui va à l’encontre de la recherche actuelle. Cela peut éventuellement prendre sens dans le cadre du « legend tripping » où des jeunes gens s’amusent à se faire peur mais dans les faits, cet argument est faux et déplacé.

Car personne n’a besoin de croire aux « fantômes » ou aux hantises pour en faire l’expérience. En fait, c’est l’exact contraire qui se produit (Cf. les travaux cités par Willams, Cooper, Haraldson, Grégory Delaplace, le livre Ghosted ! d’une équipe académique de psychologues qui étudient les hantises… ou tout simplement la littérature sur les hantises ou les poltergeists). Le phénomène se caractérise justement par sa capacité à surprendre ainsi que par son élusivité. Je conseille de lire à ce sujet l’excellent livre de Grégory Delaplace, anthropologue au CNRS, « Les intelligences particulières » qui explique très bien les caractéristiques de ces phénomènes. De même, le livre récent « Phénomènes », aux éditions Trédaniel, dans lequel une équipe pluridisciplinaire de chercheurs – dont le docteur en sociologie Laurent Kasprowicz, Bertrand Méheust, docteur en sociologie, Romuald Leterrier,ethnobotaniste, Jocelin Morisson, journaliste scientifique et Sharon Hewitte rawlette, docteure en philosophie… -déboulonne en long, en large et en travers ce mythe explicatif. De plus, à la base les témoins sont le plus souvent de parfaits incrédules faisant preuve d’esprit critique, s’attelant à débunker le phénomène… jusqu’à déclarer forfait. Quant aux études, l’auteure nous en ressort quelques-unes archiconnues sans analyser les conclusions qui ne font pas état de visions fantomatiques. Par exemple, l’auteure prend de vieux travaux de James Houran  sortis de leurs contextes, puisque « Jim » Houran a actuellement des positions nettement plus nuancées et s’engage dans des productions scientifiques contradictoires. Pour en revenir à la suggestion, les conclusions de la plupart des travaux sans largement exagérés. C’est ce que fait remarquer à titre d’exemple Pascale Catala au sujet de la surmédiatisation des travaux de Wiseman :

« Aucun facteur causal n’a été démontré. Si un petit Casper le Fantôme venait malicieusement perturber les gens dans ces lieux hantés, on aurait exactement le même résultat pour ces expériences. Les corrélations trouvées ne sont pas très intéressantes ou spécifiques. La variation de champ magnétique n’ayant pas été retrouvée dans la deuxième expérience, il reste des effets liés à la luminosité ou la taille de la pièce… Ces caractéristiques ne sont pas exploitables. Il y a extrapolation à partir des expériences inhabituelles à des sujets de l’étude, aux témoignages de hantises en général. Alors qu’on ne parle pratiquement jamais en France des études scientifiques sur les fantômes, la presse a relayé abondamment ces conclusions[13]»

 Pascale Catala

Prenons également pour exemple, l’étude menée au Purcell Room à Londres. Des infrasons aux environs de 17 Hertz étaient joués à l’insu de visiteurs afin de mesurer leurs réactions.  Le tout étant mêlé à la suggestion. Les résultats sont visibles dans The British Journal of Psychology de l’année 2003 ; personne n’a vu de « fantôme » :

« 46,5 % des participants dirent avoir eu au moins une expérience inhabituelle. Les deux tiers des expériences étaient des ressentis de variation inhabituelle de la température, et le dernier tiers correspondait à des ressentis de vertiges, maux de tête, malaises, étouffements, la pression d’une certaine « force », une odeur dégoutante, une sensation de présence et des émotions intenses. Ces ressentis étranges sont tout de même éloignés des observations d’apparitions, de déplacements inexpliqués d’objets ou de coups dans les murs. D’ailleurs, seuls 3 % des participants attribuèrent avec certitude leur ressenti à la présence d’un fantôme, et 10 % dirent que c’en était peut-être un. Même quand l’expérience fut renouvelée dans un lieu plus intimiste, la majorité des gens n’étaient pas convaincus d’avoir affaire à un fantôme malgré le récit de quelques observations encore plus étranges [14]».

Renaud Evrard

Autre exemple contradictoire,  le chercheur Neil Dagnall a fait une rétrospective sur les études portant sur la suggestion au sujet des hantises. Il y observe des incohérences et des échecs dans des milieux ordinaires.

« […] L’observation selon laquelle la suggestion n’a eu aucune influence dans la présente étude nécessite une élucidation soigneuse. Des recherches antérieures ont produit des résultats mitigés. Généralement, la recherche indique que la suggestion affecte la perception des phénomènes paranormaux (French & Wilson, 2006 ; Wiseman &Greening, 2005 ; Wiseman et al., 2002), en particulier chez les croyants, lorsque la suggestion est cohérente avec une croyance particulière. D’autres résultats sont cependant moins concluants. Par exemple, Wiseman et al. (2002) ont trouvé des résultats mitigés […]. Notez que Wiseman et al. (2002) n’ont pas réussi à trouver des effets convaincants dans un décor de la vie réelle (Hampton Court). Collectivement, des recherches sur les hantises indiquent que les effets de la suggestion sont subtils et moins importants que la croyance au paranormal[15] ».

Neil DAGNALL, Ken DRINKWATER, Andrew DENOVAN, « Suggestion, belief in the paranormal, proneness to reality testing deficits, and perception of an allegedly haunted building ».

De même, dans la plupart des cas, les apparitions sont vues dans des lieux tout à fait normaux…

« L’association de fantômes avec des demeures seigneuriales, des châteaux en ruines et des auberges solitaires, sans doute utile au commerce, ne semble pas être corroborée par les chiffres du recensement des accidents. On pourrait s’attendre à ce que « le conditionnement » joue un rôle important dans la production d’attentes propices aux expériences d’apparitions, mais en réalité, les endroits où les apparitions ont été rapportées étaient étonnamment mondains et prosaïques. 70,5% des expériences sont rapportées à la maison (y compris le jardin). Sur les 29,5% restants, lorsqu’ils n’étaient pas à la maison, près du quart se sont produites pendant que le destinataire était en voiture.

Seulement 16% des cas sont survenus à l’extérieur[16]».

Christian J.Romer, chercheur à l’ASSAP 

… Et dans la plupart des observations, les gens ne sont pas dans des états de consciences modifiés.

« Erlendur Haraldsson a découvert que la plupart des gens travaillaient (47%) ou se reposaient (22%) au moment de leur rencontre spectrale. Une apparition apparaissant soudainement et de manière inattendue est également assez courante dans d’autres cas d’apparition : dans leur étude de cas, les chercheurs britanniques Celia Green et Charles McCreery ont découvert que 97 % des témoins ont déclaré que leurs observations étaient totalement inattendues [6, p. 135]. Ils ont également constaté que de nombreux témoins rapportent qu’ils ont simplement « vu » ou « remarqué » l’apparition, comme si elle était déjà là, entièrement formée[17].

Brian J WILLIAMS

L’auteure n’interroge pas également les biais de confirmations de certains psychologues dans ce genre de recherches qui partent de leurs conclusions pour trouver des faits qui corroborent leurs prévisionnels.

  • Les bugs du cerveau, page 136.

L’auteure fait directement référence à la sensation de présence produite par Olaf Blanke et son équipe en laboratoire afin de donner l’illusion d’une présence à l’aide d’un robot. Toutefois, personne n’a vu de fantômes. L’expérience n’a rien de comparable avec le constat d’apparitions spontanées. Dans le domaine des neurosciences, aucune étude en laboratoire n’a jamais fait voir des « fantômes » élaborés sur commande et aucune expérience en neurologie n’a fait voir d’apparitions collectives à des volontaires. On appréciera alors les titres racoleurs dans la presse. D’ailleurs, le Dr Rognigni assistant de Blanke, a tempéré lors d’une interview le rabattage médiatique de cette expérience:

« La littérature sur les fantômes et les apparitions et les hallucinations est énorme et aussi fortement influencée par la culture, dit-il, expliquant que son expérience fournit une explication scientifique d’une petite partie de la recherche sur le sujet ».

Interview du Docteur Rognigni

  • Des biais et anomalies neurologiques… 

L’auteure ne semble pas au courant de la recherche actuelle. Au niveau de la maladie mentale, il est vrai que certains facteurs prédispositionnels favorisent l’expérience des apparitions mais les chercheurs ne sont pas d’accord pour réduire l’expérience des apparitions à des troubles mentaux comme le fait remarquer l’ouvrage. Toutefois, le livre ne creuse pas assez la question et omet des informations capitales. On aurait apprécié dans ce livre que soit mentionnée l’étude d’Annalisa Ventola et Houran qui a mis en exergue que les personnes qui font l’expérience des hantises et des ‘ »fantômes » n’ont pas de déficit cognitif. L’étude de Ventola et Houran a porté sur 313 étudiants[18]. En précision supplémentaire, une étude récente en neurologie menée par Charlotte Dean est revenue sur 40 ans de travaux sur la « croyance » au paranormal en regroupant des méta-analyses qui confirment que les « croyants » au paranormal (en dehors de la maladie mentale) ne sont pas si biaisés que cela.  Pour Dean, les croyants au paranormal se caractérisent par :

  • Une pensée intuitive (qui peut entrainer des biais de confirmation mais également un raisonnement logique et fiable couplé à une grande créativité) ;
  • De possibles déficits cognitifs pour certains cas mais les auteurs doutent de l’objectivité de certains psychologues qui ont mené les études (Chris French concédera dans « The skeptic » du 3 juin 2022 que la plupart des affirmations au sujet des déficits cognitifs sont probablement biaisées à cause de skeptics militants comme lui : bravo l’honnêteté intellectuelle ![19]). De plus, 40 % des chercheurs ne soutiennent pas l’hypothèse des déficits dans cette méta-analyse.
  • Une flexibilité cognitive et une intelligence fluide[20].

Qu’en est t-il des études de Dean Radin qui concernent le fait que des scientifiques et des ingénieurs font l’expérience du paranormal ? Sous la trappe[21] ! Pour en revenir aux hantises, le docteur en psychologie Brian Laythe contredit également l’affirmation selon laquelle le sentiment de hantise peut s’expliquer par de simples hallucinations ou la déficience intellectuelle :

« Les taux d’expériences liées aux hantises dépassent largement le pourcentage combiné de tous les troubles qui facilitent l’illusion ou l’hallucination combinées. De plus, la symptomologie cognitive et affective des troubles psychotiques est notoirement absente de la plupart des cas de SPH (Syndrome de la Personne Hantée), mais le fait qu’un patient rapporte qu’il a vu une apparition est parfois interprété à tort comme une psychose malgré l’absence de symptomologie générale[22] ».

Brian Laythe

Une autre étude des chercheurs dans le journal Scientific Exploration qui examine la relation entre les expériences anormales subjectives et les expériences de symptômes psychotiques,  contredit également l’hypothèse hallucinatoire et le lien avec des troubles mentaux :

De nouvelles analyses montrent que les expériences paranormales subjectives n’ont pas les mêmes schémas psychologiques et statistiques que les symptômes cliniques de la psychose […]Cette découverte remet en question les explications psychiatriques de certains phénomènes prétendument parapsychologiques. Les résultats obtenus dans la présente étude appuient la conclusion selon laquelle les phénomènes/expériences anormaux ont un comportement statistique différent des hallucinations et des tromperies perceptives.Par conséquent, il existe des preuves statistiques qui différencient les expériences inexpliquées des classifications cliniques conventionnelles et les expliquent comme des erreurs de perception ou des comportements pathologiques.

« Journal of Scientific Exploration » • VOL. 36, N° 1 – PRINTEMPS 2022

Enfin, dans un débat contradictoire, les chercheurs Laythe et Houran arrivent à la conclusion que les hantises ne s’expliquent pas si facilement tout comme les anomalies en appliquant l’équation de Drake :

Il y a un écart considérable de 39% entre le poids supplémentaire des preuves rapportées d’une «vie après la mort» et le pouvoir collectif des explications sceptiques courantes. Cette découverte plaide pour la poursuite des recherches sur différentes hypothèses d’expériences anormales qui suggèrent la survie post-mortem de la conscience humaine […] La conscience humaine est un phénomène incroyablement complexe, et notre exercice fournit un raisonnement statistique solide pour penser quela mort biologique ne l’éteint pas. Même ainsi, une chance de survie post-mortem de 39 % peut sembler modeste ou inférieure au seuil de « hors de tout doute raisonnable ». Mais les jurés potentiels devraient se demander quelles décisions ils prendraient en fonction de cette même probabilité[23].

Laythe et Hourran

Comment bâcler l’affaire de la Dame Blanche de Palavas ? Avec le mésusage du rasoir d’Ockham bien sûr !

« Par le pouvoir du rasoir d’Ockham ancestral, je détiens la force toute puissante !!! » Mouais, sauf que ça, ça ne marche que dans les Maîtres de l’univers. Ce chapitre revient sur le cas de la Dame blanche de Palavas en compagnie de Marie-Charlotte Delmas, écrivaine et scénariste spécialisée dans les croyances populaires françaises. Il est toujours sympathique de parler des mythes et légendes urbaines qui participent au biais socioculturel de la Dame blanche – qui s’étend sur plusieurs pages – mais le lecteur n’apprend rien de plus sur ce qu’ont vu les témoins. Et la façon dont l’auteure emploie son usage pour expédier le cas, même si elle concède son extrême fragilité est digne d’Harry Potter. L’appel au Rasoir d’Ockham est maladroit et ne représente en rien un argumentaire solide…

Ci-dessous, remarques complémentaires d’Yves Lignon que j’ai également sollicité:

Que dit Mme Benoît de ces concordances qui, dans l’affaire de Palavas, ont frappé tous les analystes objectifs ayant rencontré le quatuor, policiers et psychologue et un spécialiste des légendes urbaines, le sociologue Jean-Bruno Renard, professeur à l’université Paul-Valéry de Montpellier ?

Pour la journaliste, la cohérence découle du dépouillement des témoignages. « Il n’est pas très compliqué d’être cohérent lorsque l’on ne donne que très peu de détails » (Marine Benoît). Ah la bonne idée ! Le mignon satellite artificiel prêt à tourner ! Au travail ! Premier étage de la fusée : les jeunes montpelliérains pouvaient disposer de souvenirs, de réminiscences les aidant à s’approprier une histoire traînant de ci de là. Second étage : à l’un, à l’autre ou à plusieurs, vient l’idée d’une bonne blague. Et de se précipiter tout droit dans les bras de la maréchaussée. Malheureusement le satellite ne se met pas sur orbite, la plaisanterie prend une ampleur imprévue au grand dam de ses instigateurs. Mme Benoît complète le tableau en reconnaissant ne pas disposer du moindre argument en faveur de cette hypothèse de la farce qui tourne mal. Faisant bonne mesure, elle accepterait avec plaisir, écrit-elle, la preuve que le 20 mai 1981, entre Palavas et Montpellier, deux gars et deux filles, débordant de joie de vivre, ont rendu service à une auto-stoppeuse fantôme. Dans l’attente, elle les assimile à de sales gosses.

Que dire de ce glauque sous-entendu : « Dans le fond, ne leur en voulons pas. Vous savez, moi aussi, j’aimerais bien que les revenants existent » ?

Que faire de cette hypocrisie ? Rien sinon se poser une autre question sans en chercher la réponse : en exprimant une simple conviction l’auteure de « In Tenebris » se rend-elle compte à quel point elle met en lumière une prise de position intellectuelle ? Faire passer en force une pseudo-explication simpliste présente l’avantage de garantir un sommeil paisible.  Nous préférons, de loin, l’attitude de M. V. Montalbàn. Dans l’introduction de son recueil, le regretté romancier a expliqué avec beaucoup d’honnêteté que, pour des raisons philosophiques, il lui semblait impossible d’admettre l’existence des fantômes. Après quoi, de sa plus belle plume, il a offert à ses lecteurs une histoire de Dame Blanche qui pourrait presque être celle de Palavas et qui se termine, comme il l’a écrit lui-même, par « une fin ambiguë ». Tout le contraire de ces interprétations soi-disant rationnelles qui ne sont en réalité qu’artificielles et peu raisonnables. Heureusement qu’il a existé un écrivain catalan matérialiste car Mme Benoît ne semble pas se ranger dans la catégorie des gens capables de reconnaître : “Pour le moment, je ne sais pas”.

On appréciera les dégâts de la pub Herta pour le « goût des choses simples » ! En science, il est souvent question d’invoquer le rasoir d’Ockham mais le brandir comme un crucifix ou une guillotine, c’est une autre histoire… Sans parler du fait de l’utiliser avec cynisme.

D’ailleurs, de multiples critiques pointent les dérives des mésusages du rasoir, dont toute une argumentation d’Éric Lowen, philosophe et ancien membre du cercle Zététique. On pardonnera à Lowen de dire toujours n’importe quoi au sujet du paranormal et de la parapsychologie mais il présente le rasoir comme un faux argument et une utilisation pseudo-rationationaliste35.

– La nécessité d’un usage très parcimonieux du principe de parcimonie !

– Le rasoir d’Ockham a seulement une valeur prudentielle, il invite seulement à examiner dans un premier temps les explications les plus « simples » mais sans exclure les autres ;

– L’erreur vient quand on oublie cela et qu’on en fait un principe et une règle méthodologique ;

– Un bel exemple de croyance rationaliste, prise en défaut de raison à cause du mythe de la simplicité.

Éric LOWEN, Association ALDÉRAN Toulouse

Et les hallucinations collectives et  les hystéries collectives alors ?

Comme le précise l’ouvrage, Il n’existe aucune preuve empirique que les hallucinations collectives ou télépathiques existent : 0.00  preuves empiriques en neurosciences et des réfutations sur cette hypothèse en parapsychologie. Restera l’appel aux hystéries collectives pour expliquer les apparitions vues par plusieurs personnes. C’est un argument inexact que l’on trouve, de nouveau, au château de Poudlard. Cette affirmation est réfutable car il n’existe aucune preuve empirique d’hallucinations dans le cadre d’hystéries collectives (sauf en cas d’ingestion d’ergot de seigle par exemple mais cela demande un agent contaminant comme des psychotropes). D’autre part, une hallucination est idiosyncrasique (propre à un individu).Donc ça marche comment une hystérie collective ? Dans les faits, on ne sait pas trop. On ne c’est pas trop mais ça explique le paranormal…

Les sites médicaux et psychiatriques (sauf pour le délire à 2 qui reste très rare) ne penchent pas en la faveur d’hypothèses hallucinatoires mais plutôt en faveur de contaminations physiologiques par mimétismes suite à des angoisses face à un évènement naturel qui est réel, qu’il soit bien interprété ou mal interprété. De là à dire que cette hypothèse est suffisante pour expliquer les anomalies est une généralisation abusive. Autre argument, si l’on tape sur internet «  mass hysteria hallucinations scientific studies » Il n y a rien de vraiment tangible et une pénurie de travaux sur l’hypothèse hallucinatoire. Idem, en tapant les symptômes sur les sites médicaux « mass hysteria symptôms » les sites ne mentionnent pas d’hallucinations[24][25].  Bref, les personnes qui  relatent ces hypothèses d’hystéries comme explications satisfaisantes sont plutôt des auteurs   : des historiens comme Y.M Bercé (pas de publications scientifiques sur le sujet),  Bob Ricard (dont on ne trouve aucunes publications scientifiques sur le sujet).Reste R.E Bartholomew, sociologue qui publie sur le sujet… et membre du Skeptikal Inquirer Mais on reste avec des acteurs du « skepticism » et des « debunkers »…

Restera le bricolage psychanalytique et psychologique sans démonstration évidente et non pertinente en guise d’explication.

En conclusion

J’invite les éventuels lecteurs à se méfier des gros titres du genre “la science qui explique le paranormal” et à vérifier comment s’orientent des journalistes scientifiques sur le sujet et de quelle manière ils se documentent. La liste des étonnements serait encore très longue…

  • Le modèle de l’information pragmatique sur les hantises du psychologue physicien Walter von Lucadou ne sont mêmes pas évoqués ;
  • Les travaux du docteur ingénieur Eric Dullin sur quelques 500 cas de Poltergeists ne sont même pas mentionnés ;
  • Exit, les symptômes de ces phénomènes ainsi que le syndrome de la personne hantée ;
  • Les modèles explicatifs parapsychologiques ne s’arrêtent pas uniquement à de la psychokinèse, il est aberrant de s’arrêter à cela;
  • Les travaux académiques pluridisciplinaires du Ghost Gang (Laythe, Houran, Ciarán James O’Keeffe…) ne sont pas évoqués ; leur livre Ghosted ! dont les propos sont bien plus nuancés n’arrive pas du tout aux mêmes conclusions que cet ouvrage. Ils taillent d’ailleurs un « costard » au sujet des « skeptics» au sujet de leur non productions scientifiques et axiomes :

Le SI (www.skepticalinquirer.org) contient prétendument des contenus d’auteurs de premier plan dans les domaines de la science, du scepticisme, de la médecine, des médias, l’activisme et le plaidoyer – tous consacrés à la cause de l’avancement de la science sur la pseudoscience, l’éducation aux médias sur les théories du complot et la critique penser à la pensée magique.Cette publication produit régulièrement des éditions par abonnement de nature très sceptique. La réalité est que le SI cherche généralement à démystifier certains sujets et cas classiques, mais souvent via une mauvaise logique, un manque de connaissances en sciences et en philosophie, et des explications hautement improbables qui ont un attrait vulgarisateur.  Pour être clair, le SI est un magazine par opposition à une revue de recherche à comité de lecture. Ce n’est pas une revue scientifique. De plus, la plupart de ses contributeurs ne sont pas des scientifiques […] En tant que tel, bon nombre de ses articles atteignent de manière drastique des causes improbables dans leurs tentatives de démystification de la parapsychologie. »

« Ghosted ! Exploring the Haunting Reality of Paranormal Encounters », éditionsMCFarland, juillet 2022.

Le lecteur s’épargnera aussi le mille-feuille argumentatif des biais cognitifs et de la paréidolie…Je ne pouvais pas passer sous silence cette critique qui, je l’espère, sera constructive.

Dernière chose, dans le cadre de la recherche sur les anomalies et les événements extraordinaires, il est illusoire de croire que l’on est tous d’accord, même si on sympathise avec d’autres chercheurs. Se faire des amis dans cet univers controversé ne donne pas la garantie d’être immunisé contre la critique. Je pense que les vrais amis dans le milieu et les vrais collègues sont ceux qui disent les choses, soit sans langue de bois soit avec les formes, afin de s’améliorer. Pour mon cas, j’en remercie mes collègues et les chercheurs de la PA ou indépendants pour lesquels j’ai la plus grande estime.

À défaut d’exercer un jugement sur « le monde des vivants tout entier », je conseille d’exercer au préalable notre esprit critique sur cet ouvrage.

 

En conclusion

Point positifs :

·      L’ouvrage graphique est facile à lire ;

·      Le courage de l’auteure de parler de la parapsychologie ;

·      Le choix d’Evrard, Baudouin et Rabeyron ;

·      La conclusion excellente mais qui ne reflète pas l’ensemble du livre : en effet la conclusion parle de « cultiver nos interrogations ». Toutefois, sur 300 pages, le livre est bien souvent rédigé sur un ton plutôt péremptoire.

Points négatifs :

·      Passe sous silence que ce sont les chercheurs hétérodoxes qui jouent le jeu des sciences et qui sont les mieux placés pour parler de ces phénomènes;

·      Sert encore la soupe aux prix défis qui ne sont pas scientifiques ;

·      Beaucoup trop de cherry picking ;

·      Peu de références adaptées et datées ;

·      Des études plaquées sans analyses critiques et études contradictoires ;

·      Le passage sur la transcommunication bâclé et inexact ;

·      Le rasoir d’Ockham utilisé comme un flingue, on aura une pensée pour le fantôme de Wegener et d’autres chercheurs qui se sont fait assassiner injustement de la sorte.

Notes :

[1]http://zetetique.canalblog.com/archives/2008/02/24/8077736.html

[2]https://psi-encyclopedia.spr.ac.uk/articles/maurice-grosse

[3]https://comitepara.be/2020/08/23/traduction-commentee-pourquoi-les-affirmations- parapsychologiques-ne-peuvent-pas-etre-vraies/

[4]https://www.skeptic.org.uk/2021/09/why-i-now-believe-parapsychology-is-a-science-not-a-pseudoscience/

[5]https://www.researchgate.net/publication/286838030_Parapsychology_Science_or_pseudo-science

[6]https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29792448/

[7]https://www.researchgate.net/publication/353933443_The_phenomenology_and_impact_of_hallucinations_concerning_the_deceased

[8]Evelyn Elsaesser, contact spontanés avec un défunt (avril 2021) éditions Exergue

[9]http://www.assap.ac.uk/newsite/htmlfiles/Geomagnetism.html

[10] https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2020.01328/full

[11]https://www.annales.org/re/2021/re_103_juillet_2021.html

[12] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35001710/

[13]https://www.metapsychique.org/quelques-remarques-sur-le-documentaire-aux-frontieres-du- surnaturel-les-fantômes

[14]https://www.circee.org/?Un-enjeu-de-la-psychologie

[15]https://www.researchgate.net/publication/339948032_Suggestion_Belief_in_the_Paranormal_Proneness_to_Reality_testing_deficits_Perception_of_an_Allegedly_Haunted_Building

[16] https://jerome23.wordpress.com/tag/christian-jensen-romer/

[17]https://www.academia.edu/20024783/Ghosts_He_Has_Met_Evidence_and_Issues_Surrounding_William_G_Rolls_Observations_on_the_Characteristics_of_Apparitional_Experiences

[18] https://www.researchgate.net/publication/335241018_A_SPLITSAMPLE_PSYCHOMETRIC_STUDY_OF_%27HAUNTERS%2

[19]https://www.skeptic.org.uk/2022/06/when-it-comes-to-the-paranormal-do-sheep-and-goats-think-differently-it-looks-like-they-do/

[20]Source : https://neurosciencenews.com/paranormal-cognition-20520/

[21]Exceptionalexperiencesreported by scientists and engineers (HelanéWahbeh, Dean Radin, Julia Mossbridge, Cassandra Vieten, Arnaud Delorm) sources :  science direct, semantic scholar…)

[22]https://therapytips.org/interviews/here-is-what-you-need-know-about-seeing-ghosts-and-other-haunting-experiences

[23]Adversarial Collaboration on a Drake-S Equation for the Survival Question.

[24] https://www.healthline.com/health/mental-health/mass-hysteria

[25] https://en.wikipedia.org/wiki/Mass_psychogenic_illness

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Clément Mallory

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