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L’affaire Gordon Davis


En matière de survie après la mort, beaucoup pensent avoir trouvé LA preuve ! Ceux qui croient en sa réalité avancent leurs arguments… tout comme ceux qui, pensant que la survie est une illusion, 
se refusent à y croire.

Nous allons voir dans les lignes qui suivent que cette fameuse preuve est bien difficile à attraper.

Je vous présente en effet l’un des cas les plus déroutants liés à l’hypothèse de la survie. Il s’agit d’un véritable cas d’école où tous les composants du paranormal sont présentés et vous allez voir que leur interprétation pose un problème majeur.

« L’affaire Gordon Davis » – c’est ainsi que je la nomme – est suffisamment complexe pour ébranler nos certitudes, quelles qu’elles soient. Elle nous montre la complexité du fait psi et a le grand mérite de nous obliger à repenser cette fameuse notion de « preuve » qui pèse tant dans notre évaluation du paranormal et des mystères de la vie…

En 1922, la « Society for Psychical Research », la fameuse SPR, était au sommet de sa gloire. Un maître de conférences en mathématiques à l’Université de Londres, le docteur Franck Soal, présidait à des recherches paranormales dans cette honorable société en compagnie d’un médium fort réputé du nom de Blanche Cooper.

Des preuves indéniables de survie ?

Cette médium générait des phénomènes de « voix directes », c’est-à-dire que, lorsqu’elle était « incorporée », elle reproduisait en parlant la voix même de l’esprit, comme d’autres médiums étaient capables de reproduire l’écriture d’un défunt. Voilà qui rappellera quelque chose aux adeptes de la moderne transcommunication…

Après de nombreuses expériences qu’il serait trop long d’exposer ici, Blanche Cooper produisit le cas le plus extraordinaire qui ait été donné d’étudier.

Au cours d’une expérience menée sous la direction de Soal, elle incarna un homme à la voix claire et bien articulée. Dès les premières paroles, Soal eut l’impression que cette voix lui était familière. Lorsque le personnage déclina son identité, un certain Gordon Davis, Soal se souvint de cet ancien camarade de classe qu’il avait fréquenté pendant trois ans avant la première Guerre Mondiale, tout en ignorant son adresse et celle de sa famille.

Il l’avait complètement perdu de vue, quand il le rencontra en 1916. Davis partait comme officier d’infanterie pour le front français. Plus tard, Soal apprit incidemment qu’il y avait été tué.

Pendant la séance d’incorporation, Davis rappela tous les souvenirs communs aux deux hommes et donna un grand nombre d’autres renseignements précis ignorés de Soal, notamment sur la maison qu’il habitait avant sa mort.

Tous les renseignements fournis par le médium au cours des séances qui eurent lieu en janvier 1922 furent considérés comme parfaitement conformes à la réalité dans une enquête approfondie qui eut lieu trois ans plus tard…

La médium Blanche Cooper

Franck Soal à la fin de son parcours terrestre…

L’affaire se complique

En 1925, tout à fait par hasard, Soal se trouva nez à nez dans la rue avec un homme qu’il reconnut aussitôt. Il s’agissait – vous l’aviez deviné – de Gordon Davis !

Ainsi donc, une médium avait incorporé un être encore incarné, lui avait inventé une destinée posthume et avait décrit ses habitudes de vie avec un luxe de détails inouï avant de lui attribuer une mort fictive…

Or, le fait le plus extraordinaire, dans cette affaire, c’est qu’au moment des séances Davis n’habitait pas encore la maison décrite des années auparavant par le médium : il était sur le point de la louer ! Il y a donc eu dans cette affaire préconnaissance et préconnaissance « duplicative », selon les termes utilisés par les parapsychologues, c’est-à-dire superposable en détail à la réalité qu’elle annonçait.

En effet, à l’époque de la séance, Davis ne pouvait savoir par aucun moyen rationnel quelle allait être la disposition de son intérieur dans un endroit qu’il n’habitait pas encore. Fait plus extraordinaire encore, Blanche Cooper décrivit en janvier 1922 des tableaux que Davis n’acheta… qu’en 1924…

Nous nous trouvons là devant un cas de premier ordre concernant le sujet qui préoccupe les lecteurs et la rédaction de Parasciences, à savoir la recherche des preuves concernant la réalité de la survie.

Et l’affaire Gordon Davis nous montre que les faits sont parfois bien plus complexes que l’interprétation que nous en donnons.

Des preuves contradictoires

Ce cas nous amène à déduire plusieurs axiomes que nous pouvons définir ainsi :

  1. Un médium peut incarner un vivant supposé mort de la même façon qu’un mort.
  2. Le personnage ainsi incarné est d’un réalisme total, ce qui peut faire présumer que le vivant est plus facile à identifier que le mort.
  3. Le personnage ainsi incarné est une fabrication collective du sujet et du consultant.
  4. Le médium peut pénétrer le passé et l’avenir d’une personne éloignée avec laquelle il est mis en relation mentale, même de manière uniquement inconsciente.
  5. Le médium ne fait aucune différence qualitative entre l’information qui est censée venir d’un vivant et celle qui est censée venir d’un mort.
  6. Le médium ne fait aucune différence entre les modes du temps.

D’autres cas semblables

Avec d’autres expérimentateurs, Blanche Cooper fournit d’autres cas tout aussi typiques d’incorporation avec un « communicant fictif ».

Elle incorpora ainsi un certain John Ferguson, dont la voix et le caractère se maintinrent invariablement.

Il s’agissait là encore d’une vieille connaissance de Frank Soal.

John Ferguson se mit à parler de sa femme, de sa fille, de son frère Jim. Il donna la date de son décès, décrivit sa tombe, sans pouvoir en indiquer le lieu. Il ne donna pas non plus la localité habitée par Jim.

Pour vérifier tous ces faits, Soal ne ménagea pas sa peine. Il se livra à des enquêtes, écrivit des lettres et fit de nombreux voyages.

La conclusion qu’il en tira est particulièrement intéressante : les réponses données par Ferguson, et même ses déclarations spontanées, confirmèrent toutes les suppositions de Soal, mais après vérifications, toutes ces suppositions furent reconnues fausses : elles avaient été inventées par le cerveau du médium !

En réalité, le personnage incorporé, et qui s’identifiait à John Ferguson, s’avéra être le personnage d’un roman forgé par l’association de l’imagination de Soal et de Blanche Cooper.

Des faits complexes

On le voit, les faits sont plus complexes que nous ne l’imaginons au premier abord.

Que penser, face à ces cas typiques, des « preuves » que nous considérons obtenir quand une voix s’identifie à un défunt sur un magnétophone ?

Il ne s’agit pas dans cette étude de jouer avec les nerfs des lecteurs qui se trouvent dans une situation de deuil douloureux et à la recherche de certitudes. En tant que responsable de Parasciences, j’ai le devoir d’apporter aux lecteurs de la revue des éléments solides et documentés, pour étayer ce qui est une conviction pour moi comme pour beaucoup d’entre vous. Je crois à titre personnel en la survie, mais je veux sortir du champ de la simple croyance pour entrer dans celui, beaucoup plus enrichissant, de la réflexion constructive. Ce ne sera qu’à l’issue d’une quête longue et rigoureuse (si possible avant notre propre mort…) que nous parviendrons, éventuellement, à avoir le fin mot de l’énigme. Cela demande de la rigueur et de la réflexion, mais je pense que l’enjeu en vaut la peine. Plutôt que de créer une chapelle ou une « para-religion », il faut au contraire réunir des éléments solides et les présenter à des lecteurs responsables.

Nous aurons l’occasion de revenir de manière approfondie sur le phénomène des voix directs quand nous étudierons le médium Leslie Flint

La recherche pose plus de problèmes qu’elle n’en résout

Cela a été répété de nombreuses fois dans les colonnes de la revue Parasciences : il sera difficile d’apporter la preuve de la survie, car les éléments que nous considérons comme des preuves posent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. Ce sont des éléments constituant des faisceaux de présomption. En aucun cas des preuves définitives.

Il nous faut tirer les conséquences des faits. En ce qui concerne la recherche d’une preuve objective de la survie, il faut reconnaître qu’après deux siècles d’errances et d’expériences multiples et variées nous n’obtiendrons pas la preuve définitive, celle qui emportera l’adhésion générale, à partir des éléments qui nous sont fournis depuis l’extérieur, que l’on appelle communément l’au-delà. Comprenons par là que les images et les voix paranormales, les messages captés par médiumnité, tous ces éléments aussi troublants soient-ils, n’apporteront jamais la moindre preuve définitive de la survie. C’est là ma conviction après des années d’investigation.

Les scientifiques objectifs qui se sont penchés sur le spiritisme ont rencontré exactement les mêmes problèmes que nous rencontrons aujourd’hui lorsque nous analysons les données de la transcommunication instrumentale.

En permanence, nous nous heurtons au même problème : nous constatons la réalité des phénomènes – et c’est déjà une grande chose –, mais ils nous renvoient aux mêmes difficultés d’interprétation. Cet article en est l’illustration.

Pour aller plus loin sur le même thème, nous avons publié un livre incontournable :

  • Philip le fantôme est le fruit d’une expérience qui bouleverse tout ce que nous pensions savoir sur les liens unissant le tréfonds de notre psychisme à ce que l’on appelle communément l’au-delà.
  • C’est à Toronto qu’un groupe de chercheurs se réunit autour du docteur Georges Owen pour tenter une expérience pour le moins surprenante : créer de toutes pièces un fantôme parfaitement imaginaire !
  • Pour cela, ils créèrent, avec un grand souci du détail, un personnage censé avoir vécu en Angleterre au milieu du seizième siècle et qu’ils affublèrent du prénom de « Philip ».
  • Après plus d’une année d’expérimentations multiples, « Philip le fantôme » finit par se manifester au groupe par l’intermédiaire de phénomènes physiques qui furent dûment filmés et enregistrés.
  • Cette manifestation d’une entité créée par l’imaginaire collectif jette un nouvel éclairage sur les capacités de création du psychisme, les phénomènes spirites et les cas de hantise.
  • Puisse ce livre créer des vocations et ouvrir des pistes expérimentales à une recherche qui peine actuellement à se renouveler !

Étudier le vivant

Je ne vois qu’une seule solution pour sortir de cette impasse : faire les recherches à partir de l’être vivant lui-même. Savoir de quoi nous sommes constitués en tant qu’êtres vivants. Nous avons un corps physique périssable, de cela nous sommes sûrs. Mais quid de notre âme, de notre esprit, de nos « composantes astrales » ? Ces éléments, s’ils existent comme je le pense, peuvent être étudiés à partir du vivant, donc pendant notre vie terrestre. Albert de Rochas, Charles Lancelin, Hector Durville ne s’y sont pas trompés, eux qui ont expérimentés le sommeil dit magnétique avec des résultats stupéfiants.

En fait, il me semble que les difficultés d’interprétation auxquelles nous nous heurtons continuellement ont une signification précise. Il s’agit peut-être de nous faire comprendre que, si nous voulons savoir, il nous faut faire avant tout un travail sur nous-mêmes ?

On nous l’a répété des milliers de fois : l’Homme n’utilise qu’une infime partie de son cerveau ou de ses capacités cérébrales. En ce sens, nous sommes des êtres sous-évolués. Nous nous imaginons isolés dans notre petite carapace, êtres mortels ballottés par les problèmes du quotidien, perdant notre vie à la gagner. En fait, nous sommes peut-être tout simplement « à côté de la plaque », comme on dit communément.

Alors, si nous voulons vraiment savoir, comprendre la Vie dans sa globalité, cela ne viendra ni des autres ni d’ailleurs, cela ne pourra venir que de nous-mêmes. Et là, tout reste à faire !

C’est certainement, au milieu de l’océan de doutes sur lequel nous clapotons, le plus beau message d’espoir qui puisse être donné à une humanité en quête d’elle-même…

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Jean-Michel Grandsire

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